Sports - Le sport-santé veut conquérir les entreprises et administrations

Il est un couple qui fait de plus en plus parler de lui : celui composé du sport et de la santé. Après l'annonce, le 10 octobre (voir notre article ci-contre), d'un plan du gouvernement visant à faire de la pratique des activités physiques et sportives un outil essentiel de la stratégie nationale de santé publique, le Centre d'analyse stratégique (CAS), dans une note d'analyse du 30 octobre, se demande comment mettre le sport au service de la santé des salariés.
Partant du constat que, d'une part, "l'activité physique ou sportive, régulière et modérée est reconnue par les autorités médicales comme un facteur d'amélioration de la santé", et que, dans un contexte d'allongement des carrières, une pratique sportive régulière dans le cadre professionnel diminue l'absentéisme, augmente la capacité de travail et le bien-être, mais que, d'autre part, "parmi les freins à son développement figurent un défaut de sensibilisation et le manque de temps pour de nombreux individus", la note tente de mieux évaluer dans quelle mesure le lieu de travail peut contribuer à l'essor de l'activité physique et sportive pour tous. Et notamment à l'objectif énoncé par les pouvoirs publics en la matière de 30 minutes d'exercice physique par jour, quand seuls 13% des Français pratiquent aujourd'hui un sport sur leur lieu de travail.

Les équipements des collectivités mis à disposition

Après avoir précisé que "toute action en matière d'incitation à la pratique sportive dans le cadre professionnel devra tenir compte des limites du rôle de l'employeur" et qu'il "importe d'éviter les inégalités entre les salariés des petites et des grandes organisations", le CAS décline trois propositions.
La première vise à créer une "charte sport pour tous", sur le modèle de la "charte de la diversité". En la signant, entreprises et administrations s'engageraient à faire un diagnostic des besoins et des aspirations de tous leurs salariés (notamment les femmes et les seniors) ; à diversifier, en partenariat avec les acteurs du sport corporatif, les activités sportives pour qu'elles soient adaptées à tous ; à mettre en place des partenariats avec les collectivités locales pour la mise à disposition d'équipements ; à faciliter la pratique grâce à l'aménagement des horaires de travail.
La deuxième proposition vise à intégrer aux formations en ressources humaines des modules sur l'amélioration de la santé des salariés par l'activité physique. Les seniors sont en particulier ciblés par cette mesure. Plusieurs travaux ayant démontré les effets positifs des politiques de santé et de bien-être sur la capacité de travail et l'absentéisme pour raisons médicales des salariés seniors.
Enfin, la troisième proposition vise à intégrer la prise en compte de l'activité physique des salariés seniors sur le lieu de travail sous la forme de programmes sportifs incitatifs, mais non obligatoires, qui pourraient s'appuyer sur un engagement réciproque entre les employeurs et les assureurs publics (CNAMTS, Cnav) et privés (assurances complémentaires). Un accompagnement financier pourrait être proposé aux PME et aux TPE, précise le CAS.

Jean Damien Lesay

Strasbourg lance le sport sur ordonnance
Depuis le 5 novembre 2012, les Strasbourgeois souffrant de surpoids, de diabète ou de problèmes cardiaques peuvent, sur présentation d'une ordonnance médicale, pratiquer gratuitement l'aviron ou l'athlétisme, ou encore se faire prêter un vélo. Cette expérimentation, baptisée "Sport santé sur ordonnance" et dont le coût est estimé à près de 130.000 euros, financés par la commune, est prévue pour une durée d'un an et associe cinquante médecins généralistes volontaires.
Les bénéficiaires pourront accéder gratuitement à des équipements sportifs municipaux ou associatifs et choisiront l'activité physique la mieux adaptée à leurs besoins, après discussion avec un éducateur sportif détaché par la mairie et chargé de les orienter et de leur remettre le coupon sport-santé.
Pour le maire de Strasbourg, Roland Ries, il ne s'agit "pas de créer une dépense supplémentaire pour la sécurité sociale, [car] l'ensemble de ces activités est prise en charge par la collectivité". Le projet strasbourgeois est mené dans le cadre du contrat local de santé, qui rassemble la ville, l'agence régionale de santé d'Alsace, le régime local d'assurance maladie, la préfecture et l'Education nationale.J. D. L.

 

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