Sécurité - Claude Guéant veut encourager les "voisins vigilants"


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Dans une circulaire du 22 juin, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, demande aux patrons de la police et de la gendarmerie d'encourager le dispositif de "participation citoyenne" à la sécurité. Déjà expérimentée dans 29 départements, "cette démarche consiste à faire participer les acteurs locaux de la sécurité et la population concernées, avec l'appui et sous le contrôle de l'Etat, à la sécurité de leur propre environnement", précise le ministre. Une pratique qui s'inspire directement du "neighbourhood watch" des pays anglosaxons et mis en place également en Italie depuis deux ans. En France, elle a été instaurée depuis 2007 dans les Alpes-Maritimes avant d'essaimer ailleurs, notamment dans le Loir-et-Cher, la Drôme, le Nord, ou l'Alsace où elle semble avoir obtenu de bons résultats.  Si l'on en croit la circulaire, certaines communes de la Drôme ont enregistré "une baisse de la délinquance de 20 à 40% des cambriolages constatés".
L'objectif : mobiliser des habitants volontaires chargés de détecter tout signe suspect à l'échelle d'un quartier, d'une résidence, d'un village. La circulaire leur assigne trois missions : rassurer la population, améliorer la réactivité des forces de sécurité, renforcer la prévention de proximité. Mais pour trouver ces "voisins vigilants", "il conviendra de rechercher l'adhésion de la population par des actions de sensibilisation", indique la circulaire. Un travail qui passera également par "l'adhésion des élus", pierre angulaire du dispositif qui fait l'objet d'un protocole entre police, justice et mairie. La circulaire insiste sur les garanties à apporter afin d'éviter toute dérive vers la constitution de milices privées. "Ces voisins vigilants ne sauraient se prévaloir de prérogatives administratives ou judiciaires", souligne le ministre. "Il ne peuvent en aucun cas mettre sur pied un dispositif de contrôle du secteur par ses habitants." Toutefois, certains pourraient se voir attribué le statut juridique de collaborateur occasionnel du service public prévu par la Loppsi du 15 mars 2011. "Des travaux juridiques sont en cours pour renforcer le dispositif", indique encore le ministre. Une proposition de loi du député Patrice Calméjane (UMP, Seine-Saint-Denis) a récemment été déposée en ce sens.


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