Tourisme - Les stations de montagne présentent leur plan pour "une politique touristique ambitieuse"

Publié le 19/04/2017

L'Association nationale des maires des stations de montagne appelle au "lancement d'un plan Montagne à travers huit mesures phares pour renforcer l'attractivité des stations et des territoires".

Comme nombre d'organisations représentant les collectivités territoriales, l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM) a profité de la période électorale pour faire valoir ses demandes. Mais, plutôt que d'attendre les éventuelles promesses des candidats, l'association a choisi de prendre les devants en appelant au "lancement d'un plan Montagne à travers huit mesures phares pour renforcer l'attractivité des stations et des territoires". Pour Charles-Ange Ginesy, le président de l'ANMSM et maire de Péone (Alpes-Maritimes), "il est urgent de construire une politique touristique ambitieuse pour permettre à nos stations de montagne de renforcer leur attractivité et ainsi continuer à participer au rayonnement de notre pays à travers le monde et à contribuer, avec les 120.000 emplois et 9 milliards d'euros de chiffres d'affaires qu'elles génèrent, à notre économie nationale".

Davantage d'autonomie en matière d'urbanisme et de finances

Certaines des huit propositions sont un peu attendues ou transposables à n'importe quelle thématique - comme celles consistant à faire du tourisme "une priorité nationale" ou à développer des "smart stations" - ou dépassent le seul cadre des stations de montagne, à l'image de la revendication d'un renforcement des services publics locaux (éducation, santé...).
D'autres sont en revanche davantage liées à la spécificité des territoires de montagne. Ainsi, l'ANMSM estime que "les contraintes applicables dans les stations de montagne en matière d'urbanisme sont importantes et souvent incompatibles avec l'agilité et la souplesse requises par les territoires pour s'adapter aux évolutions de leurs besoins". Elle demande donc notamment le rétablissement des coefficients d'occupation des sols (COS) et un encouragement à la rénovation des hébergements.
En matière de finances - et afin de préserver les capacités d'investissement des collectivités -, l'ANMSM demande une meilleure prise en compte de la population touristique et des charges induites dans les mécanismes de la DGF et du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (Fpic).

Les stations des quatre saisons

Sur la question de la saisonnalité, qui est au cœur de la spécificité des stations de montagne, l'ANMSM propose à la fois de conforter la saison d'hiver et d'innover pour développer "un tourisme durable quatre saisons". Au titre de la première, les préconisations portent en particulier sur la poursuite de l'équipement des stations "afin de réduire l'exposition à l'aléa météorologique" et le maintien d'un calendrier scolaire favorable.
Sur le développement d'un tourisme "quatre saisons", les stations de montagne attendent de l'Etat un soutien et un relais "pour encourager la fréquentation de la montagne par les jeunes, les départs en classes de découvertes, les actions en faveur de la clientèle famille avec la reconnaissance du label Famille Plus sur le site d'Atout France ou l'innovation, avec des subventions dédiées pour démultiplier les actions des stations engagées par exemple dans la dynamique Cimes durables de l'ANMSM".
Enfin - et sans surprise - la dernière des huit propositions porte sur le renforcement de la promotion de la montagne française en France et à l'international. Le budget actuel en la matière, porté essentiellement par France Montagne avec le concours d'Atout France, est en effet jugé "bien trop faible en comparaison de ceux de nos concurrents autrichiens et suisses". L'association plaide donc pour le lancement "d'une grande opération de communication nationale et internationale de promotion de la France et notamment de la destination montagne, tant en période hivernale qu'estivale". 

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