Social - Le taux de pauvreté et les inégalités globales sont restés stables en 2015


Envoyer à un contact

Vos coordonnées

Coordonnées de votre/vos contact(s)

*Champs obligatoires.

© Insee |

L'Insee a publié ce 12 septembre, dans sa série "Insee Première", son étude récurrente sur "Les niveaux de vie". Portant sur l'année 2015, elle laisse une impression contrastée. Au moment où semble s'instaurer un débat public sur les inégalités, elle apporte des informations qui peuvent être utilisées dans des sens différents. Du côté des chiffres bruts, l'étude montre que le revenu médian de la population s'est élevé, en 2015, à 20.300 euros par an (1.692 euros par mois), ce qui correspond à un montant légèrement plus élevé que celui constaté en 2014 (+0,4%). Pour une famille composée d'un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans, ces montants correspondent à un revenu disponible de 42.630 euros par an, soit 3.553 euros par mois.

Une faible progression du niveau de vie des plus modestes

Cette très légère amélioration recouvre toutefois des évolutions divergentes. Ainsi, le niveau de vie des 10% de personnes les plus aisées (9e décile) est reparti à la hausse en 2015 après avoir - il est vrai - "diminué fortement" entre 2012 et 2014, tandis qu'il se stabilisait dans le reste de la population. Le niveau de vie des plus aisés reste toutefois inférieur de 3% à son pic de 2011.
De façon plus générale, les niveaux de vie supérieurs à la médiane sont à la hausse en 2015, après avoir baissé l'année précédente, et cette progression est d'autant plus prononcée que le revenu s'élève. L'Insee explique ce retour de la hausse "par le dynamisme des salaires et des pensions dans le haut de la distribution en 2015".
A l'inverse, les niveaux de vie stagnent en 2015 dans le bas de la distribution, exception faite du premier décile (les revenus les plus faibles), qui connaît une légère augmentation de 0,3%, compensant le léger repli de l'année précédente. Cette légère hausse est toutefois due à des hausses de prestations sociales (prestations familiales, allocations logement et minima sociaux) et non pas à des augmentations salariales.

Stabilité pour l'indice de Gini

Autre enseignement de l'étude de l'Insee : comme en 2014, les indicateurs d'inégalité restent quasiment stables. L'indice de Gini progresse très légèrement, passant de 0,289 en 2014 à 0,292 en 2015 (0 correspondant à une égalité parfaite et 1 à une inégalité totale où tous les salaires sauf un seraient nuls). Cet indice reste toutefois inférieur aux niveaux atteints dans les années 2010 à 2012, où il se situait au-dessus de 0,300. L'Insee considère par ailleurs que "la hausse de l'indice de Gini en 2015 n'est pas significative d'un point de vue statistique".
En cohérence avec l'indice de Gini, le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20% de personnes les plus modestes reste stable à 4,4. De même, le rapport entre le 9e décile (niveau de vie plancher des 10% les plus aisés) et le premier décile (plafond des 10% les plus modestes) se maintient à 3,5.

8,9 millions personnes sous le seuil de pauvreté monétaire à 60%

Pour sa part, le taux de pauvreté monétaire à 60% du revenu médian reste stable à 14,2%. En 2015, 8,9 millions de personnes vivent ainsi en dessous du seuil de pauvreté monétaire, soit 1.015 euros par mois. Le taux de pauvreté enregistre en réalité une légère progression - il était de 14,0% en 2014 -, mais l'Insee précise que "l'écart n'étant pas significatif d'un point de vue statistique, on ne peut néanmoins pas conclure à une hausse du taux de pauvreté".
Côté positif, on observe une "hausse contenue" du niveau de vie médian des personnes pauvres : +1,0% au seuil de 60% et +2,2% au seuil de 50%. Ce niveau de vie médian des personnes pauvres est en progression depuis 2012. Un autre fait notable de l'année 2015 mis en évidence par l'Insee réside dans la diminution de l'intensité de la pauvreté (indicateur permettant de mesurer à quel point le niveau de vie de la population pauvre est éloigné du seuil de pauvreté, autrement dit l'écart relatif entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté). En 2015, l'intensité de la pauvreté baisse ainsi de 0,5 point au seuil de 60% et de 1,4 point au seuil de 60%. Pour l'Insee, "c'est, en partie, la conséquence, des mesures sociales ciblées sur les personnes pauvres".

Des gains de niveau de vie pour les actifs occupés et les retraités

Enfin, en termes de catégories professionnelles, l'étude montre que le niveau de vie médian s'améliore pour les actifs occupés (+0,9%) - plus vite pour les indépendants (+1,5%) que pour les salariés (+0,8%) - et se dégrade pour les chômeurs (-1,2%). Cette détérioration s'explique par une augmentation du nombre de chômeurs auparavant ouvriers ou n'ayant jamais travaillé, alors que celui des chômeurs anciens cadres ou professions intermédiaires diminue. Cette double évolution se traduit mécaniquement par une baisse notable des montants d'allocations chômage perçues (-2,5%).
Pour leur part, les retraités voient leur niveau de vie médian augmenter de 1,0% en 2015, sous l'effet d'une hausse des montants moyens des pensions versées.


Pour aller plus loin

Lire aussi