Harcèlement sexiste dans les transports collectifs routiers : 90% des femmes le subissent, selon la Fnaut


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© G. Rolle/ REA |

Une très large majorité de femmes empruntant régulièrement les transports collectifs routiers (autobus, autocars, taxis, VTC, covoiturage) affirment être confrontées à des situations de harcèlement sexiste, selon les résultats d'une enquête de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) présentés ce 8 septembre.

La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a présenté ce 8 septembre les résultats d’une enquête en ligne qu’elle avait lancée au printemps dernier auprès des femmes sur le harcèlement sexiste dans les transports routiers de personnes (taxis, VTC, autobus, autocar, covoiturage), les espaces d'intermodalité (cheminements d’accès aux différents modes de transports et cheminements de correspondance) ainsi que sur l’efficacité des dispositifs de prévention et d’alerte (alarme, présence humaine, signalement dans les applications associées aux services, formation des agents, marches exploratoires etc.). Cette nouvelle enquête vient compléter une étude que la Fédération avait réalisée en 2016 montrant que 87% des usagères des transports publics auraient déjà été victimes de harcèlement, allant de propos déplacés ou injurieux à des agressions sexuelles.
93% des quelque 3.000 répondantes empruntant les transports collectifs routiers affirment avoir déjà vécu des situations de harcèlement dans les transports eux-mêmes : 41% d’entre elles y ont été souvent confrontées alors que 52% l’ont été ponctuellement. 90% affirment avoir déjà vécu de telles situations dans les lieux d’intermodalité : 48% d’entre elles y ont été souvent confrontées alors que 42% l’ont été ponctuellement. Les halls de gare, les quais et les zones aux alentours des gares sont désignés comme les lieux où surviennent le plus souvent ces incidents.

Besoin de présence d'agents des transports

Parmi les solutions envisageables pour lutter contre le harcèlement dans ces lieux, les répondantes citent en priorité la présence et la formation des agents d’exploitation des transports ainsi que la sensibilisation des usagers. Les marches exploratoires sont peu connues mais sont perçues comme utiles pour repérer les difficultés et proposer des améliorations en matière de sûreté dans les lieux exposés. 46% des répondantes affirment en outre qu’elles n’ont remarqué ni la présence des dispositifs d’alerte ni celle des agents de l’exploitant. Pour les personnes ayant eu recours à ces dispositifs d’alerte, la demande d’aide auprès des agents (57% des cas) est toujours privilégiée par rapport aux dispositifs physiques ou numériques. L’arrêt à la demande, encore peu usité, apparaît aussi utile pour une majorité de répondantes.

Des aménagements à revoir

Pour Christiane Dupart, vice-présidente de la Fnaut, qui a co-piloté l’enquête, ces résultats montrent l’urgence d’agir. "Alors que les femmes représentent les deux tiers des usagers des transports, l’espace public n’est pas pour elles un espace de tranquillité", souligne-t-elle. La Fnaut encourage donc ses associations locales à travailler avec les autorités organisatrices et les entreprises de transport pour mieux prendre en compte la situation des femmes dans l’offre de transport, avec notamment des renforcements de desserte en soirée et le week-end pour éviter de trop longues attentes dans des gares désertes ou des stations mal éclairées et la mise en place d’arrêts à la demande comme cela est déjà expérimenté dans certains réseaux. Elle juge aussi utile de développer les marches exploratoires qui peuvent permettre aux usagères de faire des préconisations en matière d’aménagement urbain pour qu’elles se réapproprient l’espace public. Mais la Fnaut attend aussi une meilleure prise en compte du harcèlement sexiste par les professionnels des transports. "Nous réclamons une formation spécifique des agents et des médiateurs car le sujet est encore trop souvent ignoré", estime Christiane Dupart.
 

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