Prévention - Sécurité : le FFSU demande un "renforcement de la proximité"


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Le Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU) publie un rapport présentant ses options en matière de sécurité locale. Il plaide notamment pour une renforcement de la proximité, au moment même où le gouvernement envisage la mise en place de sa police du quotidien...

"L’équilibre entre les moyens dédiés à la menace terroriste et aux problématiques de sécurité quotidienne" est "une condition pour sécurité durable et la résilience de notre société", juge le Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU), dans un rapport intitulé "Quel futur pour les politiques de sécurité locale ?", publié le 6 septembre.
Au moment où le ministre de l’Intérieur lance ses concertations en vue d’expérimenter une nouvelle police de sécurité du quotidien, ces préconisations ne pouvaient pas mieux tomber. On se souvient qu'au mois de juin, le forum avait demandé une "consultation nationale" sur la sécurité (voir notre article ci-dessous). Il souhaite à travers ce rapport "contribuer au débat". A l’instar du gouvernement, le forum plaide pour un "renforcement de la proximité". Il demande ainsi d’"affirmer que la police est un acteur de la prévention", d’"établir une doctrine d’emploi basée sur la proximité" et d’adapter la formation en conséquence.
Cette proximité passe aussi par une augmentation des effectifs - "de manière à maintenir le ratio forces de sécurité-population en fonction de l’évolution démographique" -, et par de nouveaux outils destinés à rapprocher la police de la population.

Redéfinir le rôle des polices municipales

Le rapport souligne aussi la nécessité de "redéfinir le rôle des polices municipales". Ce qui implique une clarification "de leur doctrine d’emploi en préalable à l’évolution technique de leurs moyens (armement, équipement, partage des ondes avec la Police nationale, et de leurs formations…)" et de veiller à ce que les conventions de coordination avec la Police nationale "respectent les prérogatives de chacun".
Les élus du forum veulent aussi "rapprocher la justice des territoires et de la population", en rouvrant le financement de postes de correspondants justice-population, en associant les collectivités à la prévention de la récidive…
Plus généralement, le FFSU veut "réinvestir la prévention" (par rapport à la répression), faire en sorte que la prochaine stratégie nationale de prévention de la délinquance repose sur un "diagnostic précis". Il souhaite aussi que soit réaffirmée la transversalité de la mission du CIPDR (comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation) et demande une sanctuarisation des crédits de la prévention spécialisée.

Renforcer les pouvoirs du maire

Le rapport comprend tout un chapitre sur une vieille revendication : la coproduction de sécurité entre l’Etat et les villes. Il propose de modifier le code de procédure pénale afin de renforcer le pouvoir du maire resté inchangé depuis la loi du 5 mars 2007 (à noter que le gouvernement envisage justement une modification du code de procédure pénale dans le cadre de sa réforme de la police du quotidien) et d’engager une réflexion sur les coopérations entre les différents niveaux de collectivités consécutivement aux récentes réformes territoriales (lois Maptam et Notr).
Mettre en œuvre ces réformes implique aussi une "politique de sécurité informée", juge le forum, qui recommande ainsi de développer localement des enquêtes de victimation et de soutenir les collectivités territoriales "en termes d’ingénierie et de financement". Ce qui pourrait se traduire par la création d’observatoires locaux et la réalisation de diagnostics de sécurité, "en lien étroit avec les préfectures". 

De nouveaux défis

Le FFSU appelle par ailleurs à "répondre à des défis nouveaux ou encore peu inscrits à l’agenda politique" : lutte contre les violences faites aux femmes (il demande d’en faire "la grande cause nationale en matière de sécurité"), lutte contre les violences discriminatoires, sécurité des seniors, développement d’une politique publique de la nuit. Il demande de "réinterroger" les politiques de lutte contre la drogue en étudiant l’impact des différentes options (notamment la dépénalisation) et de poursuivre l'expérimentation des salles de consommation.
Enfin, le rapport s’intéresse à la sécurité numérique et à la "prévention de la radicalisation menant à l’extrémisme violent". Il préconise notamment d’unifier les procédures d’échange d’information entre l’Etat et les collectivités.

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