Gens du voyage - La Commission européenne appelle à "redoubler d'efforts" pour l'inclusion des Roms


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Camp de roms dans le 18eme arrondissement- Août 2015
© D. Allard / REA | Camp de roms dans le 18eme arrondissement- Août 2015

La Commission européenne publie les résultats d'une évaluation "portant sur la manière dont les Etats membres mettent en œuvre leurs stratégies nationales d'intégration des Roms". Il s'agit en l'occurrence d'examiner, à mi-parcours, les résultats du cadre de l'Union européenne en faveur des Roms et du document de travail des services. Les résultats d'ensemble apparaissent mitigés, avec des progrès incontestables depuis 2011 - sauf dans quelques pays - mais qui sont toutefois encore très loin de déboucher sur une réelle égalité de traitement.

Une plus forte participation à l'enseignement, mais un échec sur l'emploi

La Commission constate néanmoins que "le tableau d'ensemble s'améliore peu à peu", avec en particulier une plus forte participation des Roms à l'enseignement préscolaire et une réduction du taux de jeunes en décrochage scolaire. En revanche, 80% des Roms restent exposés au risque de pauvreté, "même si ce pourcentage a diminué par rapport à 2011".
En matière d'éducation par exemple, 53% des enfants roms bénéficient en 2016 de services d'enseignement et d'accueil préscolaire contre 47% en 2011 (progression qui semble au demeurant assez modeste). Pour leur part, les cas de décrochage scolaire reculent (68% contre 87%). En revanche, la ségrégation dans l'enseignement demeure importante dans certains pays : plus de 60% des enfants roms sont séparés des autres enfants en Slovaquie, en Hongrie et en Bulgarie.
D'autres résultats se dégradent, comme la proportion de jeunes roms ne travaillant pas et ne suivant ni études, ni formation (Neet : Not in Education, Employment or Training). Elle est en effet passée de 56% à 63% sur la période, avec en particulier une nette progression en Espagne, en Slovaquie, en Roumanie, en République tchèque et en Hongrie.

Des points noirs sur la santé et le logement

La Commission estime aussi que "le manque de couverture médicale de base en matière d'assurance reste préoccupant dans plusieurs Etats membres", en particulier en Bulgarie et en Roumanie, où la moitié des Roms n'ont pas accès à une couverture santé.
Enfin, en matière de logement, le rapport relève une amélioration de l'accès aux services de base (eau courante et électricité), en particulier en Bulgarie, en Roumanie, en Slovaquie et en République tchèque. Mais les Roms sont confrontés de plus en plus souvent à des discriminations dans l'accès au logement, notamment social, au Portugal, en République tchèque et en Espagne.
Bien que le rapport ne procède pas à une évaluation par pays - se contentant d'évoquer les situations d'amélioration et de dégradation -, la France, qui n'est pas citée dans le document, semble se situer dans une position moyenne.

Priorité à la lutte contre les discriminations

Face à ces résultats mitigés, Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission, estime que "l'UE repose sur les valeurs de la tolérance et de l'égalité. Le fait que ces valeurs ne soient pas encore appliquées à l'ensemble des citoyens européens est inacceptable". La Commission appelle donc les Etats membres "à redoubler d'efforts aux niveaux européen, national et local, et à mieux coordonner lesdits efforts. Cela passe, par exemple, par la création de plateformes roms nationales regroupant l'ensemble des parties prenantes en vue de rationaliser les travaux avec les communautés roms. Les Etats membres doivent donner la priorité à la lutte contre la discrimination et la haine anti-Tsiganes et mettre l'accent sur l'intégration des jeunes, des femmes et des enfants roms".
La Commission annonce également qu'elle se basera sur cette évaluation pour définir la stratégie d'intégration des Roms pour l'après 2020, "que les Etats européens membres de l'UE appellent de leurs vœux". En attendant, elle ouvre, jusqu'au 25 octobre 2017, une consultation publique pour permettre à tous les citoyens, organisations, institutions et autres parties prenantes de donner leur avis.

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