Prévention de la radicalisation : un comité interministériel se réunira à l'automne


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le centre de déradicalisation de Pontourny (Indre-et-Loire)
© AFP | le centre de déradicalisation de Pontourny (Indre-et-Loire)

Le gouvernement, qui a décidé la fermeture du centre de déradicalisation de Pontourny, étudiera de nouvelles solutions cet automne, à l'occasion d'un comité ministériel.

Le Premier ministre Edouard Philippe réunira à l'automne un comité interministériel de prévention de la délinquance, a annoncé le ministère de l'Intérieur, vendredi 28 juillet, dans un communiqué. Il sera l'occasion d'examiner de nouvelles solutions de prise en charge, après l'échec du centre de prévention, d'insertion et de citoyenneté de Pontourny, à Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire).
La secrétaire générale du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), Muriel Domenach, a été chargée de faire des propositions, en lien notamment avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice, précise le ministère. 

Le volontariat a montré ses limites

Le gouvernement a dans le même temps décidé de "mettre un terme" à l'expérimentation de Pontourny. Inauguré en septembre 2016, ce centre avait pour objectif de "préparer, proposer et dispenser une offre et un programme pédagogique utiles à la réinsertion de jeunes radicalisés en voie de marginalisation", rappelle le communiqué. Conçu pour accueillir 25 pensionnaires, sur la base du volontariat, il n'en a reçu finalement que 9, sachant qu'aucun d'entre eux n'est allé au bout de son programme. Et il est vide depuis le mois de février. Un échec cuisant pour le gouvernement Valls qui voulait instaurer un centre de ce type dans chaque région. Reconnaissant ses faiblesses, l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux avait accepté un "moratoire" en février mais avait assuré qu'il reprendrait après des améliorations. Ce n'est donc pas le choix du nouveau locataire de la place Beauvau Gérard Collomb pour qui "l'expérimentation d'un centre d'accueil ouvert, fonctionnant sur la base du volontariat a montré ses limites". Sans parler du coût du dispositif : employant quelque 27 personnes, son budget annuel avoisinait les 2,5 millions d'euros.
Gérard Collomb suit ainsi une recommandation des sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troendlé (LR) qui, dans un rapport du 12 juillet très critique à l'égard de la politique de déradicalisation, avaient demandé la fermeture du centre ; elles remettaient en cause notamment le principe du volontariat.

Centre pour jeunes migrants isolés

Après cette fermeture, le préfet d'Indre-et-Loire a été chargé d'entamer "sans délai" les concertations locales pour envisager la reconversion du site, avec une attention particulière pour les salariés du site qui dépendent de la ville de Paris. A l'avenir, il pourrait être transformé en centre pour jeunes migrants isolés.
La fermeture de Pontourny ne signifie pas pour autant la fin des politiques de prises en charge des personnes radicalisées, insiste le ministère qui entend étudier la possibilité d'ouvrir "des structures de petites tailles pour accueillir des individus sous main de justice et y développer des solutions alternatives à l'incarcération".
Interrogée par l'AFP, la secrétaire générale du CIPDR a indiqué que cette fermeture ne devait pas occulter la progression du dispositif de prise charge sous d'autres modalités. "2.600 jeunes et 800 familles sont actuellement pris en charge via le dispositif de prévention présent sur tout le territoire, par des éducateurs de rue, les maisons des adolescents, des psychologues", précise-t-elle.

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