Un rapport préconise de moderniser la ligne ferroviaire Poitiers-Limoges


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 La gare de Limoges
© P. Allard / REA | La gare de Limoges

Michel Delebarre a remis ce 27 juillet à la ministre des Transports, Elisabeth Borne, son rapport relatif au désenclavement du Limousin et des territoires limitrophes. Le sénateur PS du Nord et ancien ministre avait été chargé de cette mission par le précédent gouvernement, suite à l’annulation par le Conseil d’Etat, le 15 avril 2016, du décret déclarant d’utilité publique le projet de barreau à grande vitesse Poitiers-Limoges. Ce projet de LGV, dont le coût était estimé à 1,65 milliard d’euros, comportait entre le nord de Limoges et le sud de Poitiers 112 kilomètres de voie nouvelle et devait relier Limoges à Poitiers en 35 minutes contre 1h45 aujourd'hui.

Priorité à l'amélioration de l'existant

Après l'abandon de ce projet, Michel Delebarre préconise la modernisation de la ligne ferroviaire actuelle Poitiers-Limoges, et, à plus court terme, l’amélioration des liaisons aériennes et terrestres, pour réduire le temps de trajet entre Paris et Limoges. "Mes analyses m'ont amené à considérer qu'il fallait améliorer la qualité de la relation entre Limoges et Poitiers et la vitesse sur cet axe", et d'y faire circuler à grande vitesse des TGV et des TER, souligne Michel Delebarre. Selon lui, la liaison avec la nouvelle LGV Paris-Bordeaux, qui passe par Poitiers, doit être utilisée pour réduire le temps de parcours entre Paris et Limoges.
Le parlementaire préconise également des "améliorations soutenues" sur la ligne historique Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Polt), afin de "gagner en confort, en efficacité des correspondances pour irriguer le territoire, et en connectivité effective permettant d'éviter le temps perdu en travaillant dans les nouveaux trains qui arriveront bientôt". Des alternatives "à plus court terme" peuvent être développées, pour améliorer la liaison aérienne et terrestre entre Limoges et Paris avant la réalisation de ces modernisations ferroviaires. Il recommande ainsi de maintenir l'obligation de service public sur la liaison aérienne Brive-Orly, et de développer des liaisons Limoges-Roissy afin de "répondre aux attentes du monde socioéconomique pour faciliter les échanges des entreprises régionales avec leurs clients". Il juge également nécessaire d'accélérer l'aménagement de la RN 147 entre Limoges et Poitiers, mais aussi de remettre en service le TGV Brive-Lille, "récemment abandonné par défaut de financement de son déficit".
"Au-delà des décisions à prendre sur le long terme pour raccourcir les temps de transport entre Paris et Limoges, c'est le bouquet de ces mesures de court terme qui me semble être la condition pour redonner confiance aux acteurs de l'ancienne région Limousin en l'accessibilité de leur territoire, affirme Michel Delebarre. Ces actions exigent la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la grande région Nouvelle-Aquitaine dans laquelle s’insère ce territoire."

Réunion avec les élus à la rentrée

Dans un communiqué, Elisabeth Borne a salué "la grande qualité" de la mission conduite par Michel Delebarre, "dont les travaux s’inscrivent pleinement dans la démarche annoncée par le gouvernement d’apporter une réponse adaptée aux besoins de mobilité des Français en favorisant notamment la modernisation des réseaux existants". "L’ensemble de ces préconisations va désormais faire l’objet d’un examen approfondi par le gouvernement et les services de l’Etat, en lien étroit avec les élus du territoire", a assuré la ministre. Elle recevra ces derniers à la rentrée pour "évoquer avec eux les pistes présentées dans ce rapport", dans l'optique notamment des Assises de la mobilité, qui seront lancées en septembre et qui doivent préparer une loi d'orientation sur les mobilités devant être débattue au Parlement en 2018.

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