4G - Les opérateurs déploient vite, l'Arcep et le gouvernement visent encore plus haut


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L'Arcep a publié, mercredi 26 juillet, la dernière mouture de son observatoire de la couverture mobile en zones peu denses. En zones peu denses, un périmètre qui comprend 18% de la population nationale, les opérateurs continuent de déployer massivement le 4G. SFR reste en tête, et Orange affiche une belle progression. Pour autant, l'Arcep et le gouvernement se sont tous deux annoncés disposés, mercredi 26 juillet, à changer les règles du jeu pour encore accélérer la couverture.

Le programme zones blanches bouclé, en attendant les pylônes

La Fédération française des télécoms l'avait fièrement annoncé, après avoir effectué un décompte mois par mois durant ce premier semestre : l'ensemble des centres-bourgs compris dans le programme des zones blanches, hors communes répertoriées lors de vagues de mesures ultérieures en 2016 et 2017, ont pu être couverts pour les usages voix, SMS, et internet mobile en 3G. Les communes restant à couvrir attendent le déploiement d'un pylône par les collectivités : processus parfois lent et difficile.

La 4G se déploie rapidement

Sur le front de la 4G, les opérateurs continuent d'étendre rapidement leur déploiement. D'avril à juin 2017, Orange a amélioré sa couverture de la population de la zone peu dense de 12 points, de 57 à 69%. SFR reste en tête, et couvre 74% de la population de la zone, contre 66% en avril dernier. SFR fait de la rapidité de son déploiement 4G un argument majeur pour justifier sa capacité à déployer la fibre sur tout le territoire, au nez et à la barbe des réseaux d'initiative publique.

L'Etat et l'Arcep en veulent plus

Mercredi 26 juillet, Sébastien Soriano, président de l'Arcep, et Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, se sont tous deux exprimés sur la nouvelle ambition de couvrir l'ensemble de la population en 4G d'ici 2020, l'un à Reuters et l'autre aux Échos. Le secrétaire d'Etat a rappelé "discuter" avec les opérateurs et "concerter" avec les collectivités pour, tout comme sur l'internet fixe, accélérer les déploiements. Au programme, une révision du coût des licences, et un assouplissement des contraintes administratives relatives aux équipements d'émission radioélectrique. Sébastien Soriano détaille lui une proposition de méthode, en envisageant d'avancer les dates de renouvellement des licences des bandes 90MHz, 1,8GHz et 2,1GHz, censées arriver à échéance en 2021. En les renouvelant maintenant, à des conditions insistant plus sur les obligations de couverture, substantiellement renforcées, que sur le versement d'une redevance, il y aurait moyen d'actionner un levier important d'aménagement du territoire.

Toutes les couvertures 4G ne se valent pas

En effet, pour l'heure, les zones de couverture 4G des opérateurs varient fortement en qualité et en étendue. Par exemple, exception faite d'Orange, l'Aveyron reste une terre quasi vierge pour la 4G. Bouygues et SFR couvrent quant à eux la quasi intégralité du nord du Limousin, zone pourtant très rurale. La qualité de la 4G varie selon le mode de raccordement des antennes-relais, parfois connectées par faisceau hertzien et non par fibre optique, avec pour conséquence des débits détériorés, notamment par temps couvert. De plus en plus de collectivités sont attentives à ces enjeux de qualité de service, et pressent l'Arcep à plus de vigilance. La région Pays de la Loire et son syndicat mixte Gigalis, qui depuis quelques mois mènent une chasse collaborative aux zones blanches, publient en partenariat avec leur prestataire QoSi une météo de la 4G sur les stations balnéaires régionales. Orange et Bouygues s'en tirent le mieux, et Free est bon dernier. Alors que le gouvernement voit la 4G comme une alternative crédible à la fibre pour rendre le très haut débit accessible à tous, les mesures estivales de QoSi ne prêtent pas toujours à l'optimisme. A Saint-Jean-de-Monts, les débits 4G oscillent entre 5 et 6Mb/s, sauf pour Orange qui pointe à 15Mb/s. Des performances très lointaines des standards du très haut débit.

La qualité réelle de couverture mobile du territoire devrait être mieux connue à la rentrée, quand l'Arcep publiera des cartes détaillées pour l'ensemble du territoire, sur son nouveau portail monreseaumobile.fr. Une échéance qui tombe à point nommé, au vu des ambitions de l'exécutif pour réhausser les objectifs de déploiement de la 4G.


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