Lutte contre la pollution de l'air : les initiatives se multiplient


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Pollution atmospherique dans la vallee de l'Arve
© L.Cousin-Haytam / REA | Pollution atmospherique dans la vallee de l'Arve

Plusieurs dispositions ont été présentées ces derniers jours en vue de lutter contre la pollution de l’air. Dernière en date : l’annonce par le gouvernement d’une série de mesures à l’automne concernant la vallée de l’Arve, l’un des points noirs de la pollution dans les Alpes.

Le gouvernement présentera cet automne de "nouvelles mesures pour aller plus loin dans la réduction de la pollution [de l’air] à la source" dans la vallée de l'Arve, qui mène au mont Blanc en Haute-Savoie, ont annoncé le 24 juillet Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et Elisabeth Borne, ministre des Transports. Les deux ministres et leur collègue de la Santé Agnès Buzyn, feront état de ces dispositions lors d'un déplacement à venir dans ce territoire victime d'un pic de pollution de cinq semaines consécutives l'hiver passé.

Un premier PPA peu satisfaisant

Cet engagement du gouvernement intervient à l'issue d'une réunion qu'avaient sollicitée les élus locaux et les associations de la vallée, inquiets pour la santé des habitants soumis à une pollution chronique importante. Hasard de calendrier, cette rencontre intervenait aussi deux semaines après la présentation du bilan du premier plan de protection de l'atmosphère (PPA) de la vallée de l'Arve, qui n'a guère donné satisfaction après cinq ans d'existence, notamment dans son impact sur la baisse des polluants (particules fines PM 10, dioxyde d'azote).
"Cela fait 10 ans que je travaille sur ce sujet et c'est la première fois qu'on nous consulte en amont", s'est félicité Eric Fournier, vice-président à l'Environnement de la région Auvergne-Rhône-Alpes et maire (UDI) de Chamonix, interrogé par l'AFP. "Le diagnostic est partagé à 90% et l'objectif est d'organiser cette visite ministérielle où les annonces ne soient pas que de la communication comme lors de la visite de Ségolène Royal (en février)", a abondé Xavier Roseren, député (REM) de Haute-Savoie et ex-maire de Houches, au pied du mont Blanc.
Tous les sujets ont été mis sur la table, "sans tabou" : le transit des camions de marchandises, la nécessité d'un report vers le fret ferroviaire, d'un développement des transports en commun, les industries et le traitement des déchets, les chauffages individuels non performants, etc. Souvent critique, la porte-parole d'Environn ' Mont-Blanc veut croire à "un nouveau départ" : "On ne ressasse pas le passé, on s'attèle au présent", a déclaré à l'AFP Anne Lassman-Trappier, ravie de voir Nicolas Hulot "connaître le dossier", mais qui s'interroge sur la "marge de manoeuvre" que "lui laisseront Bercy, Matignon et l'Elysée". Pour Alain Nahmias, président de l'Association pour le respect du site du mont Blanc (ARSMB), "M. Hulot est persuadé qu'il faut y arriver" et la "motivation est triple : l'envie écologique, la pression de la population qui était proche du soulèvement populaire cet hiver et l'épée de Damoclès des amendes européennes voire de futures condamnations après l'injonction du Conseil d'Etat" le 12 juillet au gouvernement d'agir contre la pollution de l'air.

Vignettes Crit'air dans la métropole lilloise

D’autres annonces ont été faites ces derniers jours pour tenter de remédier aux pics de pollution dans des agglomérations régulièrement confrontées à des épisodes de pollution. La préfecture du Nord a ainsi annoncé le 18 juillet que la métropole européenne de Lille (MEL) allait adopter à son tour la circulation différenciée en cas de pic de pollution, sur la base des certificats Crit'Air. Cette mesure prendra effet dès le prochain épisode de pollution, a déclaré le préfet, Michel Lalande. Déjà obligatoire à Paris et Grenoble, la vignette Crit'Air différencie les véhicules en fonction de leur niveau de pollution, établissant un classement de 0 à 5. L'interdiction de circulation, à l'intérieur d'un périmètre délimité par la MEL concernera les véhicules de classe 4 et 5, seuls les véhicules de la classe 0 à 3 étant autorisés. Dans le Nord, 526.000 véhicules portent déjà la vignette Crit'Air, dont 62% de la classe 0 à 3.
La MEL a par ailleurs annoncé la mise en place d'un ticket de transports en commun "anti-pollution" à 1,60 euro la journée et des parkings relais, "pour favoriser les conducteurs des véhicules concernés par l'interdiction", a complété son président Damien Castelain.

Forfait anti-pollution dans les transports en commun lyonnais

Lyon et sa région vont également adopter le dispositif des vignettes Crit’air dès l'automne. La métropole proposera en outre un billet au tarif unique de 3 euros pour la journée dans les transports en commun en cas de pic de pollution, a annoncé ce 21 juillet le Sytral, syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise. Les élus de son comité syndical ont voté la création de ce titre spécifique à tarif réduit, qui pourra être proposé "afin de faciliter l'usage des transports en commun en cas de pic de pollution, tout en limitant les pertes de recettes", a indiqué le Sytral dans un communiqué. Ce tarif de 3 euros, valable toute la journée, est inférieur à celui du titre 24 heures (5,60 euros) ainsi qu'au coût de deux tickets unité (3,60 euros).
Le syndicat mixte explique son choix par le "coût extrêmement élevé, pour un effet limité" de la gratuité des transports en cas de pic de pollution, testée dans plusieurs agglomérations. A Lyon, le coût d'une journée de gratuité est estimée à 400 millions d'euros, alors que l'augmentation de la fréquentation constatée dans les transports est comprise entre 3 et 4%, ajoute le Sytral. Celui-ci juge en outre la gratuité des transports en commun "inéquitable" vis-à-vis des 450.000 usagers abonnés du réseau des Transports en commun lyonnais (TCL). Après avoir appliqué six jours de gratuité en 2016, qui lui ont coûté 23 millions d’euros pour une hausse du trafic passagers estimée à 5%, le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) a lui aussi opté début 2017 pour la création d’un titre spécifique en cas de pic de pollution. Celui-ci coûte 3,80 euros alors que les forfaits jours habituels varient de 7,30 euros (zones 1 à 2) à 17,30 euros (zones 1 à 5).

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