Rythmes scolaires à la carte - Un tiers des écoles repassent à la semaine scolaire sur 4 jours dès la rentrée 2017


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Fête des NAP le 30 juin 2017, à l'école du Parc d'Uzès (Gard)
© Sandrine Toussaint | Fête des NAP le 30 juin 2017, à l'école du Parc d'Uzès (Gard)

Un communiqué de presse du ministère de l'Education nationale, publié mardi 18 juillet, annonce que 36,8% des communes de France ayant au moins une école publique, soit 31,8% des écoles, ont "choisi" de faire jouer le décret Blanquer du 27 juin 2017 en adoptant dès la rentrée prochaine une semaine scolaire de quatre jours. Le ministère précise que cela correspond à un peu plus d’un quart des élèves de l’école primaire (28,7%). "Ce sont plutôt des communes rurales qui ont choisi de se saisir de cette liberté nouvelle", indique-t-il également, tandis que "les villes, a fortiori les grandes villes, ont globalement choisi de conserver l’organisation de la semaine sur quatre jours et demi" pour cette rentrée scolaire en tous les cas. Quelques communes de plus de 50.000 habitants ont toutefois franchi le pas dès cette année : trois dans l'académie de Créteil (Chelles, Saint-Maur-des-Fossés, Epinay-sur-Seine) ; trois dans l'académie de Lille (Tourcoing, Dunkerque, Calais), deux dans l'académie de Montpellier (Montpellier qui expérimente sur trois groupes scolaires et Perpignan) ; quatre dans l'académie de Versailles (Sarcelles, Colombes, Sartrouville, Versailles). Dans l'académie de Nice, "toutes les grandes villes du Var" sont concernées indique le ministère, et la plupart de celles des Alpes-Maritimes ("Antibes, Cannes, Nice, Toulon, Hyères, etc.").

9% des communes de l'académie de Poitiers, 96% de celle de Corse

Au final, 33% des communes de l'académie de Créteil repassent à 4 jours, 57% dans l'académie de Lille, 53% dans l'académie de Montpellier (dont les Pyrénées-Orientales à 83% et la Lozère à 85%), 40% dans l'académie de Versailles (des départements à plus de 45%, sauf les Hauts-de-Seine à 5%), 84% dans l'académie de Nice.
Pour les autres, le ministère note que "les taux de passage à quatre jours sont très disparates d’une académie à l’autre avec une appétence plus forte dans les départements ruraux". Les quatre jours concernent 54% des communes de l'académie d’Aix-Marseille (44% dans les Bouches-du-Rhône et 78% dans les Hautes-Alpes), 37% de celles de l'académie d’Amiens (18% dans la Somme et 62% dans l’Oise), 25% de celles de l'académie de Besançon, 20 % dans l'académie de Bordeaux, 24% dans l'académie de Caen, 22% dans celle de Clermont-Ferrand, 96% dans celle de Corse (dont Ajaccio), 22% dans celle de Dijon, 35% dans celle de Grenoble, 61% dans celle de Guadeloupe, 25% dans celle de Limoges, 24% dans celle de Lyon, 97% dans celle de Martinique, 30% dans celle de Nancy-Metz, 13% dans celle de Nantes (la Mayenne est à 27% et la Vendée à 26%), 23% dans celle d’Orléans-Tours, 9% dans l'académie de Poitiers (Charente-Maritime à 19%), 33% dans l'académie de Reims, 30% dans celle de Rennes, 40% dans celle de Rouen, 40% également dans celle de Strasbourg et 15% dans celle de Toulouse (Aveyron à 53%).

"Comment faire 13 milliards d'économies ?"

"Comment faire 13 milliards d'économies sans casser de manière durable l'investissement de nos collectivités et sans remettre en cause des services publics essentiels à la population ?", se demandait André Laignel, premier vice-président délégué de l'Association des maires de France au sortir de la Conférence des territoires, lundi 17 juillet. Il faut croire que nombreux parmi ses adhérents ont trouvé une première solution rapide et efficace.
"C'est bien au-delà de ce que l'on avait imaginé. Nous pensions que davantage de collectivités se donneraient au moins une année avant de se décider", confie sa collègue Agnès Le Brun dans une interview à l'agence de presse ToutEduc. Selon la maire de Morlaix, vice-présidente et rapporteuse de la commission Education de l'Association des maires de France, le facteur budgétaire a naturellement joué. Depuis le début de la mise en place de la semaine de 4,5 jours, c'est une question qui coince (voir notre article Rythmes scolaires : 200 euros par enfant pour un résultat pédagogique qui reste à prouver). Elle est amplifiée aujourd'hui par "la certitude grandissante que le fonds de soutien ne serait pas pérennisé". A ce propos, Agnès Le Brun assure que, à l'AMF, "nous allons nous battre jusqu'au bout pour la pérennisation du fonds de soutien pour ceux qui veulent continuer".

La pression des familles et des enseignants

Agnès Le Brun cite également "la pression exercée par les familles et les enseignants, pression d'autant plus forte qu'en milieu rural, les maires sont en première ligne". A entendre le nombre de villes qui se lanceront dans la concertation durant l'année scolaire à venir pour décider à la rentrée 2018 (voir notre article du 20 juin 2017), il y a fort à parier que la semaine de 4 jours ne sera bientôt plus une "dérogation" accordée par l'Education nationale, mais bien la norme.
Ajoutons que la "liberté de choix des communes" sera entravée par la question des transports scolaires, compétence du conseil régional à partir de septembre 2017. Déjà, le président (PS) de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, a fait savoir par courrier aux maires que sa collectivité limitait les possibilités de passage dès cette année à la semaine de 4 jours à deux situations : les cas où elle n'organise pas les transports scolaires et les cas où ce changement de rythmes se fait par "suppression exclusive de la scolarité du mercredi, sans changement des horaires ou itinéraires de transport les autres jours de la semaine". Il explique qu'une "modification massive des conditions de transports des scolaires dans notre Région, décidée aussi tardivement et sans analyse fine des conséquences" pourrait comporter des "risques pour le bon déroulement de la rentrée", d'autant que "700 circuits seraient potentiellement concernés".

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