Déradicalisation : un rapport sénatorial demande la fermeture du centre de Pontourny


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le centre de déradicalisation de Pontourny (Indre-et-Loire)
© AFP | le centre de déradicalisation de Pontourny (Indre-et-Loire)

Un rapport sénatorial rendu public, mercredi12 juillet, juge sévèrement la politique de déradicalisation menée en France, et demande notamment parmi une série de 10 préconisations, la fermeture du centre controversé de Pontourny (Indre-et-Loire).
Les deux rapporteurs de la mission d'information "désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en Europe", la sénatrice écologiste Esther Benbassa et sa collègue Les Républicains (LR) Catherine Troendlé avaient déjà dévoilé en février un bilan d'étape de leur travail, dans lequel elles critiquaient pêle-mêle, la politique de regroupement des détenus radicalisés, le "business" de la déradicalisation ou encore la "gabegie financière" de l'Etat (voir ci-dessous notre article du 23 février 2017).
Les deux sénatrices se veulent "lanceurs d'alerte" mais leurs prises de position avaient elles-mêmes fait l'objet de critiques de la part de responsables en charge de la lutte contre la radicalisation.
Le rapport final se veut plus "complet", a déclaré à l'AFP Mme Benbassa, "face à un phénomène complexe, multifacettes, qui attend des réponses nombreuses et pas seulement répressives".
"La déradicalisation prend beaucoup plus de temps que le temps politique", a relevé la sénatrice.
"Je ne crois pas que l'on puisse déradicaliser les gens mais on peut les réinsérer, les resocialiser", a-t-elle complété.
"Ce qui n'a pas marché devrait servir de leçon", a commenté l'élue.
Les deux sénatrices demandent la fermeture du centre de déradicalisation de Pontourny dont le projet était d'accueillir des jeunes en voie de radicalisation sur la base du volontariat et qui n'accueille plus aucun pensionnaire : il faut "mettre fin à l'expérimentation et renoncer à sa généralisation".
Esther Benbassa et Catherine Troendlé préconisent un "cahier des charges"
national pour la sélection des organismes oeuvrant en matière de prévention de la radicalisation, "systématiser l'évaluation du contenu des programmes financés et réduire progressivement leur nombre de sorte à opter pour la qualité plutôt que la quantité".
Elles souhaitent que la lutte contre la radicalisation puisse mettre l'accent sur "l'individualisation", "l'accompagnement sur mesure" et la "transversalité de la prise en charge" en vue de la réinsertion, en ménageant un "équilibre entre l'intervention sociale et les exigences de sécurité".
Travailler avec la recherche universitaire, mettre en réseau les expériences françaises avec celles d'autres pays, développer les alternatives à l'incarcération pour les mineurs mis en examen, impliquer la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en la dotant de moyens supplémentaires, promouvoir la mise en place de dispositifs de prise en charge familiale pour les femmes et mineurs de retour de la zone irako-syrienne, figurent parmi les autres pistes du rapport.
 

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