Dépendance - Un aidant familial sur deux est sans solution en cas d'indisponibilité


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Publiée le 3 juillet, la huitième vague du "Baromètre santé 360" est entièrement consacrée au thème du grand âge, de la dépendance et de l'accompagnement du vieillissement. Réalisée par l'Institut Odoxa sur un double échantillon - 1.002 personnes représentatives de la population française et 1.390 intervenants (aidants familiaux, médecins, infirmiers, directeurs d'hôpitaux et d'Ehpad) -, cette étude est commanditée notamment par la Fédération hospitalière de France (FHF), la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), Sciences-Po Paris et divers média.

Près des trois quarts des aidants s'estiment mal ou très mal aidés

Parmi les nombreux enseignements de cette enquête (perceptions des Français sur la dépendance et l'accompagnement du vieillissement, rôle attendu des pouvoirs publics, opportunités offertes par les nouvelles technologies...), on retiendra plus particulièrement une nouvelle preuve de la fragilité des aidants familiaux, qui jouent pourtant un rôle décisif dans la prise en charge des personnes dépendantes du fait de l'âge, du handicap ou de la maladie.
L'étude montre en effet que 50% des aidants interrogés déclarent ne disposer d'aucune solution de recours lorsqu'ils sont eux-mêmes indisponibles. Pour les 50% déclarant disposer d'une solution de recours, il s'agit essentiellement d'une solution intrafamiliale (53% des réponses), loin devant une aide sociale à domicile (24%) ou un accueil de répit dans un établissement (21%). Plus largement, 70% des aidants s'estiment très mal ou assez mal aidés dans leur rôle (respectivement 35% et 35%), seul 5% s'estimant très bien aidés.
L'enjeu est de taille, car si on en croit les résultats de l'étude d'Odoxa, 16% des Français interrogés se définissent comme des aidants familiaux. Ceci donnerait un total de près de 8,5 millions d'aidants familiaux, un ordre de grandeur que l'on retrouve au demeurant dans d'autres études : 8 millions selon une enquête de l'Unaf d'octobre 2016, 8,3 millions d'après les chiffres de la Drees... Il reste que la définition d'aidant familial recouvre des situations très diverses, qui ne supposent pas le même degré d'implication et de charge personnelle.

Plus du tiers des aidants sont des actifs

L'étude apporte aussi plusieurs enseignements sur le profil des aidants. Ainsi, la majorité (55%) d'entre eux sont des femmes, un sur deux (49%) est âgé de plus de cinquante ans, 52% des aidants sont inactifs et 35% salariés, 58% ont un niveau de formation inférieur au bac, tandis que près de la moitié des aidants (48%) gagne moins de 2.500 euros par mois. Par ailleurs, seuls 13% des aidants familiaux bénéficient d'une rémunération ou d'un dédommagement au titre de leur activité.
La personne aidée est le plus souvent un parent (54% des cas), une autre personne (28%) ou le conjoint (18%).
Enfin, en termes d'attentes, les aidants interrogés étaient invités à indiquer les outils liés aux nouvelles technologies qui pourraient leur être les plus utiles pour accompagner les personnes âgées dépendantes. Les trois réponses les plus souvent citées sont les alertes automatiques en cas de problème de santé (68%), la télésurveillance médicale (63%) et la domotique permettant d'assister les aidants dans leurs tâches quotidiennes (24%).
Dernier exemple significatif de la méconnaissance des enjeux des aidants familiaux : Odoxa a demandé aux professionnels de santé d'estimer le nombre de ces aidants en France (environ 8,5 millions). La moyenne de leurs réponses montre que si les infirmiers libéraux en ont une idée assez précise quoique un peu exagérée (9,4 millions), les médecins (3,03 millions) et les directeurs d'hôpitaux et d'Ehpad (2,2 millions) sont complètement en dessous de la réalité.


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