Social / Environnement - L'Ile-de-France marquée par une forte corrélation entre inégalités sociales et environnementales


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© Sandrine Gueymard / IAU IDF |

Dans sa dernière "Note rapide", l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) d'Ile-de-France présente une étude sur les relations entre les inégalités sociales et les inégalités environnementales au sein de la région. Si la mise en évidence d'une corrélation entre ces deux éléments ne surprend guère - les "beaux quartiers" se trouvent rarement à proximité d'un site industriel ou d'une emprise SNCF -, l'étude de l'IAU a le mérite d'étayer et d'argumenter cette intuition, qui est d'ailleurs loin de se vérifier de façon systématique.

Des situations contrastées

La conclusion de ce travail est en effet que "les territoires franciliens présentent des situations contrastées en termes de qualité de l'environnement et du cadre de vie. Les composantes environnementales, positives ou négatives, reflètent des déséquilibres territoriaux qui recouvrent parfois des inégalités".
Pour cela, l'étude distingue et recense deux types de composantes. D'une part, les composantes négatives correspondant à cinq critères de nuisances : pollution de l'air, bruit, pollution des sols, pollution de l'eau distribuée et pollutions chroniques diffuses liées à l'activité industrielle. D'autre part, des composantes positives, sous la forme de cinq critères d'"aménités vertes" : offre en végétation, présence d'espaces ouverts, présence de jardins collectifs, offre en espaces verts et boisés ouverts au public (approche par l'accessibilité) et ce même critère sous l'angle du ratio des mètres carrés par habitant. Ces éléments sont ensuite rapprochés de données sociales, s'appuyant essentiellement sur la proportion de ménages à bas revenu dans la population.

Points noirs environnementaux : 2% du territoire et 13% de la population

En termes géographiques, l'étude se concentre sur les "points noirs environnementaux" (PNE) franciliens, entendus comme des zones cumulant au moins trois problèmes environnementaux. Ces PNE représentent moins de 2% du territoire de l'Ile-de-France, mais rassemblent 13% de sa population.
Premier enseignement : lorsqu'ils sont habités, plus de la moitié de ces PNE présentent une surreprésentation des ménages à bas revenus. Et cette surreprésentation croît avec la dégradation de l'environnement : elle est ainsi présente dans 75% des PNE présentant quatre facteurs de dégradation environnementale.
Pour leur part, les cumuls d'aménités vertes - autrement dit les points verts environnementaux (PVE) présentant au moins trois facteurs positifs sur les cinq pris en compte - couvrent 34% du territoire francilien et accueillent 30% de la population. Mais près de 10% des Franciliens habitent dans une zone ne présentant aucun des cinq critères positifs.
Autre enseignement : point noirs et points verts ne sont pas totalement incompatibles. Ainsi, 86% des PNE comptent au moins une aménité verte et 17% des PNE sont même considérés aussi... comme des points verts environnementaux. Pour l'IAU, "cela reflète la grande diversité des situations environnementales et sociales des territoires entre eux, et en leur sein. A l'échelle régionale, la présence d'aménités semble cependant globalement plutôt modérer les situations critiques de multi-exposition, tout au moins leur carence ne vient pas les accentuer".

Une surreprésentation des ménages modestes dans les environnements dégradés

Il reste néanmoins que la part des secteurs surreprésentés en ménages à bas revenus augmente dans les secteurs cumulant PNE et absence d'aménités vertes (64% contre 52% pour les secteurs présentant seulement un PNE). A l'inverse, la part des secteurs surreprésentés en ménage à bas revenus apparaît nettement plus faible (33% contre 52%) dans les PNE comptant au moins trois aménités vertes.
Au final, "la présence/absence d'aménités semble moins fortement discriminante socialement et spatialement que la présence de nuisances et pollutions". L'IAU estime toutefois que "les ménages les plus modestes sont globalement plus représentés dans les environnements multi-exposés et carencés en aménités", mais que "les aménités vertes peuvent venir atténuer des situations d'inégalités liées à la multi-exposition", même si les ménages les plus modestes bénéficient généralement moins de cette atténuation, car ils sont relativement moins représentés dans les territoires bien pourvus en aménités vertes. 


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