Législatives - Une large majorité, pondérée par une forte abstention


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La République en marche et le Modem obtiennent finalement 351 sièges à l'Assemblée. Si la majorité absolue est donc plus que largement atteinte, le score du mouvement présidentiel est resté en deçà des pronostics qui avaient suivi le premier tour. Les Républicains et l'UDI réunissent 131 élus, le Parti socialiste obtient 29 sièges. La France insoumise comptera 17 députés et le Parti communiste 10, tandis que le Front national occupera 8 sièges. L'abstention bat un nouveau record avec près de 57%. Les trois-quarts des députés élus ce 18 juin n'ont jamais siégé à l'Assemblée.

Emmanuel Macron a obtenu ce dimanche 18 juin l'une des plus larges majorités parlementaires de la Ve République lors du second tour des élections législatives, mais moins écrasante qu'attendu et avec une abstention record.
Selon les résultats définitifs - même si les 11 sièges pour les Français de l'étranger ne sont pas encore officiellement attribués -, la République en marche (REM) et son allié du MoDem s'adjugent 351 sièges, très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges, mais nettement sous la barre des 400 que laissaient augurer le premier tour et les sondages. On reste loin du record de 1993 (484 sièges pour l'alliance RPR-UDF-DVD) et en deçà de la majorité de 365 sièges pour la seule UMP en 2002. Le MoDem de François Bayrou obtient 41 de ces sièges et devrait donc former un groupe indépendant.
"Il y a un an, personne n'aurait imaginé un tel renouvellement politique", s'est félicité le Premier ministre Edouard Philippe. Aucune réaction n'est en revanche venue de l'Elysée où Emmanuel Macron avait convié les membres du gouvernement pour la soirée électorale.

L'abstention la plus forte de l'histoire de la Ve République

L'abstention, elle, bat un nouveau record pour des législatives, avec près de 57%. Un record aggravé par rapport au premier tour (51,3%). Et c'est 12 points de plus qu'au second tour de 2012, qui était déjà un record à 44,60%.
Catherine Barbaroux, présidente par intérim du mouvement d'Emmanuel Macron, a tiré la leçon de cette faible mobilisation. "Nous accueillons cette victoire avec beaucoup de lucidité, de responsabilité et d'humilité", a-t-elle reconnu. "La faible participation, qui se traduit aussi par la moindre mobilisation de nos électeurs, témoigne du travail qui nous attend aux côtés de nos élus, du Premier ministre et du gouvernement pour mobiliser, rassembler et réconcilier", a-t-elle ajouté.
Pour le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, ce haut niveau d'abstention "est une mauvaise nouvelle pour la démocratie comme pour la nouvelle majorité présidentielle. Ce soir, Emmanuel Macron est un colosse aux pieds d'argile".
La participation est traditionnellement plus faible aux législatives qu'à la présidentielle. Mais cette année, un désintérêt croissant des électeurs, cumulé à une vague pro-Macron annoncée par les instituts de sondage, auront donné à ce second tour le niveau d'abstention le plus élevé depuis 1958. A l'issue d'une séquence particulièrement longue, qui avait débuté dès fin 2016 avec les primaires de la droite, la démobilisation et le sentiment que les jeux étaient déjà faits ont joué à plein. La forte poussée du mouvement d'Emmanuel Macron dès le premier tour a en outre pu démobiliser encore davantage les électeurs des candidats éliminés dimanche dernier. "A travers l'abstention, les électeurs disent qu'ils sont distants vis-à-vis de l'élection, se disent 'oui, on est favorable aujourd'hui au renouvellement, mais on n'a pas forcément compris le projet de renouvellement d'Emmanuel Macron'", analyse Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris interactive. Les Français, estime-t-il, ont pu en s'abstenant laisser au chef de l'Etat le bénéfice du doute. Pour Yves-Marie Cann, cette abstention "oblige le camp des vainqueurs à faire preuve de beaucoup d'humilité. L'erreur politique majeure serait de trop fortement crier victoire et de considérer que les Français lui ont laissé un chèque en blanc."

Les Républicains : un "sursaut"... pour un ou deux groupes ?

L'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI décroche 131 sièges, dont 113 LR, au-dessus de la fourchette espérée à droite après le premier tour. Son chef de file François Baroin a salué un groupe "suffisamment important pour faire valoir les convictions" de la droite. Il y a trois jours encore, au vu des sondages, les responsables LR tablaient sur une petite cinquantaine d'élus, "même pas de quoi lancer une motion de censure", selon un membre de l'équipe dirigeante. Le soulagement relatif à droite était perceptible : elle n'est "pas cassée", a soufflé Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, appelant "à l'unité" pour former une opposition "vigilante", Gérard Larcher, président du Sénat, se félicitant du "sursaut du 2e tour". Tous deux ont insisté sur le fait que les Républicains et l’UDI formaient "la première force de l’opposition" à l'Assemblée.
Parmi les gagnants LR figurent notamment ceux qui n'avaient pas de candidats En Marche face à eux, les "constructifs" Thierry Solère, Franck Riester ou Pierre-Yves Bournazel, et d'autres qui affrontaient un représentant du parti présidentiel : Christian Jacob, Eric Ciotti, Michèle Tabarot, Guillaume Peltier, Julien Aubert ou encore Isabelle Valentin, dont le suppléant est Laurent Wauquiez.
Le premier défi qui attend les Républicains sera la composition des groupes à l'Assemblée, prévue mardi. Y aura-t-il un ou deux groupes LR ? Les "constructifs", prêts à coopérer - à "collaborer", persiflent leurs détracteurs - avec le pouvoir vont-ils rompre avec les partisans d'une franche opposition ? "Il est encore trop tôt pour dire si nous aurons notre groupe mais nous avons la volonté d'être dans une attitude constructive vis-à-vis du gouvernement, pour la réussite de ce quinquennat qui doit être utile aux Français", a affirmé Franck Riester à l'AFP. Egalement "Macron-compatible", Thierry Solère a redit qu'il voterait la confiance au gouvernement, s'attirant immédiatement les foudres de Valérie Pécresse, présidente LR d'Ile-de-France. "Soit on vote la confiance, et on est dans la majorité, avec En marche, soit on est dans l'opposition et on ne vote pas la confiance". "Les Républicains auront deux groupes, car je ne vois pas comment des élus comme Peltier ou Solère peuvent siéger dans le même groupe", tranche l'universitaire Gilles Richard, auteur d'une Histoire des droites en France.

Parti socialiste : après la "déroute", faut-il voter la confiance ?

Le Parti socialiste n'obtient que 29 sièges. Bien loin des 284 sièges socialistes de l'Assemblée sortante, mais là aussi moins catastrophique que redouté pour un parti qui craignait de ne pouvoir constituer un groupe parlementaire (15 personnes minimum). Une "déroute incontestable", a admis son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis avant d'annoncer son retrait de la direction du parti, qui obtient deux fois moins de sièges que lors du précédent désastre de 1993 (57 députés PS et apparentés).
"Ce soir, malgré une abstention alarmante, le triomphe d'Emmanuel Macron est incontestable; la défaite de la gauche est incontournable", a-t-il déclaré depuis le siège du parti. Une direction collégiale sera mise en place "dans les plus brefs délais", a-t-il précisé. Un conseil national du parti doit se tenir samedi. A charge pour lui de se pencher sur la réorganisation du parti, et de fixer sa ligne politique vis-à-vis de la majorité d'Emmanuel Macron, quelques jours avant le discours de politique générale d'Edouard Philippe. "Il va falloir discuter du positionnement sur le vote de la confiance au gouvernement. L'idée est plutôt que l'on ne la vote pas. C'est la ligne de la campagne, où nous avons dit que nous souhaitions être constructifs et vigilants. Pour avoir la liberté de s'opposer il ne faut pas voter la confiance", a souligné l'une des porte-parole du PS, Corinne Narassiguin. Des positions divergentes sur le sujet s'étaient exprimées au sein du PS ces derniers jours, certains affirmant ne pouvoir se déterminer sans connaître exactement ce que proposera Edouard Philippe.
Eliminé au premier tour des législatives dans les Yvelines, Benoît Hamon a appelé "tous les députés de gauche élus" à se mettre "au travail pour résister, s'opposer, proposer, reconstruire et rassembler". Après Matthias Fekl, Pascale Boistard ou Juliette Méadel la semaine dernière, d'autres ex-ministres de François Hollande ont été battus : Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Jacques Urvoas, Marisol Touraine ou Myriam El Khomri. Le chef de file des frondeurs Christian Paul n'a pas réussi à sauver sa tête, pas davantage que Yann Galut et Barbara Romagnan, eux aussi membres de l'aile gauche du parti.
L'ancien Premier ministre Manuel Valls a revendiqué la victoire dans son fief d'Evry avec 139 voix d'avance, aussitôt contredit par son adversaire de La France insoumise, Farida Amrani. Quasiment tous ses proches ont été battus au premier ou au second tour. L'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll est en revanche réélu, tout comme l'ancien président du groupe PS à l'Assemblée, Olivier Faure, Olivier Dussopt, ou Régis Juanico, proche de Benoît Hamon. Selon un responsable du PS, Olivier Faure pourrait faire partie des "prétendants naturels à reprendre les choses en main" après sa victoire.
Europe Ecologie Les Verts disparaît pratiquement de l'Assemblée, avec un seul élu (Eric Alauzet, Doubs).

La France insoumise : un groupe... avec ou sans le PCF ?

Au plan national, La France insoumise obtient 17 élus et le Parti communiste, dix. Jean-Luc Mélenchon, élu à Marseille, a annoncé dimanche un "groupe parlementaire" LFI, sans évoquer les communistes. LFI va donc maintenant devoir décider si elle renoue avec une stratégie d'union de la gauche. Les nouveaux députés LFI entendent en tout cas constituer la principale force d'opposition à Emmanuel Macron. Le résultat reste certes bien en-deçà de la majorité que disait escompter Jean-Luc Mélenchon au lendemain de la présidentielle, mais meilleur que ce qui était attendu à l'issue du premier tour.
Parmi les élus, tous novices à l'Assemblée nationale, on retrouve quelques-uns de ses lieutenants comme Alexis Corbière qui parvient à remporter Montreuil, où la gauche s'était particulièrement déchirée au premier tour, et Bastien Lachaud, directeur de la campagne des législatives, à Pantin-Aubervilliers. Des personnalités comme Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis) ou François Ruffin (Somme) viendront enrichir les rangs. De même que de parfaits inconnus comme Caroline Fiat, une aide-soignante qui a battu le Front national en Meurthe-et-Moselle, ou Loïc Prud'homme, militant associatif et syndical en Gironde.
Parallèlement, les communistes ont sauvé les meubles. Ils étaient sept dans la précédente assemblée, alliés avec trois élus Front de gauche et cinq ultramarins afin de former un groupe, et seront finalement onze dans la nouvelle. Parmi eux, plusieurs novices mais aussi le très chevronné André Chassaigne dont l'inimitié avec Jean-Luc Mélenchon est notoire. Egalement réélue et proche, elle, du leader de LFI, Marie-George Buffet.
Les chefs de file des deux formations se sont bien gardés de citer l'autre dans leurs prises de parole dimanche. Jean-Luc Mélenchon a certes assuré que "tous ceux qui voudront le rejoindre" seraient "les bienvenus dans un combat où on cherchera toujours à rallier le maximum de ceux qui veulent entrer dans la lutte". Dans un communiqué, le PCF a estimé qu'il représenterait une "voix libre et combative" pour "servir les intérêts populaires". "Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe", ajoute le PCF, sans un mot pour LFI.

Front national : au final, huit députés

Le Front national obtient huit sièges et sa présidente Marine Le Pen découvrira le Palais Bourbon, de même que son compagnon Louis Aliot. Ils y rejoignent Gilbert Collard, réélu dans le Gard. S'il quadruple le nombre de ses députés, le FN échoue cependant à constituer un groupe parlementaire. En grande difficulté depuis son ralliement à Marine Le Pen entre les deux tours de la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan a été réélu dans l'Essonne.
L'épisode de 1986 excepté, avec 35 députés FN élus à la proportionnelle intégrale, jamais le Front national n'avait obtenu autant de députés au scrutin majoritaire. Huit députés, c'est plus que pronostiqué après le premier tour. Marine Le Pen, qui va siéger pour la première fois à l'Assemblée comme députée du Pas-de-Calais, sera accompagnée par Bruno Bilde (12e du Pas-de-Calais), l'un de ses plus anciens conseillers ; Sébastien Chenu (19e du Nord), transfuge de LR devenu un de ses proches; mais aussi Ludovic Pajot (10e du Pas-de-Calais), qui devrait être le benjamin de la nouvelle Assemblée; et José Evrard (3e du Pas-de-Calais), ancien militant communiste. Fortunes diverses pour les circonscriptions acquises en 2012 : Gilbert Collard, apparenté FN, sauve d'un cheveu son siège dans la 2e du Gard. A l'inverse, Hervé de Lépinau, qui remplaçait Marion Maréchal-Le Pen, en retrait temporaire de la vie politique, a été battu dans la 3e du Vaucluse. L'apparentée FN Emmanuelle Ménard, épouse du maire de Béziers Robert Ménard, décroche un siège dans l'Hérault. A l'inverse, Florian Philippot, vice-président du FN de plus en plus contesté en interne échoue comme en 2012 à se faire élire en Moselle, à l'instar de plusieurs proches : Sophie Montel (Doubs), Kévin Pfeffer (Moselle), Damien Philippot (Aisne), Joffrey Bollée (Seine-et-Marne)...
Lors d'une allocution dimanche soir, Marine Le Pen a demandé à nouveau la proportionnelle, jugeant "scandaleux qu'un mouvement comme le (sien) (...) ne puisse obtenir un groupe à l'Assemblée".

Et maintenant ?

Comme de tradition après un scrutin législatif, Edouard Philippe devrait remettre lundi ou mardi la démission de son gouvernement et en former immédiatement un nouveau, qui ne devrait pas comporter de grands changements. Les six ministres candidats ont été élus : Christophe Castaner, Richard Ferrand malgré les affaires judiciaires, Bruno Le Maire, Annick Girardin, Mounir Mahjoubi et Marielle de Sarnez.
Le Premier ministre prononcera vraisemblablement le 4 juillet sa déclaration de politique générale à l'Assemblée. Si son approbation ne fait aucun doute, le vote des groupes minoritaires sera scruté de près et pourrait ajouter à la majorité, déjà très nette, de nouvelles voix supplémentaires.
Pour cette XVe législature, l'Assemblée sera en tout état de cause profondément renouvelée. Seuls 222 députés sortants étaient qualifiés pour le deuxième tour et 224 autres sortants ne se représentaient pas, plus du double qu'en 2012. Au final, on compte désormais 74% de nouveaux élus, à savoir de députés n'ayant jamais siégé à l'Assemblée. Ce pourcentage atteint 91% parmi les députés REM... et 100% parmi ceux de LFI. Il est de 40% du côté de LR.
Les nouveaux parlementaires commenceront à arriver dès cette semaine au Palais Bourbon. Parmi eux, un nombre record de femmes : 223, contre 155 dans l'Assemblée sortante. Le plus jeune élu est un député FN de 23 ans, Ludovic Pajot (Pas-de-Calais). Le doyen, qui présidera la première réunion de l'Assemblée est le LR Bernard Brochand, 79 ans.
Les groupes éliront leur président et le successeur au perchoir de Claude Bartolone le 27 juin. En attendant, l'imposant groupe macroniste sera réuni en séminaire le week-end prochain. A cette occasion doivent être attribués les postes clefs de la nouvelle chambre.
Le prochain rendez-vous électoral aura lieu le 24 septembre, avec le renouvellement de la moitié du Sénat.
 

Région par région

Ile-de-France

L'Ile-de-France donne une majorité de députés à La République en Marche (REM) et perd quelques uns de ses ténors comme NKM ou Myriam El Khomri, même si Manuel Valls ou Nicolas Dupont-Aignan conservent leur siège.
Comme dans toute la France, la région capitale a porté à l'Assemblée de nombreux quasi-inconnus dans ses 97 circonscriptions. A Paris, la République en marche associée à la ministre et candidate MoDem Marielle de Sarnez, remporte 13 sièges - dont un conquis au premier tour dimanche dernier - sur 18 mais n'obtient pas le "grand chelem" que certains prévoyaient. Les ténors du parti présidentiel sont élus comme Benjamin Griveaux, porte-parole du parti, ou, d'une courte tête, le secrétaire d'Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi. Quelques figures emblématiques sont battues. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui menait l'opposition à la maire PS de Paris Anne Hidalgo, tombe face au "marcheur" Gilles Le Gendre dans une circonscription jugée "en or" par la droite il y a encore quelques mois, et qui était détenue par François Fillon. L'ex-ministre du Travail Myriam El Khomri cède face à Pierre-Yves Bournazel, investi LR et se revendiquant de la majorité présidentielle. Les Républicains perdent également Philippe Goujon et l'ancien ministre Jean-François Lamour mais gardent Claude Goasguen et la 4e circonscription LR, avec Brigitte Kuster. La capitale comptera également désormais une députée La France Insoumise, Danièle Obono. Le Parti socialiste, qui détenait 10 sièges, sort de cette élection laminé et ne conserve plus qu'une députée, George Pau-Langevin, ancienne ministre des Outre-mer, contre qui REM n'avait pas présenté de candidat.
Dans le reste de l'Ile-de-France, REM et le MoDem remportent deux tiers des circonscriptions. Dans la 1ère de l'Essonne, l'ex-Premier ministre Manuel Valls a été proclamé élu avec 139 voix d'avance mais son adversaire LFI Farida Amrani, qui a elle aussi revendiqué la victoire, a annoncé un recours dès lundi. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, chahuté au premier tour, est finalement réélu. Sur dix circonscriptions, les candidats REM en remporte six, à l'instar du mathématicien Cédric Villani. Les deux dernières reviennent à des candidats LR.
En Seine-et-Marne, REM et Modem remportent 5 circonscriptions sur 11. L'ex-chef du Raid Jean-Michel Fauvergue (REM) est élu. Quatre LR sortants ont été réélus, comme Christian Jacob ou Franck Riester. Yves Jégo (UDI) conserve aussi son siège. A gauche seul le député PS Olivier Faure est réélu.
La gauche fait de la résistance en Seine-Saint-Denis, son traditionnel bastion. Là où tous les candidats REM avaient atteint le second tour, La France Insoumise tire son épingle du jeu, en remportant 6 des 12 sièges, avec Eric Cocquerel, Clémentine Autain ou Alexis Corbière. Marie-George Buffet est réélue pour le PCF. L'UDI Jean-Christophe Lagarde y sauve son siège. Trois candidats REM sont élus. LR récupère une circonscription.
Dans les Hauts-de-Seine, dix candidats du mouvement présidentiel l'ont emporté sur les 13 circonscriptions. Thierry Solère (LR), considéré comme "Macron-compatible", conserve son siège. A Gennevilliers, c'est une candidate PCF qui l'emporte, Elsa Faucillon.
Dans le Val-de-Marne, sept candidats REM et MoDem ont été élus, mais les sortants LR Michel Herbillon et Gilles Carrez ont su résister, ce dernier l'emportant toutefois de justesse (50,49%). Seul survivant du PS du dernier département communiste de France, le sénateur-maire d'Alfortville Luc Carvounas fait son entrée au Palais Bourbon. Mathilde Panot (LFI), 28 ans, s'est imposée dans la très symbolique 10e circonscription qui n'avait connu que des députés communistes depuis Maurice Thorez en 1932 jusqu'à la victoire du chevènementiste Jean-Luc Laurent en 2012.
La vague En Marche emporte massivement les Yvelines, où le député sortant et ex-candidat PS Benoît Hamon avait été éliminé au 1er tour. Au total, neuf députés REM et deux députés Modem l'emportent sur 12 circonscriptions, balayant les députés sortants LR Jean-Frédéric Poisson, Jacques Myard et David Douillet. Un seul député LR s'en sort, Michel Vialay.
Le Val-d'Oise a élu 9 députés REM sur 10 circonscriptions, éjectant entre autres Jérôme Chartier, porte-parole du candidat François Fillon.

Auvergne-Rhône-Alpes

A l'image de Najat Vallaud-Belkacem, battue à Villeurbanne, Auvergne-Rhône-Alpes n'a pas échappé à la déferlante d'En Marche! mais un certain rééquilibrage s'est opéré entre les deux tours, qui a profité surtout à la droite.
La majorité présidentielle (REM/MoDem) a remporté 41 des 64 circonscriptions, contre 16 aux Républicains, cinq au PS et deux au PCF, sur fond de forte abstention comme ailleurs. Le Front national, qui participait à sept duels, n'obtient aucun siège, de même que la France insoumise (5) et l'UDI (3). Au final, le nombre de partis représentant la région à l'Assemblée s'est restreint par rapport à 2012 en l'absence de députés UDI et EELV. "La région est à l'image de la France : les électeurs qui ont voté limitent la portée de la victoire de la République en Marche qui s'annonçait totale ici au soir du premier tour", commente Renaud Payre, directeur de Science-Po Lyon.
Les Républicains s'imposant comme "les principaux opposants". Les candidats REM et MoDem font presque carton plein dans le Rhône avec 12 circonscriptions sur 14, dont celle de Villeurbanne où le chef d'entreprise Bruno Bonnell a battu, avec 60,32% des voix, l'ex-ministre socialiste de l'Education. "Une victoire d'étiquette", selon Renaud Payre, "dans une circonscription-fief gagnable" sur le papier pour Najat Vallaud-Belkacem. Des barons LR comme Georges Fenech ou Philippe Cochet ont perdu leur siège mais Bernard Perrut et Patrice Verchère ont sauvé le leur.
Dans les circonscriptions lyonnaises, les poulains du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sont tous élus. Dans la Loire, le socialiste Régis Juanico sauve son siège de 23 voix et Dino Cinieri (LR) conserve le sien de 99. Mais les Marcheurs raflent les quatre autres.
Dans la Drôme, trois circonscriptions sur quatre reviennent aux candidats REM dont Célia de Lavergne qui bat le dauphin d'Hervé Mariton. Emmanuelle Anthoine sauve la mise pour la droite dans la 4e.
Dans l'Ain, trois députés LR sont reconduits : Xavier Breton et Charles de la Verpillière, pourtant distancés au premier tour ; ainsi que Damien Abad, président du conseil départemental, très confortablement réélu (67,02%). REM gagne les 3e et 4e circonscriptions.
L'Ardèche quant à elle n'enverra au Palais Bourbon aucun des Marcheurs arrivés en tête au premier tour mais deux socialistes : Hervé Saulignac, président du conseil départemental et dauphin de Pascal Terrasse, et Olivier Dussopt, maire d'Annonay et président de l'Association des petites villes de France. La 3e circonscription revient à Fabrice Brun (LR).
Dans les Alpes, les deux départements savoyards, traditionnellement acquis à la droite mais secoués par la vague Macron, ont renversé quelque peu la vapeur mais les ténors LR ne sont pas épargnés. En Savoie, la plus jeune candidate REM, Typhanie Degois, 24 ans, fait chuter de peu Dominique Dord (LR), tandis qu'en Haute-Savoie Frédérique Lardet prive Lionel Tardy d'un 3e mandat ; Xavier Roseren barre la route à Sophie Dion et Véronique Riotton s'impose devant la dauphine de Bernard Accoyer.
En Isère, la majorité présidentielle fait une razzia sur 9 des 10 circonscriptions - avec 7 femmes - à l'exception notable de la 4e où la sortante Marie-Noëlle Battistel sauve un siège pour le PS, face à son ancien suppléant. Les scores sont nets, surtout face aux candidats FN. Dans la "banlieue rouge" de Grenoble, le candidat REM Jean-Charles Colas-Roy l'emporte avec 73,55% des voix.
En Auvergne, En Marche! remporte cinq des 12 circonscriptions et les députées y seront deux fois plus nombreuses qu'en 2012. Dans le Puy-de-Dôme, la magistrate Laurence Vichnievsky (MoDem) a battu Louis Giscard d'Estaing (UDI), fils de l'ancien président de la République.
L'Allier a également élu pour la première fois de son histoire deux femmes, étiquetées REM, dont la benjamine des députés auvergnats, Bénédicte Peyrol, 26 ans. Seul l'ancien président communiste du conseil départemental Jean-Paul Dufrègne a brisé la vague macroniste en remportant son premier mandat de député. A l'Assemblée, il rejoindra l'inexpugnable André Chassaigne qui en a décroché un quatrième dans le Puy-de-Dôme, battant l'agriculteur REM Sébastien Gardette avec plus de 63% des suffrages. Le PS ne conserve qu'un seul siège, celui de Christine Pirès-Beaune qui rempile dans le Puy-de-Dôme.
Dans le Cantal, les Républicains font carton plein, le président du département Vincent Descoeur ayant comblé son retard du premier tour sur François Danemans (REM). La droite conserve aussi la Haute-Loire. L'ancienne suppléante de Laurent Wauquiez, Isabelle Valentin, assure la succession de celui qui voulait rester président d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Nouvelle-Aquitaine

Les candidats brandissant la bannière la République en marche et leurs alliés du MoDem ont raflé dimanche la mise en Nouvelle-Aquitaine, remportant 39 sièges sur 49 au total, mais certains députés sortants ont réussi à faire jouer leur aura ou leur ancrage territorial pour sauver leur siège.
Jean Lassalle a ainsi été réélu au terme d'un combat difficile dans sa 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, pourtant terre de prédilection du MoDem de François Bayrou, maire de Pau et Garde des Sceaux, allié au président Emmanuel Macron. Candidat malheureux à la présidentielle, le député sortant indépendant avait obtenu moins de 18% des voix au premier tour face à Loïc Corrégé, un militaire candidat REM qui le devançait nettement (25,4%). Dimanche, Jean Lassalle a emporté le scrutin avec plus de 2.000 voix d'avance, signe, selon lui, que les électeurs de sa circonscription basco-béarnaise "ne s'abandonnent jamais à aucun effet de mode".
Dans la 3e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le député socialiste David Habib, en ballottage défavorable, a également réussi à inverser la tendance au second tour pour sauver son siège.
Remontée tout aussi spectaculaire pour la députée socialiste Delphine Batho dans les Deux-Sèvres, où elle bat nettement la candidate macroniste. Un succès d'autant plus remarquable pour l'ex-ministre PS que Ségolène Royal, qui l'avait adoubée dans sa circonscription en 2007, avait annoncé publiquement avoir voté pour la candidate REM au premier tour.
Fort de son implantation locale en Charente-Maritime, le député divers gauche Olivier Falorni, ex-dissident PS, a lui aussi été largement réélu (69%) face à la candidate REM, de même que Didier Quentin (Les Républicains) dans la 5e.
Dans les Landes, c'est sans doute grâce à l'aura du défunt cacique socialiste Henri Emmanuelli, qui l'avait officiellement adoubé, que l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée, Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem, a pu être élu dans la 3ème circonscription à l'issue d'un ballottage pourtant très défavorable.
Mais dans la plupart des départements de la Nouvelle-Aquitaine, la vague Macron a bel et bien emporté les sièges détenus par les partis traditionnels, dont de nombreux barons avaient d'ailleurs renoncé à se représenter. Creuse, Haute-Vienne, Corrèze : dans l'ex-Limousin, pourtant historiquement ancré à gauche, le mouvement En Marche manque le grand chelem de seulement 25 voix. Celles qui ont manqué à la candidate macroniste Patricia Bordas, ex-élue socialiste de Brive, pour gagner dans la 2e circonscription de Corrèze. C'est une nouvelle venue, Frédérique Meunier, maire centriste de Malemort, qui emporte sous l'étiquette des Républicains cette circonscription précédemment détenue par le PS. Les socialistes perdent aussi la 1ere circonscription de Corrèze, fief historique de François Hollande, que le maire PS de Tulle Bernard Combes n'a pu sauver face à Christophe Jerretie, jeune maire centriste rallié à la majorité présidentielle.
L'alliance REM/MoDem fait carton plein dans la Dordogne voisine, dans la Vienne, de même que dans les trois circonscriptions du Lot-et-Garonne, où ses recrues ont défait respectivement le maire UDI d'Agen, Jean Dionis du Séjour, et deux candidats du Front national.
En Gironde, elle décroche dix sièges de députés sur douze face à des ténors comme le sarkozyste Yves Foulon (LR), mis au tapis dans la ville d'Arcachon, ou le socialiste pourtant "Macron-compatible" Gilles Savary. Mais la vague REM s'est heurtée dans la 4e circonscription au maire-vétéran de Cenon, Alain David, qui a sauvé un siège pour le PS. Et dans la 3e, où le sortant Noël Mamère ne se présentait que comme suppléant d'une candidate socialiste, Loïc Prud'homme a créé la surprise pour La France insoumise, avec moins de 150 voix d'avance sur le candidat présidentiel.
Et si en Charente, deux circonscriptions ont succombé à la volonté de renouvellement portée par En Marche, la recette n'a pas fonctionné partout: dans la 3e, le député socialiste sortant, Jérôme Lambert, petit-neveu de François Mitterrand, a été réélu pour un septième mandat.

Bretagne

La Bretagne enverra 24 des candidats de la République en marche ou se réclamant de la majorité présidentielle siéger au Palais Bourbon sur 27 circonscriptions, avec un grand chelem dans le Finistère et dans le Morbihan.
Dans le Finistère, où la République en marche s'octroie les 8 circonscriptions, le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand, pilier de la République en marche, s'impose dans la 6e avec 56,53% des suffrages face à la candidate des Républicains, Gaëlle Nicolas. Les électeurs ne lui ont donc pas tenu rigueur de son implication dans une affaire immobilière. "En Finistère c'est huit sur huit, c'est vous dire si ici nous avons une France d'avance", s'est réjoui le ministre, commentant ce succès dans sa permanence à Châteaulin.
Dans la 1ère circonscription, l'ancien ministre socialiste de la Justice Jean-Jacques Urvoas mord la poussière. Avec 45,55% des voix, il se fait battre par Annaïg Le Meur, une kinésithérapeute. Dans les six autres circonscriptions, les candidats du mouvement créé par le président de la République s'imposent largement, seul Erwan Balanant (8e circonscription) s'adjugeant une victoire étriquée avec 51,45% des voix, soit quelque 1.000 voix d'avance sur son concurrent socialiste Michaël Quernez.
Carton plein aussi dans le Morbihan pour la République en marche : ses candidats ou celui se réclamant de la majorité présidentielle s'imposent dans les 6 circonscriptions. Paul Molac, ardent défenseur de la culture bretonne, député sortant et rallié macroniste, avait pour sa part été réélu dès le premier tour. Dans ce département, l'abstention dépasse les 50% dans chacune des circonscriptions, le record étant détenu par celle de Lorient, chère au ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, où le taux d'abstention dépasse les 56%.
Dans les deux autres départements bretons, l'Ille-et-Vilaine et les Côtes-d'Armor, les opposants à la République en marche privent le parti présidentiel de trois sièges. En Ille-et-Vilaine, où les taux d'abstention dépassent partout les 50% (57,61% dans la 1ere circonscription de Rennes-Sud), l'UDI Thierry Benoit s'est fait réélire dans la 6e circonscription avec plus de 6.000 voix d'avance sur Nolwenn Vahé. Dans la 7e, Gilles Lurton (Les Républicains) a conservé son siège de Saint-Malo face à Valérie Fribolle (56,21% contre 43,79%). En revanche, dans la 5e, la députée sortante LR Isabelle Le Callennec, une des porte-parole de François Fillon, s'incline devant Christine Cloarec (REM), une professeure de danse modern'jazz, conseillère municipale depuis 2008 à Vitré, le fief de Pierre Méhaignerie. A noter le très gros score de Laurence Maillart-Méhaignerie (MoDem, majorité présidentielle), nièce par alliance de l'ancien Garde des Sceaux Pierre Méhaignerie, dans la circonscription de Rennes-Nord : elle écrase de plus de 17.000 voix (74,44 % des suffrages) le candidat Les Républicains Bertrand Plouvier, chef de file de l'opposition à Rennes.
Enfin, dans les Côtes d'Armor, seul Le Républicain Marc Le Fur résiste au rouleau compresseur En Marche ! et sauve son siège, dans la 3è circonscription de Loudéac-Lamballe. Il retrouvera l'Assemblée nationale pour un 5e mandat. Talonné par son opposant Olivier Allain (REM) à l'issue du premier tour, Marc Le Fur s'est imposé avec 54,32 % des voix dans une circonscription où les électeurs se sont un peu plus mobilisés, le taux d'abstention étant de 42,40%. Aucune des quatre autres circonscriptions ne résiste à la vague de la République en Marche et son allié MoDem.
Symbole du profond renouvellement des élus en Bretagne, Hervé Berville (REM), 27 ans, né au Rwanda et évacué aux premiers jours du génocide, bat à plate couture son opposant Les Républicains avec près de 12.000 voix d'écart (64,17% des voix contre 35,83 % pour Didier Deru) dans la 2e circonscription. Adopté à l'âge de 4 ans par une famille bretonne, ce jeune député, qui assure notamment des missions d'économiste en Afrique pour l'Agence française de développement, était inconnu des Costarmoricains il y a encore un mois.

Normandie

La République en Marche a débarqué massivement dimanche en Normandie, mais des élus Les Républicains et communistes ont résisté à la vague macroniste. Comme attendu, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, transfuge de LR, a réussi son pari en étant réélu avec 64,53% dans la 1ère circonscription de l'Eure, améliorant ses scores de 2007 et 2012 (58%). "Cette victoire, c'est votre victoire et c'est la plus belle de mes trois victoires aux élections législatives car c'est sans doute celle qui était la moins écrite à l'avance", a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur Twitter. Comme les quatre autres candidats se réclamant de la majorité présidentielle, REM ou Modem, le ministre était opposé à des candidats du Front national dans l'Eure. Tous l'ont emporté.
Si REM réalise le grand chelem dans ce département, la victoire est moins totale dans les quatre autres départements normands. En Seine-Maritime, département le plus peuplé, le Parti communiste, allié à la France Insoumise (LFI), cause la surprise en envoyant trois députés à l'Assemblée nationale, alors qu'il avait perdu tout représentant dans ce département en 2012, au profit du PS. Jean-Paul Lecoq, déjà élu en 2007, l'a emporté nettement dans la 8e circonscription du Havre (62,7%) devant une candidate REM novice en politique. Hubert Wulfranc, maire PCF de Saint-Etienne-du-Rouvray, cette commune de la banlieue rouennaise frappée l'an dernier par l'assassinat du père Jacques Hamel, l'a emporté avec 61,1%. Dans cette circonscription longtemps tenue par le PS, il a battu un candidat REM, transfuge de l'UDI, après deux premiers échecs en 2007 et 2012.
Le troisième élu communiste s'y prenait aussi pour la troisième fois : il s'agit du maire de Dieppe Sébastien Jumel qui, dans la 6e circonscription, a fait une belle remontée (28,3% au 1er tour) pour finalement l'emporter avec 52,3% contre un agriculteur présenté par REM. Sébastien Jumel s'était qualifié de justesse pour le premier tour, en éliminant pour vingt voix le secrétaire général du FN Nicolas Bay.
Sur les 10 sièges de Seine-Maritime, REM en emporte cinq dont la 1ère circonscription, où l'ancienne ministre socialiste des Sports et ex-maire de Rouen Valérie Fourneyron a été battue. Le PS, qui dominait ce département, ne conserve qu'une seule circonscription, la 5e avec Christophe Bouillon, qui n'avait pas de candidat REM face à lui.
Dans sa déroute, le PS peut néanmoins se réjouir de la victoire de Laurence Dumont, ancienne vice-présidente de l'Assemblée, qui l'emporte avec 53,3% dans la 2e circonscription du Calvados (Caen) contre l'ancien juge anti-corruption Eric Halphen (REM) qui l'avait pourtant distancée au 1er tour. Mais les reports de la gauche ont été bons pour Laurence Dumont alors que le médiatique juge a échoué à mobiliser davantage de suffrages entre les deux tours. Dans les cinq autres circonscriptions du Calvados, REM en remporte quatre, la dernière allant à LR.
Dans La Manche, la droite a la satisfaction de conserver avec Philippe Gosselin (LR) la 1ère circonscription, mais les trois autres sont remportées par la majorité présidentielle. Dans la 3e, l'ex-PS Stéphane Travert, partisan de la première heure d'Emmanuel Macron, conserve son siège. A noter dans la 4e un duel "fratricide" entre Sonia Krimi, se réclamant de la majorité présidentielle, qui l'emporte nettement (60,9%) contre le candidat ex-Juppéiste Blaise Mistler, investi par REM. Le seul département normand sans député REM est l'Orne. LR gagne deux des trois circonscriptions, tandis que le député PS Joaquim Pueyo conserve son siège.

Hauts-de-France

Le Front national, emmené par Marine Le Pen large vainqueur à Hénin-Beaumont, a raflé cinq sièges dans l'ex-bassin minier du nord de la France, où le succès de REM a été moins large que ce que laissait prévoir le 1er tour des législatives.
La surprise la plus notable est venue d'Amiens, où François Ruffin, qui avait déjà écarté le frontiste Franck de Lapersonne dimanche dernier, a battu sans coup férir le maire d'Abbeville Nicolas Dumont, un ancien socialiste qui se présentait sous l'étiquette REM. Symbole de l'unité de la gauche, hors PS, le journaliste et auteur du documentaire à succès "Merci patron !", parti en campagne au sortir de l'hiver, accusait pourtant un retard de dix points au 1er tour. Le PS avait appelé à voter pour lui.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, qui totalisent les deux tiers des 50 circonscriptions des Hauts-de-France, REM et MoDem remportent 15 des 33 sièges en jeu, l'alliance LR-UDI en gagne 8 (5 LR et 3 UDI), La France insoumise et le PCF deux chacun, outre les 5 sièges FN. Le dernier échoit à un divers gauche du MRC. Le PS avait perdu ses 18 sièges dans ces deux départements dès le 1er tour, où ses candidats n'avaient pu franchir la barre des 12,5% des inscrits. C'est donc le parti d'Emmanuel Macron qui récupère très largement cet héritage.
Mais, dans de nombreuses circonscriptions des Hauts-de-France, il n'a pas confirmé sa percée du premier tour. Du coup, Eric Woerth, parti avec un handicap de sept points dimanche dernier, l'emporte avec 52%. Alors que le successeur de Gérald Darmanin à l'Assemblée, Vincent Ledoux, était en ballottage très incertain face à une candidate REM, soutenu par le nouveau ministre du Budget, le candidat LR s'impose avec 56% des voix.
De même, dans la circonscription du Touquet où le député-maire Daniel Fasquelle était en difficulté dimanche dernier, devancé de quatre points, le sortant l'emporte avec 52%. De manière générale, les candidats de l'opposition au nouveau pouvoir ont progressé bien plus nettement d'un tour à l'autre que ceux de REM, sauf ceux du FN.
Cela n'a pas empêché Marine Le Pen de l'emporter avec 58,6% à Hénin-Beaumont, où la municipalité est frontiste. Le FN fait aussi gagner ses candidats à Lens, Liévin, Bruay-la-Buissière où s'impose un jeune de 23 ans, Ludovic Pajot, ainsi qu'à Denain grâce à Sébastien Chenu, transfuge de l'UMP. Comme attendu après le 1er tour, dans l'Aisne, le FN n'a pas concrétisé le succès de Marine Le Pen qui avait devancé Emmanuel Macron au 2e tour de la présidentielle. En duel dans les cinq circonscriptions, le FN a perdu partout, à l'image de Damien Philippot à Laon. Ce département est le seul à avoir élu un socialiste, dans la 3e circonscription.
Enfin, l'Oise s'est partagée entre Les Républicains, qui restent majoritaires (4 sièges contre 3 à REM sur les sept en jeu). A noter encore dans la Somme la victoire facile de l'écologiste Barbara Pompili, l'ex-secrétaire d'Etat des gouvernements Valls et Cazeneuve passée à la REM.

Paca

La République en Marche a remporté une majorité des circonscriptions de Paca, mais sans parvenir à barrer la route à Jean-Luc Mélenchon, élu à Marseille, ni à empêcher LR de sauver plusieurs fiefs. Présent au second tour dans 18 circonscriptions, le FN a en revanche fait chou blanc.
Seul membre de l'exécutif qui se présentait en Paca, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a été réélu dans un fauteuil (61,57%), dans les Alpes-de-Haute-Provence. "La première condition" pour rester au gouvernement, "d'être réélu, est atteinte", a-t-il commenté. Désormais, "il appartient au président de la République et au Premier ministre de me confirmer ou pas", a ajouté celui qui est également secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement.
D'une manière générale, le parti présidentiel a fait carton plein dans les départements ruraux des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence et emporte une majorité des sièges dans les Bouches-du-Rhône et dans le Var.
L'autre tête d'affiche du second tour, le chef de file de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, a réussi son atterrissage dans le centre-ville de Marseille. La deuxième ville de France, qui l'avait placé en tête au premier tour de la présidentielle, lui offre son ticket d'entrée au Palais Bourbon. Il bat nettement Corinne Versini (REM), une cheffe d'entreprise qui avait reçu le soutien de plusieurs ministres.
Philippe Dharréville, secrétaire départemental du PCF, sauve pour sa part un fief communiste à Martigues et siègera à ses côtés.
Les Républicains ont fait les frais de la poussée du parti présidentiel, mais des figures locales résistent. Le fief des Alpes-Maritimes tient bon, et envoie six députés LR à l'Assemblée, sur neuf circonscriptions. Le président du département, Eric Ciotti, qui a adopté une ligne d'opposition franche à Emmanuel Macron, est réélu à Nice, où il jouait son siège et sa survie politique notamment face au frère ennemi niçois, Christian Estrosi, qui s'est très vite déclaré Macron-compatible. "Cette victoire sera fondatrice d’une opposition lucide", a réagi Eric Ciotti après sa réélection, promettant de soutenir "les textes de loi qui iront dans le bon sens". "Mais je souhaite aussi et surtout faire vivre les idées de la droite, contre l'hégémonie d'un parti unique", a-t-il ajouté.
D'autres sortants des Républicains, dont des figures historiques, sauvent leur siège, le plus souvent face à des novices en politique candidats de la majorité présidentielle : Michèle Tabarot, élue depuis 2002, est réélue dans les Alpes-Maritimes, tout comme à Marseille Guy Tessier et Valérie Boyer, Bernard Deflesselles et Bernard Reynès dans les Bouches-du-Rhône, ou encore les deux députés LR du Vaucluse, dont Julien Aubert qui prolonge pour cinq ans en battant le sociologue Jean Viard.
Le FN a en revanche fait chou blanc sur des terres qui lui étaient historiquement favorables. Le FN perd même son unique siège de la région, dans le Vaucluse, celui qu'occupait Marion Maréchal-Le Pen. La nièce de Marine Le Pen ne se représentait pas, et son suppléant, Hervé de Lépinau, qui espérait reprendre le flambeau, a perdu face à Brune Poirson (REM), 34 ans. A Marseille, un vieux routier du Front National, le sénateur-maire des quartiers nord Stéphane Ravier a perdu face à une avocate de 33 ans, Alexandra Louis (REM), et dans l'arrière-pays niçois, l'ancien identitaire Philippe Vardon échoue face à un autre novice REM, Cédric Roussel. Deux cadres du FN, Philippe Liottaux et Jérôme Rivière, issus de la droite parlementaire avant de basculer au Front National, sont défaits dans le Var, tout comme Olivier Bettati, qui échoue dans les Alpes-Maritimes. Ancien élu LR passé au Front National, il est battu par une autre ancienne des Républicains, mais qui a rallié REM, Alexandra Valetta-Ardisson. Toujours à l'extrême-droite, le sortant Jacques Bompard, de la Ligue du Sud, un parti régional rival du Front National, a été réélu dans son fief d'Orange, d'un cheveu: 276 voix d'écart avec Carole Normani, une ingénieure agronome, qui portait les couleurs d'En Marche.

Grand Est

Dans le Grand Est, la droite LR-UDI a résisté dimanche à la vague REM en remportant 25 des 49 sièges de députés en jeu, contre 22 au mouvement du président Macron, le PS étant balayé en ne gardant qu'un seul siège.
La République en Marche! conquiert 12 des 21 circonscriptions en Lorraine, 6 en Alsace et 4 en Champagne-Ardenne. REM fait presque un carton plein en Moselle, où elle remporte 8 des 9 circonscriptions, dont la 6e, qu'espérait gagner le FN Florian Philippot. La gauche, qui comptait 14 sortants dans la législature précédente, subit une débâcle sans précédent.
En Alsace, le PS perd ses deux bastions (Strasbourg I et II). La défaite des socialistes sortants est nette : leurs adversaires REM respectifs - Sylvain Waserman, un élu centriste énarque, et Thierry Michels, un cadre de l'industrie pharmaceutique - ont recueilli chacun près de 60% des voix.
A Metz, plusieurs anciens socialistes deviennent députés sous l'étiquette REM, dont Richard Lioger, qui a fait tomber l'historique députée LR de la 3e circonscription, Marie-Jo Zimmermann, élue depuis 1998. En Meurthe-et-Moselle, le seul duel de France opposant le Front national à la France insoumise a été remporté par la candidate LFI, Caroline Fiat, qui bat, de loin, un jeune candidat frontiste. Dans ce département, le plus panaché de la région, le PS parvient à garder un siège - le seul de Lorraine et même du Grand Est - avec la réélection de Dominique Potier dans la 5e, qui met en échec la candidate REM, une jeune femme capitaine de l'armée de l'air.
Le FN, qui s'était hissé au second tour dans 14 circonscriptions du Grand Est, - 7 en Lorraine, 6 en Champagne-Ardenne et 1 en Alsace -, ne décroche aucune circonscription. Florian Philippot a été battu par un chirurgien-dentiste, novice en politique, Christophe Arend, et échoue pour la deuxième fois dans cette circonscription frontalière qui a très peu voté (plus de 63% d'abstention). Avec presque 57% des votes, Christophe Arend a pu compter sur les voix du "Front républicain" pour faire barrage à Florian Philippot. Dans la 7e circonscription, Kevin Pfeffer, proche de Florian Philippot, a lui aussi été battu.
Dans la Meuse, le député UDI sortant Bertrand Pancher a été réélu dans la 1ere, tandis qu'une jeune candidate REM l'emporte face au FN dans la seconde. Dans les Vosges, la droite remporte toutes les circonscriptions, avec trois députés LR, dont le sortant Gérard Cherpion, et un divers droite.
En Alsace, le raz-de-marée REM annoncé n'a pas eu lieu, mais les candidats du parti du président font une entrée remarquée à l'Assemblée, décrochant 6 des 15 circonscriptions. La droite conserve 9 de ses 13 sièges. A Colmar (1re du Haut-Rhin), Eric Straumann a été réélu sans surprise avec 66% des voix face à la candidate REM, Stéphanie Villemin, une femme entrepreneur novice en politique.
En Champagne-Ardenne, terre de droite, les candidats LR ont eux aussi résisté, et quatre candidats REM, novices en politique, ont été élus. Le chef d'entreprise Aina Kuric a fait tomber la sortante et ténor LR, Catherine Vautrin, dans la 2e de la Marne.
Dans l'Aube (1re circonscription), où avait lieu la seule triangulaire de France, Grégory Besson-Moreau, entrepreneur et candidat REM, a été élu avec 36,46% des voix devant le député sortant Nicolas Dhuicq et le frontiste Bruno Subtil.
La vague Macron n'a pas déferlé dans les Ardennes : les trois circonscriptions sont tombées dans les escarcelles des candidats LR, Bérangère Poletti et Jean-Luc Warsmann, largement réélus, et Pierre Cordier (LR-UDI). Réélections aussi des députés LR François Cornut-Gentille en Haute-Marne et Gérard Menuel dans l'Aube, ainsi que l'UDI Charles de Courson dans la Marne. Comme partout, l'abstention a été très forte dans le Grand Est, avec des pointes jusqu'à 67% dans la 8e circonscription de Moselle.

Bourgogne-Franche-Comté

Les candidats de la République En Marche ont remporté la majorité des 27 circonscriptions de Bourgogne-France-Comté, mais la droite résiste en conservant 9 sièges, alors que le PS disparaît pratiquement du paysage législatif régional.
Déjà largement en tête à l'issue du premier tour des élections législatives en Bourgogne-Franche-Comté, le parti du président Emmanuel Macron confirme sa domination en rassemblant 46% des suffrages. REM remporte 16 circonscriptions (dont une revient à un candidat doublement estampillé PS-REM), alors que le PS ne conserve qu'un siège en son nom propre.
Les candidats REM font carton plein dans les départements de la Nièvre et la Haute-Saône. Dans le Doubs, le député écologiste sortant Eric Alauzet, en face duquel En Marche! n'avait aligné aucun candidat, a par ailleurs conservé son siège.
Mais la droite résiste à la vague En Marche! avec 7 sièges pour Les Républicains et deux sièges pour l'UDI. La "prime au sortant" a notamment fonctionné pour cinq élus LR - l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy Guillaume Larrivé (1ere de l'Yonne), Rémi Delatte (2e de Côte d'Or), Annie Genevard (5e du Doubs), Marie-Christine Dalloz (2e du Jura), Jean-Marie Sermier (3e du Jura) - et un UDI - Michel Zumkeller (2e du Territoire de Belfort).
En revanche, dans la 4e circonscription de Côte d'Or, Charles Barrière, successeur désigné du président UDI du conseil départemental François Sauvadet, a échoué à rependre le flambeau, battu par Yolaine de Courson (REM).
Idem dans la 1ere circonscription du Jura, gagnée par La République En Marche face au protégé de l’ancien président de l'Association des maires de France (2004 à 2014) et député-maire de Lons-le-Saunier depuis 1993, Jacques Pélissard (UMP).
Le PS disparaît pratiquement du paysage régional, ne conservant en son nom propre que le siège de Cécile Untermaier (4e de Saône et Loire). Le député socialiste sortant Frédéric Barbier (4e du Doubs), qui avait succédé en 2015 à l'ancien ministre de l'Économie Pierre Moscovici, a pour sa part été réélu, mais avec la double investiture PS-REM. Celle-ci lui avait été accordée afin de lui assurer la victoire face à l'eurodéputée FN Sophie Montel dans la très industrielle 4e circonscription du Doubs, berceau de l'industrie automobile.
Le député PS sortant Christian Paul, qui fut le chef de file des frondeurs, a été battu par le candidat REM Patrice Perrot dans la 2e circonscription de la Nièvre, celle de Château-Chinon, fief de François Mitterrand.
La frondeuse Barbara Romagnan s'incline également dans la 1ère circonscription du Doubs face à une novice en politique, Fannette Charvier (REM), que le Premier ministre Edouard Philippe était venu soutenir vendredi à Besançon.
Aucun des six candidats frontistes qui s'étaient hissés au second tour n'a été élu dans la région, alors que le parti de Marine Le Pen y avait réalisé de très bons scores lors des derniers scrutins.
Globalement conforme à la moyenne nationale, le taux d'abstention a atteint 55%, soit 14 points de plus qu'en 2012 (41%). En 2012, droite et gauche s'étaient partagé les sièges de manière presque égalitaire : 14 députés de gauche (13 PS, 1 DVG) et 13 députés de droite (11 UMP, 1 radical valoisien et 1 Nouveau centre).

Occitanie

La République en Marche a raflé la mise dimanche en Occitanie, avec 34 des 49 sièges, remplaçant un PS jusqu'alors hégémonique, tout en se heurtant à des résistances de La France insoumise ainsi qu'au FN, qui gagne des sièges.
Dans l'ensemble de l'Occitanie, le mouvement du président Macron arrive loin devant Les Républicains (3 sièges), le Parti socialiste (3), La France insoumise (3) et le FN (3). Le PRG a pour sa part 2 députés. Un député DVD est proche de la majorité présidentielle.
Les nouveaux élus de La République en Marche sont souvent issus de la société civile, avec très peu ou pas du tout d'expérience en politique à l'instar de l'ingénieur Huguette Tiegna (Lot). Un des plus jeunes d'entre eux est un consultant en communication, Mickaël Nogal, 26 ans, référent REM en Haute-Garonne.
Reflux historique, donc, pour le PS avec seulement 3 sièges (contre 42 pour PS et alliés lors de la précédente législature) dans une région, notamment l'ex-Midi-Pyrénées, qui a longtemps été une citadelle rose. Après l'élimination dès le 1er tour de Christophe Borgel, le "Monsieur Elections" du PS en Haute-Garonne, André Viola, président du conseil départemental de l'Aude, pourtant résolument ancré à gauche, s'est vu barrer la route de l'Assemblée par une candidate REM novice en politique, Mireille Robert.
En Haute-Garonne, une des plus importantes fédérations de France, seul un député proche de la présidente PS de région Carole Delga, Joël Aviragnet, sauve l'honneur mais de très peu (50,13%). En Ariège, ancien bastion socialiste qui pour la première fois depuis 1958 ne compte aucun député PS, les deux candidats LFI ont gagné, de justesse, les deux circonscriptions de ce département rural, Bénédicte Taurine et Michel Larive. Mais en Haute-Garonne, Manuel Bompard, bras droit de Jean-Luc Mélenchon, a échoué face à une journaliste portant les couleurs présidentielles, Sandrine Mörch Les Insoumis s'affirment comme la principale force d'opposition dans le département le plus peuplé d'Occitanie.
L'ancienne région Languedoc-Roussillon, donne à elle seule 3 députés FN du pays, dont Louis Aliot, le vice-président du parti et compagnon de Marine Le Pen. Il l'a emporté de justesse dans les Pyrénées-Orientales, après trois échecs successifs dans le département catalan. Dans le Gard, le député FN sortant Gilbert Collard parvient de peu (123 voix d'écart) à sauver son siège menacé par la candidate REM, la torera Marie Sara. Enfin, dans l'Hérault, Emmanuelle Ménard, l'épouse du maire de Béziers Robert Ménard, fait son entrée en politique en battant largement une candidate REM.
Le parti des Républicains conserve ses fiefs de Lozère et du sud de l'Aveyron. Il s'offre en revanche une belle prise avec Aurélien Pradié, élu député LR dans la première circonscription du Lot. Ce jeune maire et conseiller régional de 31 ans a éliminé le référent départemental de REM Sébastien Maurel, qui partait favori dans un département ayant voté à plus de 72% pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.
A droite, le député tarnais Philippe Folliot (DVD) a été réélu. Il a bénéficié de l'absence d'adversaire REM. La situation est identique en Tarn-et-Garonne pour la présidente du PRG Sylvia Pinel, elle aussi réélue.

Pays de la Loire

La République en marche (REM) a raflé dimanche 24 des 30 circonscriptions des Pays de la Loire, le Parti socialiste parvenant de son côté à sauver trois sièges, dont celui de Stéphane le Foll dans la Sarthe, tout comme la droite et le centre. Le parti de la majorité présidentielle fait bien mieux que la gauche en 2012, qui avait enlevé 19 sièges et renversé le rapport de forces dans cette région historiquement ancrée à droite, dans la foulée de l'accession de François Hollande à l'Elysée.
Arrivé en tête au premier tour dans 27 circonscriptions, REM réussit dimanche le grand chelem dans deux départements : à la fois sur les terres à majorité socialistes de Loire-Atlantique et sur celles conservatrices de la Vendée, lors d'un scrutin marqué par une forte abstention dans la région (56,20%).
En Loire-Atlantique, l'écologiste François de Rugy (ex-EELV), qui avait rejoint le mouvement d'Emmanuel Macron après avoir participé à la primaire élargie du PS, est aisément réélu dans la circonscription de Nantes-Orvault avec 66,14% des voix face au candidat Les Républicains Julien Bainvel. De même pour les ex-députés socialistes Yves Daniel et Sophie Errante, respectivement dans les 6e et 10e circonscriptions, qui continueront à siéger au Palais Bourbon sous la bannière de la République en marche.
Est propulsé à l'Assemblée nationale un contingent de nouveaux députés, pour beaucoup novices en politique. Parmi eux, des entrepreneurs, une ancienne handballeuse professionnelle élue en Loire-Atlantique ou encore une militaire en exercice dans le Maine-et-Loire.
Dans la région, seules six circonscriptions échappent au parti du chef de l'Etat, dont celle de Sablé-sur-Sarthe, où aucun candidat REM n'avait été investi face à l'ex-ministre PS de l'agriculture, Stéphane Le Foll, réélu dimanche avec près de 55% des voix face au candidat LR Emmanuel Franco.
Laminé au premier tour, avec seulement cinq députés sortants qualifiés, le Parti socialiste arrive à garder trois sièges, dont deux dans la Sarthe. Marietta Karamanli retrouvera Stéphane Le Foll au Palais Bourbon, après sa nette victoire (61,88%) dans la deuxième circonscription face à la candidate de la République en marche, Aurélie Pérot, conseillère municipale centriste du Mans.
Guillaume Garot conserve lui la première circonscription de la Mayenne (Laval), un ex-bastion de la droite qu'il avait conquis en 2007. Les deux autres députés PS sortants qualifiés au second tour sont battus par deux jeunes candidats REM. Michel Ménard est lourdement défait dans la cinquième circonscription de Loire-Atlantique par la présidente départementale du MoDem Sarah El Haïry, 28 ans, et Hugues Fourage, est vaincu à Fontenay-le-Comte, en Vendée, par Pierre Henriet, professeur de mathématiques de 25 ans.
Même sort pour deux députés LR sortants, Guillaume Chevrollier en Mayenne et Alain Leboeuf en Vendée, en ballottage défavorable à l'issue du premier tour et défaits par des candidats de la majorité présidentielle. La droite, qui avait réussi à qualifier 22 candidats au second tour, enregistre une lourde défaite, à l'image de celle de Franck Louvrier, l'ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, corrigé par la candidate REM Sandrine Josso (61,11% des voix) dans la 7e circonscription de Loire-Atlantique, l'unique siège du département encore aux mains des Républicains dans l'Assemblée sortante.
Seuls Jean-Charles Taugourdeau (LR) et Yannick Favennec (UDI), réélus dans le Maine-et-Loire et en Mayenne, résistent au raz-de-marée de la République en marche. Jean-Charles Grelier (LR) succède lui à Dominique Le Méner, également LR, dans la cinquième circonscription de la Sarthe. La France insoumise, qui avait qualifié quatre candidats au second tour en LoireAtlantique, dans des circonscriptions englobant les grandes villes socialistes de Nantes, Rezé et Saint-Nazaire, n'a pas transformé l'essai. Le FN était lui absent de tous les duels dans la région.

Centre-Val de Loire

La République en marche (REM), présente dans toutes les circonscriptions, a raflé dimanche 13 des 23 sièges de députés de la région Centre-Val de Loire, où la droite a résisté tandis que les candidats de gauche, dont l'ancienne ministre Marisol Touraine, ont été balayés. L'abstention dans la région dépasse 50% des inscrits, la désaffection des électeurs flirtant même avec les 60% en comptant les bulletins blancs et les nuls.
Dans la 3e circonscription d'Indre-et-Loire, l'ex-ministre socialiste de la Santé Marisol Touraine et députée sortante a été sévèrement battue par la candidate UDI Sophie Auconie malgré l'absence de candidat macroniste face à elle. Marisol Touraine ne bénéficiait ni du soutien des militants locaux REM ni de celui des socialistes tourangeaux, outrés qu'elle ait escamoté le logo du PS à sa permanence et sur ses affiches. Profitant de ce contexte, Sophie Auconie, élue avec 56,59% des voix, est la seule rescapée de la vague macroniste dans les cinq circonscriptions tourangelles.
REM a fait carton plein dans le département du Cher en remportant les trois circonscriptions, dont deux étaient tenues par le parti socialiste et le parti communiste. Dans les quatre autres départements de la région, la droite (LR et UDI) a réussi à faire jeu égal avec les candidats REM, voire à prendre l'avantage, comme dans l'Eure-etLoir où les macronistes doivent se contenter de la 1ère des 4 circonscriptions du département. Dans la 4e, l'UDI Philippe Vigier a même conservé son siège avec un score sans appel de 70,38% des suffrages.
Dans le Loir-et-Cher, le président du Conseil départemental et ancien ministre Maurice Leroy (UDI) a également confirmé son implantation locale en conservant son siège avec 61,06% des voix face à la candidate macroniste Marlène Martin. Le leader de la "droite forte" Guillaume Peltier (LR) a quant à lui décroché un siège au Palais Bourbon avec 53,93% des voix. Dans la 1ère circonscription, le candidat Modem Marc Fesneau soutenu par le parti macroniste l'a aisément emporté face au frontiste Michel Chassier avec 69,15% des suffrages, sans pour autant réduire l'abstention (54,93%).
Dans le Loiret, la macroniste Caroline Janvier a fait mordre la poussière au baron LR Serge Grouard, ancien maire d'Orléans, en recueillant 51,23% des suffrages. Les Républicains ont cependant réussi à conserver trois des six circonscriptions du département. Enfin, dans l'Indre, si le REM François Jolivet a terrassé (70,42% des voix) la candidate du Front National Mylène Wunsch dans la 1ère circonscription, le candidat LR Nicolas Forissier a réussi à reconquérir son siège de député avec 51,69% des suffrages face à la candidate MODEM investie par La République en Marche! Sophie Guérin.
 

Corse

Les nationalistes corses ont remporté dimanche un succès sans précédent en envoyant pour la première fois trois députés à l'Assemblée nationale, sur les quatre circonscriptions que compte l'île de Beauté.
Les leaders nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni - à la tête de la collectivité locale de l'île depuis le succès des nationalistes aux élections territoriales de 2015 - ont tous deux salué "une victoire historique". Ils ont rejoint l'un des trois élus du jour, Michel Castellani, à l'ancienne mairie de Bastia, où ils ont lu les résultats et entonné l'hymne corse. Dans une ambiance de liesse, cette victoire a été saluée par quelques centaines de leurs sympathisants, agitant pour certains le drapeau corse.
Le mouvement "Pé a Corsica" ("Pour la Corse") a remporté les deux circonscriptions de Haute-Corse, Michel Castellani s'imposant dans la 1re (Bastia) et Jean-Félix Acquaviva dans la 2e. En Corse-du-Sud, où la victoire de "Pé a Corsica" était plus incertaine, Paul-André Colombani a raflé la circonscription de Bonifacio (2e) contre le député sortant LR Camille de Rocca Serra (44,78%). Les nationalistes ont seulement été battus dans la 1re circonscription de Corse-duSud, où Jean-Jacques Ferrara (LR) a été élu dès le 1er tour. Ces résultats sont "un signe indiscutable de l'avancée de nos idées", a déclaré à l'AFP Michel Castellani (60,81% des voix). "Le président doit comprendre qu'il peut marquer d'une pierre blanche son mandat en étant le premier président à faire évoluer la situation en Corse". Ce professeur d'économie septuagénaire a éliminé le député sortant LR Sauveur Gandolfi-Scheit, également maire de Biguglia.
A Bastia notamment, devenu un bastion nationaliste depuis la victoire de Gilles Simeoni aux municipales de 2014, Michel Castellani a décroché 63,87% des suffrages. Gilles Simeoni, président de la collectivité territoriale corse, a dit avoir une pensée pour "celles et ceux qui se sont battus depuis des décennies". "Les Corses aujourd'hui ont très majoritairement décidé qu'il fallait que nous écrivions tous ensemble une nouvelle page de l'histoire de cette île", a-t-il estimé auprès de l'AFP. Pour Jean-Guy Talamoni, le président de l'assemblée de Corse, la vague nationaliste "va avoir par son ampleur des conséquences au-delà de la mer". "Je pense qu'à Paris, ils doivent se poser un certain nombre de questions ce soir, et se dire que d'avoir traité pendant un an et demi par le mépris, la décision des Corses en 2015, de ne pas avoir ouvert un dialogue sérieux avec les représentants de la Corse ça a été une faute politique majeure", a-t-il déclaré à l'AFP.
Aux élections territoriales de décembre 2015, les nationalistes avaient déjà remporté une victoire historique. Le résultat des législatives marque une nette progression par rapport à ce dernier scrutin, et bien sûr par rapport aux législatives de 2012, quand les nationalistes s'étaient qualifiés pour le second tour dans deux circonscriptions seulement
Dans la deuxième circonscription de Haute-Corse, le président de l'office des transports Jean-Félix Acquaviva, 44 ans, a écrasé son adversaire Francis Giudici (REM) de près de 30 points. "C'est le rassemblement, l'union qui a porté ses fruits et nous a porté bien au-delà des seuls nationalistes", a-t-il déclaré à l'AFP. Prochaine étape pour les nationalistes corses : le vote attendu à la fin de l'année pour la collectivité unique de Corse, qui doit voir le jour en 2018 de la fusion de la collectivité territoriale actuelle et des deux départements de l'île.

Outre-mer

Une ministre et une ex-ministre des Outre-mer réélues, seulement deux élus officiellement investis République en Marche qui l'emportent, onze députés sortants reconduits et une première femme députée en Martinique: c'est ce que l'on pourrait retenir des élections législatives en Outre-mer. La République en Marche, qui n'avait pas de candidats dans tous les territoires, n'a réussi à sauver que deux des onze candidats investis (sur 27 circonscriptions ultramarines), en Guadeloupe et en Guyane, même si plusieurs, qui n'avaient pas l'investiture, sont Macron-compatibles, et prêts à rejoindre la majorité présidentielle.
MARTINIQUE - Les électeurs de Martinique ont élu samedi pour la première fois une femme députée, l'ancienne présidente du conseil général Josette Manin (DVG), et reconduit trois députés sortants: Bruno-Nestor Azérot (DVG), Serge Letchimy (DVG) et Jean-Philippe Nilor (REG).
GUADELOUPE - Un seul député REM, Olivier Serva, a été élu. Deux députés Divers gauche, Justine Benin et Max Mathiasin, et une élue PS, Hélène Vainqueur-Christophe, ont remporté les autres sièges. Hormis la candidate PS, les autres ont assuré marcher pour la "majorité présidentielle".
SAINT-BARTHELEMY / SAINT-MARTIN - La candidate LR Claire Javois, soutenue par les deux présidents des collectivités territoriales, l'emporte avec 54,73% des suffrages, sur la candidate de la République en marche, Inès Bouchaut-Choisy. GUYANE Les électeurs de Guyane ont réélu samedi dans la 1ère circonscription le député sortant DVG Gabriel Serville (face à une candidate REM), et ont choisi un jeune député bushinengué de 25 ans, Lenaïck Adam, investi par La République en marche, dans la 2e, où il l'emporte face au syndicaliste et porte-parole du mouvement social Pou Lagwiyann dékolé Davy Rimane.
SAINT-PIERRE ET MIQUELON - La ministre des Outre-mer Annick Girardin, qui briguait un troisième mandat de députée sous l'étiquette PRG, mais soutenue par la République en Marche, a été réélue députée de justesse avec 51,87% des voix, face au vice-président du conseil territorial Stéphane Lenormand (Archipel Demain), et restera donc au gouvernement.
LA REUNION - Trois députés sortants, l'ex-ministre PS des Outre-mer Ericka Bareigts, la DVG Huguette Bello et le Modem Thierry Robert ont été réélus. La seule candidate REM ayant résisté au premier tour, Monique Orphé, a été battue par une candidate LR, Nadia Ramassamy. La droite locale obtient deux autres sièges. Nathalie Bassire (LR) a été élue face au candidat divers droite Jacquet Hoarau, et le LR David Lorion l'emporte face à la candidate PS Virginie Gobalou. La surprise est venue de Jean-Hugues Ratenon, ancien militant du parti communiste réunionnais qui l'a emporté (52,88%) sur le LR Daniel Gonthier.
MAYOTTE - Deux candidats Les Républicains, Elad Chakrina et l'ancien député Mansour Kamardine, ont été élus. Elad Chakrina l'emporte de seulement 12 voix face à la candidate socialiste Ramlati Ali, qui rêvait d'être la première femme députée de Mayotte. POLYNESIE Deux des trois candidats soutenus par la majorité locale du président Édouard Fritch, la députée sortante Maina Sage (UDI) et Nicole Sanquer, ont été élus, mais le troisième, Patrick Howell, a été battu par l’indépendantiste Moetai Brotherson, gendre du leader autonomiste Oscar Temaru.
NOUVELLE-CALEDONIE - Philippe Gomès, leader du parti Calédonie Ensemble et député sortant UDI, a été réélu dans la seconde circonscription de Nouvelle-Calédonie tandis qu'un de ses proches, Philippe Dunoyer, a remporté l'autre siège de l'archipel au Palais Bourbon.
WALLIS ET FUTUNA - Le député sortant Napolé Polutélé a été le seul député ultramarin élu dès le premier tour. Apparenté au groupe socialiste dans la dernière législature, Il a anoncé qu'il siégerait dans la majorité présidentielle.

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