Personnes âgées - Paris adopte un plan Seniors 2017-2021 et devient une ville amie des aînés


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Le conseil de Paris a adopté, lors de sa session des 7 et 8 juin, un plan en faveur des seniors couvrant la période 2017-2021. Ce "schéma parisien en direction des seniors" a été adopté à l'unanimité. Il ne doit pas être confondu avec un schéma gérontologique classique, comme en atteste la très faible place donnée aux structures d'hébergement comme les Ehpad. Pour Anne Hidalgo, ce plan "change le regard sur les seniors, qui ne doivent plus être vus simplement au regard de la dépendance, mais de façon positive, optimiste et constructive". Il vise les 470.000 Parisiens de plus de 60 ans, soit 20,8% de la population de la capitale (contre une moyenne nationale de 24,4%).

Une démarche participative

Sa première originalité est d'avoir été conçu selon une démarche participative. Ainsi, un "Silver Think Tank" - en français un "laboratoire d'idées sur le bien-vieillir" - a rassemblé 44 chercheurs, experts et responsables associatifs, qui se sont penchés sur différents thèmes relatifs au vieillissement en milieu urbain, afin d'alimenter la réflexion collective.
La ville a ensuite mené une importante concertation citoyenne auprès des seniors. Pour cela, 2.800 Parisiens de plus de 60 ans ont été tirés au sort sur les listes électorales, "en prenant en compte la représentation de la diversité des vingt arrondissements parisiens", en vue de participer à une conférence citoyenne. Dans ce cadre, 180 seniors de tous âges ont participé à des ateliers de travail, "au cours desquels ils ont pu échanger sur leurs modes de vie, leurs attentes et leurs besoins". Ces rencontres ont débouché sur la rédaction d'un rapport servant de base au plan.

Trois axes directeurs et quinze engagements

Le plan comprend trois axes directeurs d'inégale importance : l'information et la communication à destination des seniors ; les seniors, acteurs du développement de Paris, ville inclusive et innovante ; la prévention et l'accompagnement des fragilités. Ces trois axes directeurs se déclinent en quinze "engagements", sur lesquels la délibération est un peu avare de précisions.
Le premier axe se limite à un engagement de garantir la circulation, la qualité et la lisibilité de l'information à destination des seniors. Le second axe est plus riche, avec six engagements. Ceux-ci prévoient ainsi d'encourager la participation des seniors retraités à la vie de la cité, de renforcer les liens intergénérationnels, de favoriser l'adaptation des logements aux spécificités liées à l'âge, de construire une ville accessible et d'accompagner la mobilité, mais aussi d'encourager une innovation adaptée à l'avancée en âge et de soutenir l'usage du numérique.
Le troisième axe est le plus fourni, avec huit engagements. Excepté le dernier - consistant à favoriser l'accessibilité financière et la qualité de l'accueil en établissement d'hébergement -, ces engagements sont fortement tournés vers le maintien à domicile et l'adaptation de la ville au vieillissement. Il s'agit, par exemple, d'accompagner les moments de transition pour anticiper les fragilités, de renforcer la protection des seniors dans la ville, de développer l'accompagnement des personnes les plus fragiles et les plus précaires ou encore de lutter contre l'isolement. Le plan prévoit aussi de promouvoir la bientraitance et de prévenir les discriminations, de soutenir la vie à domicile et d'accompagner les aidants.

Paris, 90e ville amie des aînés

En pratique, le plan égrène diverses mesures concrètes, comme l'offre sportive en encourageant par exemple la randonnée ou la location de vélos électriques ou à trois roues, le développement d'innovations en domotique ou en mobilité par des start-up, ou encore la relance du logement intergénérationnel avec des étudiants. Il est également prévu de créer six "maisons des aînés et des aidants", avec un guichet unique pour s'informer et centraliser les aides. Un système de pension de famille est également à l'étude pour accueillir les SDF vieillissants, de même qu'une réflexion va être engagée sur la possibilité d'un "viager" municipal.
L'adoption de ce "schéma parisien en direction des seniors" s'accompagne de l'adhésion de la ville de Paris, le 19 juin, au Réseau francophone des villes amies des aînés, présidé par François Rebsamen, le maire de Dijon. Cette adhésion constitue un renfort de poids pour l'association, qui compte à ce jour 89 collectivités adhérentes, dont déjà quelques grandes villes comme Angers, Besançon, Bordeaux, Brest, Dijon, Grenoble, Le Havre, Lyon, Metz, Mulhouse, Nancy, Nice, Rennes, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon et Toulouse. La ville de Paris rejoint aussi deux autres grandes villes ou capitales francophones : Bruxelles et Genève.


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