Budgets locaux - Les directeurs généraux des grandes collectivités traquent les économies

DGC
© DR | DGC

L'association Dirigeants grandes collectivités a lancé une réflexion sur les leviers d'économies que pourront actionner les collectivités et les EPCI dans les années à venir.

Quasiment tous les candidats qui ont de fortes chances de se qualifier dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle opéreront, en cas d'élection le 7 mai prochain, un nouveau tour de vis sur les collectivités territoriales. Partant de ce postulat, le conseil d'administration de l'association Dirigeants grandes collectivités (DGC) a récemment réfléchi à des pistes d'économies dans le secteur public local. Au cœur des solutions qu'elle propose : la définition de nouvelles modalités d'exercice des compétences partagées par tous les niveaux de collectivités territoriales, à savoir la culture, le sport et le tourisme. Pour une clarification dans ce domaine, il n'est pas forcément besoin d'avoir recours à des textes. Pour les responsables de DGC, la mise en place d'organes informels de gouvernance peut permettre aux collectivités territoriales et aux EPCI de se concerter et d'arrêter une stratégie. Il est possible, selon eux, de s'inspirer des structures de gouvernance territoriale, de plus en plus nombreuses aujourd'hui, qui dans le domaine économique par exemple, font travailler ensemble secteurs public et privé.

Quelle qualité de service ?

Les lignes devront nécessairement bouger également dans le bloc des compétences obligatoires des collectivités territoriales, estiment les DGS et DGA des grandes collectivités territoriales. Avec, en perspective, des choix que les élus devront effectuer probablement sur le niveau de qualité des politiques publiques.
S'agissant des compétences, certaines clarifications législatives apparaissent aussi nécessaires, aux yeux des responsables de DGC. "La loi relative à la nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015 laisse des points en suspens", explique Jean-Charles Manrique, DGA des services de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur en charge de l'économie et président de DGC. Il faudrait, selon lui, étudier l'éventualité d'une définition plus précise du chef de filat en matière économique qui est attribué aux régions. Autre sujet à remettre sur le métier, selon lui : l'obligation pour les départements de céder deux tiers de leurs parts sociales dans des sociétés d'économie mixte à caractère économique. "Des précisions seraient nécessaires. Il ne s'agit pas de céder ces parts sociales à bas prix ou de façon inconsidérée. De plus, la loi n'indique pas que la région doit les reprendre", pointe Jean-Charles Manrique. Pour qui, avant d'envisager tout plan d'économies, il sera indispensable d'associer les citoyens aux décisions qui seront prises, notamment par le biais des outils numériques.

Des travaux consacrés au métier de DG

DGC approfondira à partir de l'été prochain la réflexion entamée par son conseil d'administration. Des groupes de travail régionaux vont être constitués à cette fin.
En janvier dernier, DGC a pris la suite de l'Association des directeurs généraux des grandes collectivités (ADGGC). Ouverte aux DGS et aux DGA des régions, des départements, des métropoles et des intercommunalités et des communes de plus de 150.000 habitants, elle s'est donnée une orientation résolument "métier". A la différence d'autres associations de cadres territoriaux, elle exclut donc de porter des revendications corporatistes et plus encore d'"entrer dans un jeu politique", selon son président.

"Le DGS assoit davantage sa légitimité sur la connaissance des politiques publiques"
Dans un contexte de profondes mutations (non seulement institutionnelles et financières, mais aussi techniques avec notamment la digitalisation), les qualités attendues des DGS évoluent, observe Jean-Charles Manrique. Selon lui, les compétences techniques prennent désormais une place plus importante. "Les élus attendent aujourd'hui des directeurs généraux qu'ils sachent de quoi ils parlent. Ce n'était pas forcément le cas durant les quinze dernières années où ils étaient attachés à des DG qui savent manager les troupes". Pour le président de DGC, les équipes attendent aussi de la part de leur DG une bonne connaissance technique et, en plus, une approche très humaine. "Ils veulent que l'on fasse passer les décisions difficiles avec une réelle humanité".

Pour aller plus loin

Lire aussi