Tourisme : le prochain gouvernement va trouver à qui parler !


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© W. Beaucardet / REA |

Sept fédérations professionnelles du secteur du tourisme annoncent leur volonté de se regrouper au sein d'une "Confédération du tourisme" qui pourrait voir le jour dès cet été. Ce rapprochement est la conséquence de l'article 25 de la loi "El Khomri" qui vise à réduire le nombre de branches professionnelles pour favoriser la "négociation de branche". La première action de lobbying envisagée sera de convaincre le futur gouvernement de faire de l'économie touristique "une affaire d'Etat".

C'est une petite révolution dans le monde - traditionnellement très dispersé - des acteurs du tourisme : à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, sept grandes fédérations professionnelles annoncent, dans un communiqué commun du 19 avril, "leur volonté de travailler ensemble et de communiquer ensemble". Avec un double objectif affiché : porter le tourisme auprès du futur gouvernement et de la prochaine majorité, et défendre et promouvoir ensemble l'industrie du tourisme. Une démarche qui devrait rapidement déboucher sur la création d'une "Confédération du tourisme".

Une conséquence de la loi El Khomri

Les sept fédérations qui ont ainsi décidé "d'unir leurs forces" sont le Comité des armateurs fluviaux (CAF), les Entreprises du Voyage, la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA), le Groupement national des chaînes (GNC), le Syndicat des entreprises de Tour Operating (Seto), le Syndicat national des résidences de tourisme (SNRT) et l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih).
Les sept organisations signataires se disent "convaincues que le tourisme est le secteur d'avenir de l'économie française". Pour elles, "la priorité est de faire du tourisme une affaire d'Etat, afin de gagner un point de PIB d'ici cinq ans. L'objectif est d'oxygéner nos entreprises afin de favoriser la création d'emplois. Le gouvernement doit reconnaître sans ambiguïté les dimensions économique, sociale et culturelle du tourisme".
Ce rapprochement ne doit rien au hasard, ni même à la période pré et post-électorale. Il s'agit d'une conséquence directe de l'article 25 de la loi du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dite loi "El Khomri".

Un paysage en pleine transformation

Cet article donne au ministre du Travail la possibilité d'engager des fusions de branches professionnelles, avec pour objectif de réduire à 200 le nombre de branches, contre près de 700 aujourd'hui. La démarche de rationalisation ouverte par la loi résulte elle-même de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale, qui entendait dynamiser la négociation de branche en concentrant le nombre d'acteurs.
Un décret du 19 octobre 2016 relatif à la procédure de restructuration des branches professionnelles accélère la démarche en précisant notamment la procédure de concertation applicable aux opérations de restructuration de ces branches.
Réunis à plusieurs reprises depuis le début de l'année, six des sept signataires - la FNHPA n'est pas citée par le communiqué au titre de cette démarche - travaillent donc "ensemble pour mener à bien la réforme de la restructuration des branches professionnelles prévue pour 2019, être les acteurs moteurs de la création de la future branche Tourisme, et bâtir les fondations de la prochaine Confédération du tourisme". La création de cette confédération pourrait intervenir dès cet été.
Si elle se concrétise, elle changera profondément le paysage du secteur. Cette nouvelle structure représenterait une bonne partie des acteurs de terrain du tourisme, principalement des petites et moyennes entreprises (même s'il manque certains acteurs comme ceux des transports). Pour leur part, les grandes entreprises du tourisme - Accor, Aéroports de Paris, BNP Paribas, Caisse des Dépôts, Compagnie des Alpes, Disneyland Paris, Elior, Groupe Galeries Lafayette, GL Events, Kering, SNCF... - sont déjà regroupées au sein de l'Alliance 46-2 (voir notre article ci-dessous du 4 février 2016). Celle-ci tient toutefois davantage du groupe de réflexion - et de pression - que de la fédération professionnelle.
Face à cette structuration du paysage touristique chez les acteurs privés, les acteurs publics locaux n'auraient-ils pas intérêt d'envisager, à leur tour, de parler d'une seule voix ?


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