Habitat / Politique de la ville - Action Logement s'allie à l'USH pour réclamer un retour en force de l'Etat dans la rénovation urbaine


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Démolition de la dernière tour "la Misaine" dans le quartier du Sierroz
© Mairie d'Aix-les-Bains | Démolition de la dernière tour "la Misaine" dans le quartier du Sierroz

A l'approche des élections présidentielles et législatives, Action Logement et l'USH (Union sociale pour l'habitat) se rapprochent pour réclamer le retour de l'Etat dans le financement de la politique de rénovation urbaine. Pour l'USH, cet appel au retour de l'Etat est une constante depuis plusieurs années. Il y a seulement deux mois, les organismes HLM appelaient déjà l'Etat à "faire des quartiers prioritaires de la ville (QPV) une priorité de sa politique budgétaire" (voir notre article ci-dessous du 17 février 2017). Et, il y a deux ans, dans le cadre de la préparation de la future loi Egalité et Citoyenneté, l'USH demandait le retour de l'Etat dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (voir notre article ci-dessous du 6 mars 2015).

Un financement déséquilibré

Action Logement a effectivement tout à gagner à se rapprocher de l'USH. Le communiqué des deux organisations observe en effet qu'en matière de rénovation urbaine, "l'effort financier repose presque exclusivement sur les épaules d'Action Logement, dont les ressources ne suffisent pas". Dans ces conditions, "comment comprendre que sur un tel sujet, au cœur du malaise de notre société, l'Etat, au plan financier, soit désormais absent ?". Deux allusions transparentes au déport progressif du financement de la rénovation urbaine à la charge d'Action Logement... Aujourd'hui, sur une dotation de l'actuel programme national de rénovation urbaine (PNRU) de six milliards d'euros sur dix ans, Action Logement apporte cinq milliards d'euros, contre seulement un milliard d'euros pour l'Etat. Et ce dernier a en tête une répartition du même ordre pour le nouveau programme (NPNRU), dont la phase de préfiguration vient de s'achever.

Paroles, paroles...

Certes, Manuel Valls avait fait part, devant le congrès de l'USH en septembre dernier, "d'organiser le retour de l'Etat dans le financement de l'Anru" (voir notre article ci-dessous du 27 septembre 2016). Et, un mois plus tard, devant le premier Forum national des conseils citoyens, François Hollande annonçait qu'un milliard d'euros supplémentaires serait alloué à l'Anru en faveur du NPNRU. Cette somme doit s'ajouter aux cinq milliards d'euros déjà prévus et dont le financement doit reposer à 93% sur Action Logement, ce qui revient à peu près à la répartition du PNRU actuel... (voir notre article ci-dessous du 31 octobre 2016).
Devant cet engagement plus que mesuré et qui tarde d'ailleurs à se concrétiser, Action Logement et l'USH considèrent que les moyens envisagés apparaissent "encore très insuffisants". Les deux organisations réclament donc à la fois "un doublement des moyens du NPNRU afin qu'ils atteignent ceux du premier programme de rénovation urbaine" (qui se sont finalement élevés à 12 milliards de subventions pour 42 milliards d'investissements) et "l'assurance d'un retour de l'engagement réel et pérenne de l'Etat". Aussi les présidents de l'USH et d'Action Logement demandent-ils "que la politique de rénovation urbaine soit reconnue comme une priorité nationale et que l'Etat affiche sans ambiguïté son retour financier, à parité avec Action Logement". Une demande à quelques milliards d'euros...


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