Tourisme - Fréquentation touristique après les attentats : la résilience n'est pas un vain mot

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Le redressement de la fréquentation touristique - et notamment les arrivées de touristes étrangers - se faisait déjà sentir, à l'échelle de la France, au dernier trimestre 2016 (voir notre article ci-dessous du 8 février 2017). Mais la publication, par l'office du tourisme et des congrès de Paris (OTCP), d'un premier bilan sur les dernières semaines de l'année 2016 et les premiers mois de 2017 montre que la reprise s'étend désormais à la capitale, un peu plus d'un an après les attentats de novembre 2015. Le titre du communiqué de l'OTCP - "Franche reprise de la fréquentation touristique à Paris" - ne laisse d'ailleurs guère de doute sur la tendance générale.

Les arrivées hôtelières en hausse de 20% à Paris

Les arrivées hôtelières dans le Grand Paris ont ainsi progressé de 19,5% en décembre 2016 par rapport au même mois de 2015, autrement dit au lendemain des attentats. Cette progression est plus spectaculaire encore pour les touristes étrangers, dont les arrivées affichent une hausse de 28% sur un an.
Il pourrait s'agir, bien sûr, d'un simple rattrapage sur une période de référence particulièrement sombre. Mais les chiffres vont au-delà de cet effet "mécanique". En effet, les arrivées de décembre 2016 ont rattrapé le niveau de décembre 2014, donc avant les attentats de janvier. Ce net redressement d'ensemble recouvre toutefois de fortes disparités selon les nationalités. Certains pays d'origine restent encore en net recul par rapport à décembre 2015 - notamment le Japon, l'Italie et la Russie -, tandis que d'autres affichent au contraire une forte progression "traduisant une tendance de fond positive" : Chine (+40%), Etats-Unis (+31%), Asie hors Chine et Japon (+24%), Moyen-Orient (+17%)...
Le mois de janvier 2017 confirme la tendance de décembre, avec des arrivées hôtelières dans le Grand Paris en hausse de 20,1% par rapport à janvier 2016 et de 28,7% pour les touristes étrangers. Le communiqué indique que "le niveau atteint en janvier 2017 constitue même un record pour un mois de janvier au cours des dix dernières années" (même si janvier est un mois particulièrement creux en termes d'arrivées).

Taux d'occupation et arrivées aériennes également à la hausse

Le communiqué de l'OTCP cite également d'autres sources qui confirment que le redressement de la fréquentation semble bien installé. Les taux d'occupation hôtelière sont ainsi en hausse de 8,4 points en janvier 2017 et de 5,6 points en février, par rapport aux mois équivalents de 2016. De même, à la fin du mois de février 2017, les arrivées aériennes internationales pour le trimestre en cours étaient en hausse de 11,1%, avec un effet rattrapage sur les pays d'origine jusqu'alors les plus frileux : +77% pour le Japon, +69,4% pour la Russie, +30,9% pour le Brésil.
Pour Pierre Schapira, président de l'OTCP, "ces indicateurs révèlent un net retournement de la conjoncture touristique à Paris dont tous les professionnels se réjouissent".

Premiers frémissements à Nice et sur la Côte d'Azur

La ville de Nice - autre destination touristique majeure pour le tourisme international - a été touchée à son tour par un attentat, le 14 juillet 2016, et a connu également un net recul de sa fréquentation touristique.
La baisse de fréquentation hôtelière durant l'été 2016 a ainsi été de 15,5% à Nice, de 9,5% sur les Alpes-Maritimes, de 8,6% sur le littoral de la Côte d'Azur et de 4,9% sur la région Paca (contre -2,5% sur l'ensemble de la France et -12,4% sur l'Ile-de-France).
Comme à Paris, la tendance semble aujourd'hui en cours d'inversion. Certes, la fréquentation du Carnaval de Nice, en février 2017, affiche un recul d'environ 10% des entrées payantes. Mais cette baisse est nettement moins prononcée que ce qui était attendu. Pour Rudy Salles, député des Alpes-Maritimes et adjoint au maire de Nice, "c'est vraiment un bon résultat, on s'attendait à ces choses plus alarmantes. La fête a eu lieu, elle a été belle et tout le monde attendait ça pour qu'après le 14 juillet, on retrouve l'esprit de la fête".
De même, le comité régional du tourisme Côte d'Azur fait état d'"une courbe de fréquentation touristique en légère progression pour cette fin d'année 2016". A Nice même, le redressement est à l'œuvre depuis le mois de novembre. Le CRT précise que l'occupation des hôtels et des résidences de tourisme des Alpes-Maritimes a gagné un point en novembre, repassant ainsi la barre des 40%, "ce qui n'était plus le cas depuis novembre 2012". Pour sa part le nombre de nuitées a augmenté de 5% à la fin de 2016.
Ce phénomène de résilience du tourisme après des attentats n'est en rien propre à la France. Il a également été observé à Londres ou à Madrid. Sa rapidité varie cependant selon les pays, mais aussi selon la nature et la gravité des attentats. 

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