Pacte métropolitain d'innovation - Près de 13 millions d'euros pour la métropole du Grand Lyon


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De gauche à droite, Jean-Michel Baylet, Gérard Collomb et Henri-Michel Comet, le lundi 20 mars
© J-M. Baylet | De gauche à droite, Jean-Michel Baylet, Gérard Collomb et Henri-Michel Comet, le lundi 20 mars

Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du territoire, des Collectivités territoriales et de la Ruralité, et Gérard Collomb, président de la métropole de Lyon, ont signé, lundi 20 mars, le pacte métropolitain d’innovation du Grand Lyon. Nice fermera prochainement la marche, avant d'étendre ces pactes aux sept nouvelles métropoles.

12,9 millions d’euros (sur un montant total de projets de 121 millions d’euros) : c’est le montant mis sur la table par l’Etat pour le pacte métropolitain d’innovation du Grand Lyon, baptisé un peu pompeusement "Lyon Living Lab Métropole numérique". Ce "contrat de plan" métropolitain a été officiellement signé le 20 mars par Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du territoire, des Collectivités territoriales et de la Ruralité, et Gérard Collomb, président de la Métropole de Lyon. Il est le quatorzième du genre (15 doivent être signés conformément au pacte Etat-métropoles du 6 juillet 2016, avec une enveloppe de 150 millions d’euros du fonds de soutien à l’investissement local), mais il revêt ici une dimension particulière puisque la métropole a absorbé une grande partie de l’ancien département.
A côté de l’Etat, la Caisse des Dépôts apporte pour sa part 372.800 euros pour des dépenses d’ingénierie qui serviront à des actions sous maîtrise d’ouvrage de la métropole.

Ville intelligente

Sur l’enveloppe de l’Etat, 5,57 millions d’euros financeront le volet "ville intelligente", composé de trois projets innovants : mise en place et suivi d’expérimentations sur les réseaux de distribution d’électricité intelligents, déploiement d’une plateforme de diffusion de données (data.grandlyon.com) et déclassement de l’autoroute A6-A7 en boulevard urbain. 3,19 millions d’euros iront par ailleurs à la transition énergétique, notamment à la réhabilitation de plus de 600 logements sociaux et à la mise en œuvre du plan de prévention des risques technologiques de la Vallée de la chimie. Enfin 4,14 millions d’euros seront alloués à l’excellence économique et au rayonnement international : développement des équipements de recherche et réalisation de la Cité internationale de la gastronomie attendue pour 2018 au cœur du Grand Hôtel-Dieu. Un projet qui, au passage, semble directement entrer en concurrence avec la Cité internationale de la gastronomie et du vin du Grand Dijon annoncée pour 2019.

Cette cité de la gastronomie lyonnaise, avec la mise en œuvre du PPRT, constitue le volet coopération de ce pacte. En effet, à côté de l’innovation, le gouvernement a souhaité renforcer les échanges avec les territoires proches, périurbains ou ruraux. Une réponse aux craintes de ces territoires quant au tropisme métropolitain, confirmées encore dans une motion arrêtée ce week-end par l’Association des maires ruraux de France (AMRF) pour qui "la création de métropoles ne peut être la réponse unique aux problématiques d’organisation territoriale et d’occupation de l’espace".

Transferts de revenus

Ce volet coopération s’inscrit dans la continuité des "contrats de réciprocité ville-campagne" lancés à titre expérimental en 2015 sur une idée du député du Cantal Alain Calmette. La métropole de Lyon devait s’associer dans ce cadre au pays d’Aurillac… présidé par Alain Calmette. Mais cette alliance surprenante de deux territoires distants de 300 km n’aura pas convaincu. Aussi le nouveau volet coopération de la métropole de Lyon ne reprend pas ce contrat. Il semble cependant un peu maigre au regard des enjeux. Gérard Collomb s’était offert les services de Laurent Davezies, professeur au Cnam et avocat notoire de la métropolisation qui, dans un rapport, soulignait les transferts de revenus entre la métropole et ses environs. Hasard du calendrier, l’Insee a publié le jour-même de la signature du pacte une note intitulée "Métropole de Lyon : le tiers des salaires sont versés à des actifs qui n’y résident pas" (voir encadre ci-dessous). Une occasion de relancer le débat sur les relations complexes entre la métropole et son environnement.  

Après la signature de ce quatorzième pacte métropolitain, Nice fermera prochainement la marche, mais le gouvernement a récemment annoncé que les sept nouvelles métropoles issus de la loi Statut de Paris et Aménagement métropolitain (Dijon, Orléans, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand, Tours, Toulon, Metz) prolongeraient la liste."Ce qui a été possible avec 15 métropoles doit l'être demain pour 22 et, au-delà, je le souhaite, pour toutes les agglomérations qui rayonnent sur un territoire qui dépasse leurs frontières institutionnelle", avait déclaré Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine, lors de la réunion des 22 présidents de métropoles, le 1er mars à Matignon. 

 

A Lyon, les "flux de navetteurs" représentent 6 milliards d'euros

L'aire urbaine de Lyon génère 53 milliards d’euros de richesse (ce qui en fait la deuxième derrière Paris), montre une étude de l'Insee Auvergne-Rhône-Alpes, publiée ce 20 mars. A elle seule, la métropole en concentre les trois quarts. Mais le tiers des salaires des entreprises de la métropole sont versés à quelque 180.000 salariés résidant en dehors. Ces "flux de navetteurs", comme les appelle l’Insee, représentent quelque 6 milliards d’euros (soit quatre milliards de plus que les salaires versés aux 64.000 habitants de la métropole qui, chaque jour, empruntent le chemin inverse). Même si, admet l’Insee, "les lieux de consommation de ces salaires ne sont pas connus". L'Insee distingue par ailleurs en un moteur économique constitué de Lyon et Villeurbanne, une partie Est qui produit beaucoup de richesse mais dont la population affiche un niveau de vie peu élevé, un partie Ouest Nord qui cumule forte production et haut niveau de vie et, enfin, des territoires à vocation plus résidentielle.
M.T.

 

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