Cartes d'identité : les maires ruraux fustigent la réforme, Bruno Le Roux en loue les mérites


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"Les nouvelles modalités imposées par l’Etat pour la délivrance des cartes d’identité sont inadaptées et défectueuses." Tel est le verdict posé par l'Association des maires ruraux qui, réunie à Lyon en assemblée générale ce samedi 19 mars, a consacré à cette question l'une de ses trois motions (les deux autres motions concernent pour leur part l’aménagement du territoire avec un "appel au retour de l’Etat" et le "refus de la hiérarchisation entre les habitants" face au développement des métropoles).
Ces nouvelles modalités : désormais, pour obtenir leur carte d'identité ou la faire renouveler, de nombreux Français ne pourront bientôt plus se rendre à leur mairie, car elle n'assurera plus ce service. Ils devront se déplacer dans l'une des quelque 2.000 mairies équipées d'une borne spéciale destinée à relever leurs empreintes biométriques (lire notre article du 28 février "La réforme des cartes d'identité entre en vigueur dans toutes les régions").
Or selon les maires ruraux, rien ne va. Les "défaillances repérées lors de la période de test" n'auraient pas été prises en compte, la nouvelle procédure n'aurait pas fait l’objet de "concertation suffisante préalable" avec ces maires – qu'il s'agisse du nombre de points de contact ou du choix des communes - et serait d'ailleurs "passée en force" au Conseil national d’évaluation des normes (CNEN). L'AMRF considère en tout cas que le nombre de points de contacts est aujourd'hui "notoirement insuffisant". Et demande que soit d'urgence engagée "une révision du dispositif" afin de "concilier plus efficacement besoins des citoyens et sécurisation des titres".

10.000 cartes d'identités délivrées chaque jour

Dans une interview parue la veille dans la presse quotidienne régionale (groupe Ebra), le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, a au contraire tenu à souligner que la réforme des modalités de délivrance des cartes d'identité préservait "la proximité du service public" : "On retrouve pour la carte nationale d'identité le même débat que celui au moment de la réforme du passeport. Or huit ans après, tout le monde reconnaît son efficacité. Avec 2.200 communes équipées, soit quasiment deux fois plus que le nombre d'intercommunalités (…), la réforme se fait au bénéfice des usagers."
"Après quelques semaines de mise en oeuvre, nous constatons une réduction des délais d'attente. Je dis aux communes : il n'y a pas d'éloignement" des citoyens, "il y a simplement une rationalisation sur l'ensemble du territoire", assure-t-il. Et le ministre de rappeler que pour éviter l'engorgement dans certaines mairies, "l'Etat a décidé d'accorder des financements d'un montant exceptionnel" : "Alors que ces communes percevaient 18,3 millions d'euros pour recueillir environ 5,6 millions de demandes de passeports et de cartes nationales par an, on leur verse 17,5 millions supplémentaires pour recueillir 2,2 millions de demandes en plus." "S'il faut ensuite faire des ajustements, nous les ferons", assure le ministre, en rappelant avoir "mis en place ces dernières semaines 280 dispositifs de recueil supplémentaires" et "250 autres seront installés dans les prochains mois". "D'ici à la fin de l'année, le nombre de ces dispositifs sera porté à plus de 4.000" et "une centaine de stations mobiles" seront également déployées pour les usagers ne pouvant se déplacer, insiste-t-il.
La réforme est entrée en vigueur dans dix régions de France métropolitaines sur 13. Elle s'achèvera avec les régions Auvergne-Rhône-Alpes le 21 mars, Bourgogne-Franche-Comté le 22 mars et Grand Est le 28 mars. Selon le ministère de l'Intérieur, 10.000 cartes d'identités sont délivrées quotidiennement avec les nouvelles modalités.