Les campagnes partent en campagne


Envoyer à un contact

Vos coordonnées

Coordonnées de votre/vos contact(s)

*Champs obligatoires.

© |

"Allons à la campagne et oublions Paris." La célèbre chanson de Kent, dans les années 1990, ferait un bel hymne pour les 31 associations - dont l’Association nationale des Nouvelles ruralités (ANRR), l’Associations des maires ruraux de France  (AMRF) ou l’Assemblée des communautés de France (ADCF) - qui, le 13 mars, interpelleront les candidats, dans un manifeste. Elles rappellent que la ruralité représente 60% de la population… et 23 millions d’électeurs. Et pourtant, "la pensée dominante reste essentiellement urbaine et la ruralité pâtit d’une concentration des pouvoirs, des services et des emplois qui participent de sa dévitalisation", fustigent ces associations.

Etats générEux de la ruralité

Avec ses "Etats générEux de la ruralité", l’AMRF avait pris les devants à l’automne dernier, au sein de ses associations départementales, pour réfléchir sur l'avenir du monde rural. 150 propositions ont pu ainsi remonter, qui seront officiellement présentées, le 18 mars, lors du congrès de l’association, à Lyon, avant d’être adressées aux futurs candidats aux élections présidentielle et législatives. "A chaque élection présidentielle, nous avions coutume de rencontrer les candidats pour qu'ils nous présentent leurs programmes", a déclaré son président, Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre (Indre), jeudi, lors d’une conférence de presse. "Mais ce qu'ils nous disaient, ce n'était pas forcément ce qu'ils voulaient faire, mais ce qu'ils pensaient qu'on voulait entendre. Cette année, on leur dit ce qu'on voudrait qu'ils fassent", a-t-il ajouté, d’après les propos rapportés par l’AFP. A cette occasion, l’AMRF a dévoilé 15 de ces mesures. La "proposition phare" serait de "réviser la Constitution en vue d’intégrer l’enjeu de l’espace", pour en faire "une réalité contraignante au même titre que l’égalité entre les citoyens". Au-delà de cette mesure qui est surtout de l’ordre du symbolique, les maires ruraux entendent "repenser le rôle de la mairie, première maison commune 'Maison de services publics' et développer la 'mairie numérique'". Ils invitent aussi à repenser le statut de l’élu, afin de mettre un terme à la disparité entre les élus communaux ruraux et les autres catégories (conseillers départementaux ou régionaux).

Statut de "médecin territorial"

L’AMRF reprend aussi ses thèmes de prédilection : le développement "en urgence" de l’internet mobile, de la 4G, de la fibre et autres alternatives, la lutte contre les normes "ruralicides", le droit à l’expérimentation et, bien sûr, la réforme de la dotation globale de fonctionnement (calculée au prorata du nombre d’habitants et pénalisant de ce fait les communes les moins denses) reportée il y a quelques mois. En matière de transport, l’association préconise de "verser des aides à la mobilité pour désenclaver les personnes isolées" et d’imposer à la SNCF de "redéployer un maillage adapté aux territoires ruraux en cohérence avec la compétence des conseils régionaux". Pour lutter contre les déserts médicaux, l’AMRF est notamment favorable à la création d’un statut de "médecin territorial".
Pour le président des maires ruraux, il est "très désagréable" de n’intéresser les médias nationaux qu’à l’occasion du "marronnier quinquennal" du parrainage des candidats. "Il serait grand temps que la campagne électorale aborde enfin les questions d’équilibre du territoire, de ruralité, d’organisation territoriale comme l’avenir de la commune, par exemple", soulignait-il dans un éditorial de la revue "36.000 communes" du mois de février. Un premier pas a été franchi, mercredi, avec le grand oral de six candidats par l’Assemblée des départements de France. Souhaitons aux associations que les promesses à venir ne se terminent pas en "grande illlusion"... titre du tout nouvel album de Kent.
 

Lire aussi