Energie - Production d'électricité en 2016 : baisse du nucléaire, hausse des renouvelables


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Pylône électrique
© AFP / Philippe Huguen | Pylône électrique

La production totale d'électricité en France a connu une baisse de 2,8% en 2016, selon le bilan annuel présenté par RTE le 15 février. Ce repli s'explique par la chute de près de 8% de la production nucléaire. La production d'énergies renouvelables a par contre progressé, permettant de couvrir près de 20% de la consommation d'électricité.

A 531,3 TWh, la production d'électricité a diminué de 2,8% en raison, en raison de la baisse de 7,9%, à 384 TWh, de la production nucléaire due à l'arrêt pour maintenance et contrôles de plusieurs réacteurs à partir de novembre, selon le bilan annuel publié le 15 février par RTE, filiale autonome d'EDF qui gère le réseau électrique à haute tension.
Faisant craindre pour la sécurité d'approvisionnement de la France, jusqu'à 21 des 58 réacteurs français avaient été stoppés fin 2016 par EDF, notamment afin de procéder à des contrôles destinés à démontrer la résistance de leurs générateurs de vapeur, qui présentaient une concentration excessive en carbone. La France a même connu un déficit d'offre en janvier 2017, avec 90.000 MW de capacités de production face à une consommation de 93.000 MW.

Les énergies renouvelables en hausse

Ce repli du nucléaire, qui reste la principale source de production électrique dans l'Hexagone avec une part de 72,3%, a été partiellement compensé par une envolée du gaz (+60,8% à 35,3 TWh) et la montée en puissance des énergies renouvelables (+4,8%), qui ont couvert près de 20% de la consommation française de courant.
Dans le détail, la production d'énergie éolienne s'est repliée de 1,8% à 20,7 TWh mais celle d'origine solaire a bondi de 11,3% à 8,3 TWh grâce à des conditions météo favorables, de même que la production hydraulique (+8,2% à 63,9 TWh). Au total, le vent et le soleil ont généré respectivement 3,9% et 1,6% de la production électrique française, et le gaz 6,6%.
Conséquence de la moindre disponibilité de l'atome, les exportations d'électricité de la France ont fortement diminué tout au long du second semestre, faisant chuter son solde exportateur de 36,6% à 39,1 TWh, un plus bas depuis 2010. Sur le seul mois de décembre, l'Hexagone a même importé un peu plus de courant qu'elle n'en a exporté vers ses voisins (solde importateur de 0,13 TWh), une situation inédite depuis février 2012, selon RTE. Durant cette période de tension, accrue par des indisponibilités de réacteurs en Belgique et en Suisse également, les prix de marché de l'électricité se sont envolés jusqu'à un sommet de 874 euros le mégawattheure début novembre, pour un prix moyen de 36,75 euros/MWh (-4,5%) sur l'année.

Echanges entre régions

Les régions les plus importatrices d'électricité sont l’Ile-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, la Bretagne et les Pays de la Loire. Leur approvisionnement en électricité passe par des flux importants en provenance des autres régions, en transitant par les régions limitrophes dans le cas de la Bretagne par exemple. Ces échanges sont assurés pour l’essentiel par le réseau public de transport, note RTE. Deux régions importent sur l’année à peu près autant d’électricité qu’elles n’en exportent : Hauts-de-France et Occitanie. "Ce bilan annuel, en apparence équilibré, masque des échanges qui peuvent être fortement importateurs ou exportateurs tout au long de l’année, relativise le gestionnaire du réseau. Par ailleurs, des flux importants existent au sein de ces territoires de grande superficie, entre les anciennes régions Poitou-Charentes et Limousin par exemple. Ces flux sont là aussi acheminés par les réseaux publics d’électricité". Les régions en excédent ou à l’équilibre de production sont celles accueillant sur leur territoire des groupes de production nucléaire, note-t-il.

Consommation relativement stable

La consommation électrique annuelle a augmenté de 1,5% à 483 térawattheures (TWh) l'an dernier, année bissextile qui a enregistré une température moyenne de 0,8 degré inférieure à celle de 2015, a précisé RTE. Corrigée de l'effet météorologique, la demande est toutefois restée stable pour la sixième année consécutive, à 473 TWh. Cette stabilité s'est observée tant chez les particuliers que dans le secteur des PME/PMI et la grande industrie (hors secteur de l'énergie), où la hausse de la sidérurgie a compensé le repli de la chimie et du transport ferroviaire.
Chez les petits consommateurs, les hausses attribuables à l'usage plus intense des appareils électroniques ou à l'augmentation du nombre de foyers ont été effacées par une efficacité énergétique accrue, par exemple un chauffage plus performant dans les logements neufs ou un électroménager moins énergivore.
Pour "un foyer français moyen, en regard de son équipement aujourd'hui, s'il était équipé avec tous les appareils électroménagers les plus performants sur le plan énergétique, on pourrait encore diminuer par deux la consommation de ce parc de matériel", a expliqué Olivier Grabette, directeur général adjoint Prospective, expertise et solutions de RTE. "Donc on voit qu'en termes d'efficacité énergétique, il y a encore un potentiel important", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.
Le pic de consommation a été observé le lundi 18 janvier à 19H00 avec une puissance de 88.571 mégawatts (MW), loin du record historique atteint durant la vague de froid de février 2012 (102.100 MW), tandis que le minimum s'est élevé à 30.584 MW le 7 août.
 

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