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Le Pays viganais fait le pari de la vente directe pour faire vivre son abattoir intercommunal (30)


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Repris en gestion par la communauté de communes du Pays viganais, l'abattoir du Vigan a été totalement rénové en 2009 pour répondre aux normes européennes. Depuis, il a été réorienté vers la vente directe et devient un outil sur lequel l’EPCI peut appuyer sa politique de développement agricole local.

En 2001, alors que le gestionnaire privé de l'abattoir du Vigan (Gard) fait face à des difficultés financières, les élus de la communauté de communes (22 communes, 10.662 habitants) décident de reprendre la gestion en régie de cet outil qui avait été construit par la commune du Vigan en 1985. "Notre territoire avait perdu 600 emplois dans le secteur du textile. Avec le tourisme, l'agriculture est devenue l’une des filières essentielles dans lesquelles les élus ont souhaité investir et sauvegarder les outils existants", indique le chargé de mission du pôle développement économique à la communauté de communes du Pays viganais et directeur de l’abattoir, Laurent Kauffmann.
La rationalisation du fonctionnement de ce petit abattoir (200 tonnes) structurellement déficitaire et le choix de l'orienter vers la vente directe vont permettre de le transformer en un véritable support de la politique agricole locale.

Décider l’arrêt de la course au tonnage

De 2001 à 2007, l'abattoir présente des comptes équilibrés : aucuns travaux ne sont réalisés et certaines charges de personnel relèvent alors du budget général de la collectivité, comme c'est très souvent le cas dans ce type d'équipement géré en régie.
En 2006, l'Union européenne décide de fermer l'ensemble des abattoirs qui ne répondront pas aux nouvelles normes édictées dans un délai de 3 ans. La communauté de communes décide alors d'engager un programme de travaux conséquent pour sauvegarder son outil économique (1 million d'euros au total subventionnés à 42%). Les projections prévoient un doublement du tonnage à échéance de 5 ans pour faire vivre l'outil au plan financier. "Le bilan 2010 montrait que nous avions réalisé 400 tonnes à l'année. Cependant, ce volume conséquent nécessitait d'embaucher, ce qui générait un déficit structurel. Les élus ont préféré arrêter la course au tonnage et décidé de faire évoluer la clientèle de l’abattoir", poursuit le chargé de mission.

Rationaliser le fonctionnement et réorienter vers la vente directe

Aux portes de Montpellier, le Pays viganais connaît alors un boom de la vente directe. Afin de rentabiliser l'abattoir, tout en maintenant un tonnage de l'ordre 250 tonnes à l'année et une équipe technique de 4 personnes, les élus prennent plusieurs décisions concomitantes : une hausse de 30% des tarifs sur 5 ans, la reprise en régie d'un atelier de découpe existant et la réorganisation du travail de l'équipe de l'abattoir. Désormais, la petite équipe polyvalente assurera l'abattage en début de semaine et la découpe en fin de semaine ce qui limite les coûts d'utilisation de l'outil.
Pari gagnant puisqu'en 2013, les comptes s'équilibrent pour la première année. Le tonnage de découpe est passé de 13 à 40 tonnes et le grossiste local ne représente plus que 27% de l'activité totale (contre 65% en 2009), 80 à 90 éleveurs indépendants se partageant le reste. "Certains éleveurs travaillent désormais uniquement en vente directe comme notre plus gros client qui ouvre sa troisième boutique de producteur de viande bovine à Béziers."

Perspectives

L'augmentation régulière de la population du bassin de consommation et la croissance régulière de la vente directe donnent aujourd'hui de belles perspectives à cet abattoir géré en régie. L'enjeu de demain est que cet outil soit désormais géré à une échelle de territoire qui recoupe celui de ses utilisateurs. Avec les fusions de communautés de communes envisagées, l'abattoir pourrait demain réussir à être financé par un territoire recoupant 75% de ses utilisateurs. Une étude pour une gestion sous forme d'une SEM vient d'être lancée .

 L’abattoir, support au développement de l'agriculture locale
"La présence d'un abattoir sur le Pays viganais favorise l’installation de nouvelles exploitations d’élevage." Afin de faciliter ces installations, la communauté de communes a lancé début 2012 une démarche de mobilisation de terres laissées vacantes par leurs propriétaires ; c'est l'opération Terra Rural co-financée par l’Europe, la région Languedoc-Roussillon et le conseil général du Gard. Deux éleveurs d’ovins ont été convaincus par l’intérêt de la mise à disposition de nouvelles terres de pâturage et fourrage : l’un spécialisé en viande s’est installé en 2014 et l’autre a développé sa production fourragère. Enfin un chevrier devrait prochainement s'installer. Par ailleurs la communauté de communes a réalisé le portage financier, à tarif privilégié, d'une "boutique de producteurs", tandis que l'office de tourisme promeut largement les produits du terroir.
Cette politique agricole intercommunale est pleinement en phase avec la reconnaissance des "Causses et des Cévennes" au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des paysages culturels vivants de l’agropastoralisme méditerranéen.

Claire Lelong pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

En partenariat avec l'ADGCF

Contacts

Communauté de communes Pays viganais
Maison de l'intercommunalité, 3 avenue Sergent Triaire
30120 Le Vigan

Tél. : 04 99 54 27 00
Nombre d'habitants : 10662
Nombre de communes : 22
Site officiel : http://www.cc-paysviganais.fr/
Nom de la commune la plus peuplée : Le Vigan (4011 hab.)

  • Laurent  Pons
  • Vice-président en charge de l'agriculture et du tourisme

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