Territoires Conseils

Maraîchage bio : un territoire se mobilise pour l'installation d'agriculteurs (37)

maraichage bio

Dans le cadre d’un projet agri-urbain destiné à conserver un équilibre entre ses espaces ruraux, agricoles et urbains, la communauté de communes de l’Est tourangeau, en Indre-et-Loire, vient d’installer un maraîcher bio sur 2,5 hectares de terres dont elle est devenue propriétaire en 2010. Parmi les clés de la réussite : la qualité des partenariats.

Depuis 2002, la communauté de communes de l’Est tourangeau (Indre-et Loire, 5 communes, 25.892 habitants) développe un projet agri-urbain au titre de ses compétences en matière de développement économique et d’aménagement du territoire. Un travail préparatoire avait mis en lumière la forte demande des habitants en produits issus des circuits courts et du maraîchage biologique. C’est pourquoi la collectivité a concentré ses efforts sur l’accompagnement et l’aide à l’installation de jeunes agriculteurs dans ces domaines.

S’entourer des bons partenaires lors des différentes étapes

En 2008, la communauté de communes lance une étude de faisabilité avec la Safer de la région qui lui permet de repérer et acquérir 2,5 hectares de terrain. Pour rechercher le porteur de projet, elle se met en lien avec le réseau InPACT 37 (voir encadré). Cette association l’aide à définir les besoins de la future exploitation (stockage, irrigation, bureau...), à rentrer en contact avec des professionnels du maraîchage pour sélectionner un candidat. Le réseau a également apporté ses conseils pour la rédaction du bail rural environnemental - d’une durée de 9 ans - qui comporte des clauses obligeant le futur exploitant à adopter des pratiques agricoles adaptées au bio. "Cette étape nous a demandé du temps, explique Guénolé Duchesne, chargé de mission PLH/projet agri-urbain à la communauté. La situation était en effet inédite pour nous : puisqu’il s’agissait de conventionner entre un agriculteur qui exploite les terres de la collectivité, en intégrant dans le bail le droit rural et la législation en matière d’agriculture biologique. Il a fallu tout inventer à partir de baux similaires que InPACT 37 nous a aidés à trouver." La collectivité a fait également appel à l’association Alter’énergies et à un groupement d’architectes pour concevoir un bâtiment agricole en éco-matériaux (bois/paille) et pour mettre en œuvre un système de phyto-épuration.

Mettre en concordance temps du projet et projet de vie du candidat

En 2009, la communauté de communes est mise en relation avec le futur maraîcher repéré par la collectivité : encore en formation, il travaillait en même temps sur une ferme, tout en recherchant des terres pour une installation future. "Le temps d’élaborer le bail, de construire le bâtiment de stockage, de convertir en deux ans les terres en bio, il ne pourra commercialiser ses premiers légumes que fin 2014. Cela tombait donc bien qu’il ait une activité, sinon, il n’aurait certainement pas attendu aussi longtemps", commente Anne Brunner, chargée de communication à InPACT 37. Elle conseille d’ailleurs aux collectivités intéressées par ce type de projet, de prendre en compte ce facteur temps, afin de rechercher le porteur de projet au bon moment. Pour le cas de ce maraîcher, cette situation d’attente lui a permis, non seulement de terminer sa formation et de commencer à s’exercer à son métier mais, également, d’être associé dès le départ au projet, d’y trouver sa place et d’apporter ses propositions.

Facilitateur et non propriétaire : passer la main à une foncière d'investissement solidaire

L’investissement total pour cette installation (hors matériel pris en charge par le maraîcher) s’est élevé à 437.000 euros, financés par l’EPCI (140.000 euros), la région Centre (207.000 euros) et l’État (90.000 euros). La communauté se situe davantage comme "facilitateur" de projets que propriétaire agricole : elle ne conservera pas les terres. "Injecter de l'argent public, c'est faire naître une activité et une dynamique, explique Yves Coppin, vice-président de la communauté de communes, en charge de l'habitat et du cadre de vie. À long terme, nous envisageons de céder le portage financier du projet à une foncière d'investissement solidaire garantissant l'exploitation en agriculture biologique. Nous pourrons alors réinvestir la somme sur un autre projet."

Lucile Vilboux / Magazine Village-L’Acteur Rural pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

 

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Dédiée au développement des agricultures alternatives en Touraine, l’association InPACT 37 apporte les compétences agricoles de ses trois structures fondatrices : Adear 37 (accompagne les porteurs de projet agricole), Alter’énergies (accompagne les collectivités dans leurs projets d'éco-construction et de structuration des filières d'agromatériaux) et le Gabbto (regroupe les agriculteurs biologiques d’Indre-et-Loire)


 

Contacts

Communauté de communes de l'Est tourangeau (CCET)
21 rue Rabelais
37270 Montlouis-sur-Loire


Tél. : 02 47 50 80 94
Fax : 02 47 50 79 65
Nombre d'habitants : 25892
Nombre de communes : 5
Site officiel : http://www.cc-est-tourangeau.fr
Nom de la commune la plus peuplée : Montlouis-sur-Loire (10798 hab.)

  • Yves  Coppin
  • Vice-président en charge de l'habitat et du cadre de vie

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