Campus Condorcet : l'Ile-de-France ne veut pas être une région "vache à lait"


Envoyer à un contact

Vos coordonnées

Coordonnées de votre/vos contact(s)

*Champs obligatoires.

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a annoncé le 3 juin dernier le déblocage de 40 millions d'euros pour l'achat de terrain pour le campus de Condorcet, alors que de fortes inquiétudes régnaient au sein des collectivités concernant le foncier. Si la décision apaise un peu les esprits, des interrogations persistent. Des interrogations qui empêchent actuellement la région Ile-de-France de se prononcer sur le montant de sa participation au projet. Les explications d'Isabelle This Saint Jean, vice-présidente chargée de l'enseignement supérieur et de la recherche au conseil régional d'Ile-de-France.

Localtis : L'annonce de Valérie Pécresse concernant le déblocage des fonds pour le campus Condorcet vous a-t-elle réconfortée ?

Isabelle This Saint Jean : Le fait que les choses se débloquent sur le foncier est très bien, ça fait avancer le dossier, mais je n'ai pas l'impression que tout soit résolu. On est encore très loin du compte et j'ai été étonnée d'entendre Valérie Pécresse prier la région d'aller plus loin en matière de financement que ce qu'elle a déjà engagé dans le cadre du contrat de projets Etat-région (CPER) alors qu'on nous enlève dans le même temps la possibilité d'agir financièrement… Il faudrait que la ministre de son côté dise à son gouvernement d'arrêter de nous couper l'herbe sous le pied.

Combien la région est-elle prête à mettre dans le projet, et  le principe annoncé d'un euro pour un euro apporté par l'Etat est-il toujours d'actualité ?

La participation de la région s'établit pour le moment à plus de 60 millions d'euros, dans le cadre du CPER : 40 millions d'euros pour le déménagement de la bibliothèque de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Aubervilliers et 20 millions pour l'aménagement du site de la porte de la Chapelle. Quant au principe d'un euro de la région pour un euro de l'Etat, il faut préciser que du côté de la région, il s'agirait de "vrai argent", et non pas de l'argent recyclé dont on ne voit que les intérêts… On veut bien garder ce principe sur l'ensemble de la région si on peut choisir les lieux et les projets concernés par les financements. Nous ne voulons pas être une région "vache à lait" et venir compléter une politique qui nous paraît non fondée. Il faut aussi que l'Etat nous laisse la capacité financière pour ces investissements.

La ministre se montre impatiente de connaître le montant de votre participation, quand allez-vous l'annoncer ?

On ne comprend plus rien à ce qu'il se passe dans notre secteur. Sous prétexte de simplifier le mille-feuille, ça part dans tous les sens. Tout le monde est tétanisé. On nous annonce que le grand emprunt sera en partie mobilisé pour nous. Mais on s'interroge : va-t-il vraiment y avoir de l'argent pour nous issu de cet emprunt national ? Toutes ces interrogations, additionnées aux réformes (taxe professionnelle et réforme des collectivités) qui limitent la capacité financière des collectivités, font qu'on ne peut rien annoncer pour le moment. La région veut bien s'engager sur ce secteur. Elle a une vraie volonté politique et réserve 5% de son budget en 2010, ce qui représente un milliard d'euros, mais avant de se lancer dans des opérations aussi lourdes, il faut qu'on sache comment l'Etat va agir.

 

Propos recueillis par Emilie Zapalski 

Lire aussi