Social - La Fédération des acteurs de la solidarité et l'Observatoire des inégalités présentent leur programme

L'approche des échéances présidentielles et législatives amène les acteurs sociaux à soumettre aux candidats et aux différents courants politiques leurs plateformes et propositions. Deux organisations présentent ainsi leurs cahiers de doléances.

"Investir dans la solidarité"

A la veille de son congrès intitulé "Investir dans la solidarité", qui se tient ces 12 et 13 janvier 2017 à Dijon, la Fédération des acteurs de la solidarité" - présidée par Louis Gallois et qui s'appelait encore la Fnars jusqu'au congrès - présentait sa "plateforme de propositions". Baptisé du même nom que le congrès, ce document expose 25 "propositions de réformes prioritaires". Signe du changement de périmètre de la Fédération, elles couvrent une bonne part du champ social et sont organisées en quatre grands domaines : investir dans l'enfance et la jeunesse, investir pour prévenir la précarité et l'exclusion, investir dans la citoyenneté et le pouvoir d'agir et, enfin, investir pour des territoires plus solidaires.
Parmi ces propositions très argumentées, on retiendra notamment la garantie de l'accès aux cantines scolaires, le renforcement des moyens financiers de la PMI, la mise en place d'une véritable couverture logement universelle, le doublement des places de Cada (centres d'accueil pour demandeurs d'asile) ou encore la fixation, dans chaque intercommunalité, d'un objectif chiffré d'attribution de logements sociaux aux ménages sans domicile et mal logés équivalant à au moins un quart des attributions annuelles.
A noter : dans le débat actuel sur le revenu universel, la Fédération propose de fusionner les minima sociaux pour créer un revenu minimum décent de 850 euros par mois, ouvert aux personnes sans emploi dès l'âge de 18 ans et attribué automatiquement afin de supprimer "des démarches administratives inutiles et stigmatisantes".

Des propositions iconoclastes

De son côté, l'Observatoire des inégalités publie un ouvrage intitulé "Que faire contre les inégalités ?" et sous-titré "Trente experts s'engagent". Il rappelle qu'"à quelques mois de l'élection présidentielle, l'enjeu est crucial. Chacun doit pouvoir débattre de façon informée des mesures pour réduire les inégalités et interpeller les élus sur des actions concrètes à mettre en œuvre". Une trentaine de sociologues, juristes, économistes ou philosophes soumettent donc leurs solutions pour lutter contre les inégalités.
Très centré sur le levier de la fiscalité, l'ouvrage aborde toutefois aussi d'autres domaines, comme les revenus, l'accès au logement, l'école, l'égalité hommes-femmes, la justice ou l'accès aux soins. Avec à la clé quelques propositions iconoclastes - comme l'établissement de statistiques ethniques pour "mieux identifier les discriminations qu'ils [les étrangers, ndlr] subissent dans l'accès au logement, au travail, etc." - ou innovantes, comme la création de "maisons de l'égalité", guichets uniques regroupant les différents intervenants compétents sur la question.

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