Santé / Social - Accès aux soins : l'APVF défend l'offre de proximité


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L'Association des petites villes de France a tenu, le 6 octobre, une journée d'étude sur les déserts médicaux et l'accès aux soins. L'occasion de revenir sur les problèmes de la médecine de ville et la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

Deux jours après la présentation, par Marisol Touraine, d'un nouveau plan pour l'attractivité de l'hôpital public (voir ci-contre notre article du 6 octobre), l'Association des petites villes de France (APVF) a tenu, le 6 octobre, une journée d'étude sur les déserts médicaux et l'accès aux soins. L'occasion pour élus locaux, professionnels de santé et hauts fonctionnaires – la ministre, dont la venue était annoncée, s'était fait représenter – de revenir sur les problèmes de la médecine de ville, et la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

98% des établissements hospitaliers rattachés à un GHT

Présentant un premier bilan, Frédéric Valletoux, récemment reconduit à la tête de la Fédération hospitalière de France (FHF), a annoncé que 98% des établissements hospitaliers étaient désormais rattachés à un GHT. Il s'agit maintenant de rentrer dans une deuxième phase, celle de l'élaboration de projets médicaux de territoire, permettant "une prise en charge graduée du patient". Les élus y ont pleinement leur place, a-t-il affirmé, mettant en garde les pouvoirs publics contre la tentation de chercher à imposer leur vision. Le maire de Fontainebleau a appelé à créer des coopérations "en fonction des besoins et de la nature des territoires".
Nathalie Nieson, maire de Bourg-de-Péage et députée de la Drôme, a pour sa part affirmé l'importance de reconnaître un statut particulier aux hôpitaux de proximité, en lien avec les hôpitaux plus importants, dans la mesure où ils constituent un maillon essentiel d'une offre de soins qu'elle souhaite homogène et "articulée", dans le cadre des GHT.

Trouver des points de convergence avec les médecins

L'élue estime que la situation de la médecine de ville ne peut demeurer telle qu'elle est. La solution passe, pour elle, par une action concertée de l'État et des élus, ainsi que par des expérimentations. Se faisant l'écho du sentiment largement exprimé durant la matinée, elle a estimé qu'il était demandé aux maires d'investir un champ – la santé - qui ne fait pas partie de leurs compétences premières.
Elle s'est réjouie de la "prise de conscience" des médecins, soulignant que leur adhésion était nécessaire, et a affirmé le désir de l'APVF de trouver avec eux des points de convergence, sur la question de l'installation des jeunes praticiens, sachant que quelques élus avaient auparavant évoqué la possibilité d'une action de type législative, si un compromis n'était pas trouvé.

Les élus, "connaisseurs des territoires"

Nathalie Nieson a rappelé les principales propositions de l'APVF, dans la continuité de ce qui avait été présenté lors des dernières assises de l'association (voir ci-contre notre article du 30 mai). Concernant les médecins, il s'agit notamment de mettre en place une "régulation" de leur installation, de régionaliser l'internat, et de renforcer la place des soins de ville dans leur formation. L'Association souhaite également la création de "territoires prioritaires de santé", sur le modèle des "quartiers prioritaires" (voir ci-contre notre article du 10 février).
La députée a enfin appelé à un développement du dialogue entre les parties, qui impliquerait les élus "connaisseurs des territoires", sachant que les relations avec les agences régionales de santé (ARS) n'apparaissent pas toujours harmonieuses, notamment dans le contexte de la mise en place des conseils territoriaux de santé (voir ci-contre notre article du 12 septembre).

"Une dynamique à poursuivre"

Anne-Marie Armanteras-de Saxcé, directrice générale de l'offre de soins, intervenant au nom de Marisol Touraine, a souligné la nécessité de poursuivre la réduction des inégalités territoriales et la nécessité de faire coïncider "les attentes des patients et des jeunes médecins". Elle a rappelé les mesures déjà prises par le gouvernement, notamment dans le cadre du pacte territoire santé, et confirmé les objectifs annoncés lors du troisième comité interministériel aux ruralités, en matière de maisons de santé pluriprofessionnelles et d'installation des jeunes médecins dans les territoires fragiles (voir ci-contre notre article du 23 mai 2016). Il y a là "une dynamique à poursuivre", a-t-elle conclu.
 

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