Europe - Agenda urbain : les Vingt-huit adoptent le "pacte d'Amsterdam"

C'est l'aboutissement d'un long processus qui remonte à la présidence française de l'Union européenne, en 2008. Les Vingt-huit ont adopté, le 30 mai, le "pacte d'Amsterdam" qui pose les bases de ce qui deviendra sans doute un jour la future politique urbaine de l'Union européenne. Il arrête un "agenda urbain européen" avec, en ligne de mire, la révision à mi-parcours de la politique de cohésion et les discussions à venir sur la future programmation après 2020. "C'est pour nous une grande satisfaction", se félicite Christophe Moreux, directeur du pôle Territoires et Cohésion de l'Afccre (Association française du conseil des communes et régions d'Europe) qui avait cosigné une contribution commune avec France urbaine, l'Assemblée des communautés de France (AdCF), la Fédération des agences d'urbanisme (Fnau), il y a quelques semaines, pour conforter la démarche auprès de Bruxelles. "Nous avions quelques inquiétudes car la présidence néerlandaise ne montrait pas un grand enthousiasme sur ce dossier, il faut dire qu'elle a pas mal de priorités à gérer en ce moment, à commerncer par le Brexit."
Le geste a son importance car l'Union européenne n'a jamais eu de politique urbaine en tant que telle. Plutôt des ébauches, avec le programme Urban notamment.

12 partenariats

Concrètement, ce nouveau programme urbain ne va pas créer de nouvelles sources de financement, il vise à mieux articuler les mécanismes qui existent entre les niveaux local, national, européen. "Tout le travail consiste à avoir une approche transversale", précise Christophe Moreux, à l'image de ce qui s'est fait pour les politiques environnementales. Il doit aussi se traduire par une prise en compte de la dimension ville dans toutes les règlementations européennes, de manière à ne pas entraver la gestion locale. Le programme reposera sur des partenariats organisés autour de 12 "défis" qui vont de l'inclusion des migrants et des réfugiés à la qualité de l'air, en passant par la pauvreté, le logement, l'emploi, le changement climatique, les transports, le numérique, les marchés publics… Ces partenariats devront associer les différents échelons de gouvernance (Etat, collectivités, Europe) et des ONG ou des partenaires commerciaux autour d'un chef de file. Ils devront formuler des recommandations pratiques "pour améliorer la vie dans les zones urbaines", précise la Commission européenne, dans un communiqué. Quatre partenariats ont déjà démarré : l'inclusion des migrants, piloté par la ville d'Amsterdam, la qualité de l'air, coordonné par les Pays-Bas, le logement, confié à la Slovaquie et, enfin, la pauvreté urbaine, avec un copilotage de la France et de la Belgique. "Ce partenariat est très intéressant. Tout d'abord par ce que ces politiques sont financées par le FSE qui en volume financier est supérieur au Feder. Cela permettra d'avoir des retours pour l'après 2020", insiste Christophe Moreux. Mais aussi, ajoute-t-il, "par ce que c'est bien des villes que se résolvent les problèmes de l'inclusion des jeunes, des populations en difficulté… autant de défis européens qui peuvent de moins en moins être traités dans le cadre de grandes politiques nationales".
Attention toutefois à ne pas opposer l'urbain et le rural qui connaît lui aussi son lot de difficultés. "Il faut être très vigilant là-dessus", reconnaît Christophe Moreux, même si pour l'heure, le rural demeure le grand bénéficiaire des politiques européennes, avec le PAC et son volet de développement rural qui, certes, a du mal à démarrer en France. L'Afccre travaille justement à identifier des problématiques communes aux territoires ruraux, aux zones industrielles en déclin, aux quartiers, autour de la question des services publics notamment. 

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