Participation citoyenne / TIC - Baromètre de la démocratie locale numérique : des collectivités partagent leurs outils


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Les collectivités locales se saisissent-elles du numérique pour tenter de donner un nouveau souffle à la démocratie sur leur territoire ? Le think tank Décider ensemble, qui leur posera désormais chaque année la question, présentait le 22 mars 2016 les résultats de son premier baromètre de la démocratie locale numérique.
"Le numérique permet de démultiplier ce que l'on veut mettre en place", a introduit Bertrand Pancher, député-maire de Bar-le-Duc (Meuse) et président de Décider ensemble. Les résultats du baromètre laissent penser que cette conviction est partagée, au moins au sein du petit échantillon de collectivités mobilisées par l'enquête. Sur 194 répondants – "majoritairement des communes ou intercommunalités de plus de 100.000 habitants" -, 80% considèrent que "les outils numériques permettent de renforcer la participation citoyenne". 56% d'entre eux estiment que ces outils peuvent leur faire gagner du temps dans "l'amélioration des processus démocratiques" et 79% y voient un "support utile pour la communication". 56% se disent toutefois freinés par le coût de tels outils.

Des outils numériques souvent associés à des rencontres physiques

Au-delà des marques d'intérêt, les collectivités ayant déjà franchi le pas sont peu nombreuses : 44 répondants ont évoqué des outils déjà en place chez eux - et 55 outils cités en tout, soit un à trois par collectivité. L'ensemble de ces outils sont référencés et géolocalisés sur le site de Décider ensemble, l'idée du think tank étant de faciliter le partage d'expériences par cette carte qui sera mise à jour régulièrement.
Les plateformes de mise à disposition des données publiques (open data) sont les plus fréquentes (44%). Les autres supports pratiqués prennent différentes formes : plateformes de sondage en ligne, plateformes cartographiques participatives, forums de discussion, applications interactives d'urbanisme participatif, plateformes liées à un budget participatif…
Deux tiers de ces collectivités ont fait le choix d'associer leur outil numérique à une démarche de participation "présentielle". Il s'agit le plus souvent de réunions publiques, parfois d'ateliers participatifs (barcamps, hackatons…), plus rarement de formations et de conseils de quartier. L'outil numérique vise dans certains cas à renforcer un dispositif de participation existant ; ailleurs, ce sont les réunions qui sont destinées à diffuser l'outil et à aider les habitants à se l'approprier.

A Nanterre, une "agora permanente" pour encourager la participation

Certains dispositifs numériques ont pour but d'encourager globalement la participation des habitants. C'est le cas de l'"agora permanente" de la ville de Nanterre (Hauts-de-Seine), inaugurée récemment au terme d'un travail préparatoire ayant impliqué des habitants et des associations. Cette plateforme, pendant numérique d'une agora "physique" – un lieu dédié à la participation -, invite les habitants à s'informer, à donner leur avis dans le cadre de concertations et à s'organiser en collectifs d'échange pour participer de façon plus active. Actuellement, deux concertations sont ouvertes sur la plateforme : la démarche des "Assises pour la ville", qui s'appuie également sur des ateliers dans les quartiers de la commune, et une autre sur la formation dans les associations.
Pour valoriser cette plateforme, la ville s'appuie sur ses autres dispositifs de participation, tels que sa "wikiradio des initiatives citoyennes" et ses conseils de quartier. Au sein de la municipalité, "l'une des difficultés est de travailler en transversalité", confie Anne Gaël Chiche, responsable de l'Agora. Pour que les habitants s'approprient les différents outils mis à leur disposition, encore faut-il que l'ensemble de la collectivité – élus et agents – s'en empare.

Des outils pour informer, mais aussi pour "recréer du lien" entre habitants et élus

Si l'enquête de Décider ensemble est centrée sur les outils et n'aborde pas les stratégies, encore balbutiantes, des collectivités, un item renseigne toutefois sur les intentions des élus et agents à l'origine des projets. Les trois premières motivations pour lancer de telles démarches sont ainsi d'informer les habitants, de faire émerger des idées et d'éclairer la décision et d'améliorer l'image de la collectivité. Pour Bertrand Pancher, c'est l'impératif de "recréer du lien" avec les habitants qui justifie l'engagement des élus en faveur de la démocratie participative numérique.
Sur la portée des outils numériques, la moitié des répondants se déclarent satisfaits du nombre de citoyens mobilisés par les outils mis en place. Parmi les raisons citées lorsque les outils sont peu utilisés, on retiendra : la complexité ou le caractère inadapté de l'outil, le manque de communication et de mobilisation des relais sur le terrain, le manque d'intérêt des citoyens sur le sujet abordé.
A la question "Considérez-vous que cet outil numérique permet d'atteindre les publics dispositif numérique habituellement absents des dispositifs traditionnels (publics précaires, étudiants, jeunes actifs, mères célibataires, non francophones) ?", les réponses sont mitigées. Certains estiment que ces outils permettent effectivement de faciliter la participation de nouveaux publics, notamment par l'"engagement progressif" facilité par le numérique. D'autres considèrent que les premiers habitants touchés sont d'abord des personnes familières du numérique, que la fracture est toujours bien présente et que la médiation est plus que jamais indispensable.

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