Environnement - Forte mobilisation anti-gaz de schiste dans le Gard


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"Non au gaz de schiste !", ont scandé des milliers de manifestants rassemblés dimanche 28 février à Barjac (Gard) dans une ambiance festive et bon enfant pour réclamer une "loi claire" interdisant toute exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels. De 7.000, selon la préfecture, à 15.000 personnes selon les organisateurs ont défilé dans les ruelles de ce petit bourg médiéval situé aux confins des Monts de l'Ardèche et des Cévennes, bastion de la résistance au gaz de schiste. En tête du cortège rassemblant toutes les générations et manifestant au rythme des percussions, de nombreux élus, essentiellement locaux, ont manifesté ceints de leur écharpe tricolore. Parmi les opposants, certains avaient fait de longs trajets pour prendre part à la mobilisation.
Au côté du slogan collectif "Non au gaz de schiste, ni ici, ni ailleurs, ni aujourd'hui, ni demain", et de ceux des organisations comme Attac, Greenpeace ou la Confédération paysanne, nombreux étaient ceux qui avaient préparé leurs propres banderoles et pancartes : "Total, n'inschistez pas !" ou "Si vous touchez à notre terre, nous vous déclarerons la guerre". Ils ont aussi adapté le célèbre "No pasaran!" des Républicains espagnols pendant la guerre civile, devenu "No Gazaran".

Une décision de justice qui a remis le feu aux poudres

Ce rassemblement a été organisé en réaction à la réattribution à Total du permis de recherches de Montélimar par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) le 28 janvier dernier. "Cette décision a vraiment mis en colère les gens. Ça a beaucoup élargi notre mouvement", a commenté Paul Reynard, l'un des porte-parole des collectifs anti-gaz de schiste, lors d'une conférence de presse. "La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal n'a cessé de nous faire des promesses non tenues, comme tous ses prédécesseurs. On en a assez, si le gouvernement socialiste veut légiférer, il faut qu'il le fasse tout de suite", a-t-il déclaré. A défaut, la mobilisation, non violente depuis le début, pourrait se transformer en "blocages". "Nous sommes organisés, s'il faut en arriver là", a menacé Sébastien Espagne, un autre porte-parole du mouvement.
En 2011, la loi Jacob a interdit la technique d'extraction par fracturation hydraulique, mais pas la "recherche". Or "les pétroliers et autres multinationales misent sur le long terme (...), espérant que le pouvoir politique changera et leur permettra d'exploiter des hydrocarbures au mépris des conséquences catastrophiques sur l'environnement et le réchauffement climatique", a assuré Jacqueline Balvet, porte-parole du collectif d'Anduze.

La ministre tente de calmer le jeu

Ségolène Royal a fait appel de la décision du tribunal de Cergy-Pontoise mais "ce n'est pas suffisant", a souligné Sébastien Espagne. "Il n'y aura plus de permis pour rechercher les gaz de schiste et le nouveau Code minier, qui est en cours de réforme, intégrera cette interdiction", a encore assuré Ségolène Royal sur France 3 dimanche. "Cette disposition s'appliquera à tous les permis de recherche d'hydrocarbures en cours de validité et aux demandes de permis en cours d'instruction. Le projet de réforme du Code minier sera présenté au Conseil d'Etat au cours du premier semestre 2016", a ensuite ajouté la ministre dans un communiqué.
Mais pour les porte-parole du rassemblement de Barjac, la réforme du Code minier est un "serpent de mer". Les collectifs demandent notamment que les 133 demandes de permis en cours d'instruction en France soient rejetées et que les permis qui ont été accordés soient abrogés : "Nous demandons au gouvernement d'avoir le courage politique d'interdire clairement et totalement le gaz de schiste", a résumé Paul Reynard.

A.L avec AFP

Code minier : 4 ONG dénoncent l'"immobilisme" du gouvernement
"La réforme du Code minier ne peut plus attendre", écrivent Les Amis de la Terre, Attac, France Nature Environnement et Ingénieurs sans frontières SystExt dans un communiqué diffusé le 25 février. Le projet de réforme existant "n'attend plus qu'une chose : la volonté politique", soulignent-ils, dénonçant "un immobilisme qui représente un véritable déni de démocratie au regard des promesses". Le gouvernement avait lancé en 2012 le chantier de la modernisation de la réglementation minière, après une controverse à propos des forages pétroliers de Shell au large de la Guyane. Ce corpus de règles était accusé de sacrifier l'environnement sur l'autel du libéralisme. Un projet de nouveau code visant à mieux tenir compte de l'environnement et de l'avis des citoyens sans négliger les intérêts de l'industrie avait été remis au gouvernement en décembre 2013. Une consultation publique avait été organisée en mars 2015 sur un projet de loi portant réforme du Code minier. Ségolène Royal avait assuré quelques mois plus tard qu'il serait débattu à l'Assemblée nationale "au mois de janvier" 2016.
"L'obsolescence" du Code minier actuel fait "consensus" mais "la réforme n'est toujours pas aboutie", malgré les "annonces politiques" faites par les ministres de l'Environnement successifs, de Nathalie Kosciusko-Morizet à Ségolène Royal", déplorent les ONG. Elles "attendent du gouvernement qu'il mette en débat le projet de réforme du Code minier existant". Mais aussi qu'il déclare "un moratoire sur tout permis de recherche (hydrocarbures conventionnels et substances minérales)" d'ici l'adoption définitive du texte. Elles demandent aussi que soient exclues "de son régime général les hydrocarbures de roche-mère" (pétrole, gaz de schiste et de couche, c'est-à-dire piégé dans des veines de charbon). En attendant le nouveau code, "la France relance ses activités minières sur la base du Code minier actuel", affirment les ONG.  AFP

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