TIC - Labels Villes Internet : Jean-Vincent Placé fait du numérique un "levier" pour les territoires

Saisissant l'occasion de la cérémonie de remise des labels décernés par l'asssociation Villes Internet, Jean-Vincent Placé, nouveau secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat, a mis en avant le numérique comme outil de transformation de l'Etat, s'inscrivant dans la dynamique de ses prédécesseurs, tout en se disant ouvert et "mobilisé" pour les territoires. La journée a été également marquée par la présentation de la nouvelle "plateforme de l'internet citoyen" de l'association, ainsi que par de nombreux débats autour des enjeux du numérique pour les élus locaux.

Pour sa première prise de parole publique en tant que secrétaire d’Etat en charge de la réforme de l'Etat et de la simplification, Jean-Vincent Placé a mis le numérique et les territoires au cœur de son discours. Devant les élus présents pour la remise des labels Villes Internet qui s’est déroulé le 18 février à Montrouge (92), le ministre les a remerciés pour leur "action au quotidien" tout en les assurant de son "écoute et de sa mobilisation de tous les instants". Du côté de l’association, en plus de récompenser les territoires les plus actifs, l’évènement a été l’occasion de faire un état des lieux des enjeux liés au numérique et de présenter sa feuille de route pour les années à venir.

Un label valorisant les démarches citoyennes

163 communes, communautés de communes ou d’agglomération ont été récompensées lors de la cérémonie de remise des "labels Territoires, Villes et Villages Internet" pour l’année 2016. Concrètement, on note que 40 communes ont reçu un "arobase", 37 ont eu deux "arobases", 31 en ont reçu trois, 25 quatre et enfin 30 cinq. Les territoires récompensés sont autant des villes que des villages, de toutes les régions y compris d’outre-mer.
Pour le président de l’association Villes Internet, Emmanuel Eveno, "les collectivités locales qui se retrouvent dans Villes Internet sont celles qui ont fait le pari de cette ouverture-là, à une participation citoyenne, à une démarche citoyenne". Cette ambition d’une démocratie renouvelée par la participation et l’intégration du citoyen, qui interpelle aujourd’hui de plus en plus d’élus, selon Emmanuel Eveno, a été déterminante dans l’attribution des labels. En effet, au-delà de la mise en œuvre d’une politique numérique, les "arobases" (4 et 5) récompensent avant tout les communes qui "font le pari de la démarche citoyenne" pour résoudre l’ensemble des problématiques "qui constituent la vie de la cité".

Un plan en quatre ans pour les élus "Villes internet"

La 17e assemblée générale de l’association a été l’occasion pour sa fondatrice, Florence Durand-Tornare, de présenter la feuille de route de "Villes Internet" pour les prochaines années, avec les élections municipales de 2020 comme horizon. Au cœur du "plan de quatre ans pour affirmer sa 'ville internet'" : accompagnement des élus, diagnostics territoriaux, implémentation de nouveaux services numériques et implication des administrés. La mobilisation des réseaux et de tous les acteurs (collectivités, Etat, entreprises, associations…) à la fois aux échelles locales et nationale sera également déterminante pour "aller plus loin et mettre en mouvement encore plus de monde sur cette dynamique des services essentiels pour les habitants", selon Florence Durand-Tornare. Pour elle, il s’agit d'"arriver au bilan avec des dossiers solides, des actions engagées" et d'"ouvrir une nouvelle mandature avec une généralisation de ces services essentiels et de nouveaux services à mettre en œuvre probablement en coproduction avec les habitants."
Concrètement, si l’association touche potentiellement près de 41 millions de Français, Florence Durand-Tornare a rappelé que "les services sont encore, peut-être, à distribuer mieux et au plus près des habitants". Enfin, si la fondatrice de Villes Internet a salué la mobilisation de tous les membres (1.734 collectivités), elle n’en a pas pour autant oublié celle des autres territoires, qui "font des choses passionnantes que nous ne voyons pas forcément", vers "lesquels nous allons nous tourner, et auxquels nous allons nous adresser".
Par ailleurs, la première réunion du "Conseil des partenaires des territoires de demain" s’est tenue en marge de la journée. Ce lieu d’échange entre décideurs pour associations d’élus, ministères et entreprises partenaires de Villes internet se veut aussi bien national que local, à démultiplier dans tous les territoires. Pour Claudy Lebreton, son président, ces espaces doivent permettre de "décloisonner nos représentations", travailler "l’idée d’un élargissement", sans avoir "vocation forcément à durer dans le temps".

"Plateforme de l'internet citoyen" : nouvel outil à venir pour les élus numériques

Par ailleurs, Villes Internet lancera fin mars un nouveau portail pour cartographier les initiatives et les services des collectivités, sur la base du portail cartographique de géolocalisation des services. A travers cette "plateforme de l’internet citoyen", Ville Internet propose, comme l'explique son concepteur, Michel Authier, "un outil d’innovation, de transformation, d’accompagnement, de partage". Ouvert à toutes les communes de France, cet outil repose sur la mise en valeur de tous les acteurs et toutes les initiatives répertoriées par l’association. Il proposera "un tableau de pilotage des politiques numériques simplifié" (diagnostics, recommandations) articulé autour de 131 services répartis en 16 enjeux et 4 thèmes. Il s’agit pour Michel Authier de "mettre en place un système de repérage de vos actions en définissant les services élémentaires que chacune de ces actions va apporter" afin d’avoir "autour de ces services un langage collectif", "qui va permettre aux acteurs et aux actions de se retrouver et de se repérer autour des mêmes valeurs".

Jean-Vincent Placé "mobilisé" pour le numérique et les territoires

Dans son discours de clôture de la "Journée nationale des territoires, villes et villages internet", le successeur de Clotilde Valter à la réforme de l’Etat s’est inscrit dans les pas de ses prédécesseurs en décrivant le "numérique [comme] une chance pour transformer en profondeur la puissance publique", "un levier de simplification". Reconnaissant son manque d’expérience sur le sujet, il a profité de la tribune offerte par Villes Internet pour présenter les lignes directrices de son action, et rappeler que le numérique est une "priorité" du gouvernement. Pour lui, il doit être à l’origine d’un "service public augmenté, meilleur, disponible, plus personnalisé, plus prédictif". "Levier d’une démocratie réelle", le numérique est aussi bien pour les territoires que pour l’Etat une "valeur ajoutée pour le débat public", et permet d’"aider à prendre des décisions, mettre en place des politiques publiques, les réaliser plus efficacement, faire en sorte qu’elles soient débattues" ou encore "d’avoir un retour participatif".
"Ce label est en quelque sorte l’incarnation de cette mission", a-t-il ajouté pour saluer l’action des élus locaux qui ont eu un rôle précurseur et moteur en matière de développement de services, d’éducation numérique, d’accessibilité ou encore de médiation. Sur ces thématiques, le ministre a rappelé que "l’Etat suit le même mouvement". En ce sens, un appel à projets d’innovation numérique pour les services territoriaux de l’Etat, au titre du programme d'investissement d'avenir (PIA), devrait être lancé prochainement. 
Les territoires ont été l'un des éléments centraux de son discours, et le secrétaire d’Etat a dit qu’il "essayerai de faire au mieux, en disponibilité et en volonté, et surtout à votre écoute". Désireux de travailler avec les élus locaux, le nouveau ministre espère mettre à profit cette collaboration lors la présidence française du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert cet automne. Notamment autour de quelques thématiques comme les "solidarités humaines" et "la lutte contre le dérèglement climatique". Enfin, il a souhaité rendre hommage à tous les élus présents, rappelant que leur "engagement à saisir localement les opportunités offertes par le numérique est la meilleure réponse aux françaises et aux français confrontés tous les jours aux incertitudes et aux doutes".

Ivan Eve / EVS

La réflexion autour du numérique à l'honneur
La journée a également donné lieu à de nombreuses tables rondes filmées (voir lien ci-contre) autour du numérique : égalité des territoires, services au public, outils et pratiques pédagogiques, gouvernance, participation citoyenne, coopération internationale… Par exemple, en matière de relation avec le citoyen, le maire de Montrouge, ville organisatrice de l’évènement, Jean-Loup Metton, a rappelé que "le développement du numérique rapproche les élus et le citoyen [mais] cela ne remplace pas le contact physique. Il ne faut pas oublier l’un quand on fait l’autre". Pour Akim Houral, adjoint à la maire de Lille, le numérique permet de "redonner une place plus centrale, plus dynamique au citoyen vis-à-vis de l’écosystème dans lequel il vit". Un "catalyseur" qui, s’il n’est pas "magique", donne la "capacité de mieux informer, de mieux connecter, de mieux interagir sur le territoire". Un outil "qui peut nous permettre de mieux écouter le citoyen", "d’être plus en phase" avec lui. Quant à John Billard, vice-président de l’Association des maires ruraux (AMRF), il a défini ces services essentiels : "Le minimum vital sur le numérique est un site internet", car la collectivité doit exister sur la toile au même titre que sur son territoire. "Il faut exister sur la toile pour que la démocratie s’applique", a-t-il ajouté, tout en précisant que les maires ruraux étaient par ailleurs très mobilisés sur le numérique.

I.E. / EVS

 

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