Santé / Social - Projet de loi Santé : Médecins du Monde appelle à améliorer la santé des plus précaires


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A l'approche des débats sur le projet de loi relatif à la santé en première lecture à l'Assemblée nationale, Médecins du Monde appelle à "ne pas manquer l'occasion d'améliorer la santé pour tous". Le texte doit être examiné en commission des affaires sociales du 17 au 19 mars, puis en principe arriver en séance publique début avril.

Pour la fusion entre AME et CMU

L'association reprend ainsi l'action qu'elle avait engagée le 17 octobre dernier, lors de la Journée mondiale du refus de la misère (voir notre article ci-contre du 20 octobre 2014). Publiant le même jour la onzième édition de son Observatoire de l'accès aux soins, Médecins du Monde mettait alors en évidence l'extrême dégradation de l'état de santé des personnes très précaires accueillies dans ses permanences et le fait que 90% d'entre elles ne disposent d'aucune couverture maladie (alors que les trois quarts d'entre elles pourraient juridiquement y avoir droit).
En s'adressant ainsi au gouvernement et aux parlementaires, l'association met en avant quatre demandes principales. La première porte sur la simplification de l'accès aux droits et aux soins, avec la demande d'"une couverture médicale vraiment universelle, seule garantie d'une politique de santé publique efficace". Sur ce point, la généralisation du tiers payant prévue par le projet de loi constitue "une réelle avancée", mais ne serait pas suffisante pour les plus démunis.
Médecins du Monde demande donc des mesures supplémentaires, comme le développement de la médiation sanitaire et de l'interprétariat, une meilleure formation du corps médical aux situations de précarité, mais aussi et surtout la fusion de l'aide médicale de l'Etat (AME) et de la couverture maladie universelle (CMU), ainsi qu'un relèvement du plafond d'attribution de la CMU-C au niveau du seuil de pauvreté.

Réduction des risques et prix des médicaments

Seconde thématique soumise aux pouvoirs publics : la mise en place d'une politique de réduction des risques "plus volontariste". L'association "appuie" la mise en place à titre expérimental des salles de consommation et salue au passage "le tournant engagé dans la politique de réduction des risques qui va doter les acteurs de terrain d'outils nouveaux". Elle demande cependant que "l'approche éducative et individuelle, qui a déjà fait ses preuves pour les usagers de drogues, se généralise à l'ensemble des Caarud" (centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues), avec proposition systématique de séances d'éducation aux risques liés à l'injection (Erli).
Médecins du Monde réclame aussi l'ouverture d'un débat public sur la fixation du prix des médicaments. Il s'agit là d'une allusion directe à l'affaire du Sofosbuvir du laboratoire américain Gilead, un nouveau traitement de l'hépatite C à l'efficacité remarquable, mais au coût exorbitant. L'association estime que "la loi présentée ne prépare en rien à l'arrivée d'innovations que notre système de santé ne pourra pas financièrement supporter sans effectuer un tri arbitraire parmi les patients qui pourraient en bénéficier".
Enfin, Médecins du Monde exige "la fin du système d'exception à Mayotte". L'association rappelle que le système de sécurité sociale n'y est ouvert qu'aux seuls Français et étrangers majeurs en situation régulière. Un quart de la population s'en trouve ainsi exclu. Elle demande "a minima l'accès effectif aux soins de tous les mineurs à Mayotte et l'harmonisation du droit mahorais sur le droit français en matière de couverture sociale".


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