Transports - Stationnement des vélos : comment dépasser la logique du tout-arceau ?


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Une centaine d'acteurs des collectivités, associations ou du secteur privé ont répondu présent le 17 septembre à la rencontre nationale du Club des villes et territoires cyclables. Si la place du vélo progresse dans les politiques locales de déplacements, le stationnement reste un enjeu délicat. Et un rouage clé sur lequel se sont concentrés les débats.

Pas de politique cyclable efficace sans un bon stationnement des vélos ! Surtout à l'heure où leur vol (400.000 vélos par an) reste un fléau décourageant nombre de cyclistes. Le 17 septembre, plusieurs élus sont intervenus à la rencontre nationale du Club des villes et territoires cyclables pour souligner que le problème du stationnement reste bel et bien aigu tant sur l'espace public que dans les espaces privés, au domicile ou au travail. Ainsi, un immeuble sur deux ne dispose pas d'un local affecté. Et un tiers des cyclistes bénéficiant de cet équipement ne l'utilise pas, du fait d'une accessibilité difficile. Pour Mathias Fontaine, de la direction mobilité de Lille Métropole, une collectivité qui a su auditer en mai dernier sa politique cyclable, "développer à domicile les garages à vélo n'est pas la panacée". "Reste qu'à défaut d'un local en immeuble, l'effet vélo ventouse laissé sur le balcon des logements pose problème", a rebondi Isabelle Mesnard. Pour cette ajointe au maire de Chartres, "les villes moyennes commencent à prendre la mesure de l'enjeu et doivent multiplier, pour commencer, les arceaux sur voirie, ce qui satisfait en partie la demande. C'est un bon début avant d'améliorer le stationnement en gare, comme nous l'avons fait en y ouvrant il y a deux ans une maison du vélo et en continuant d'avancer sur le sujet avec la région". En voirie, les arceaux ne sont-ils pas victimes de leur succès ? "C'est le cas à Villeurbanne", confirme un élu de cette ville, voyant là "un succès qui fait réfléchir et incite à passer la vitesse supérieure".

Diversifier les modes de stationnements

Dans son enquête sur les politiques cyclables, dont de nouveaux résultats ont été exposés lors de cette rencontre, Bruno Monjaret, directeur de MTI Conseil, qui a interrogé une centaine de collectivités adhérentes du Club des villes et territoires cyclables, confirme le poids écrasant des arceaux parmi les solutions de stationnement proposées par celles-ci. Mais en deux ans, il observe qu'une amorce de diversification s'esquisse, avec l'apparition d'autres types d'aménagements, de type parcs sécurisés et fermés à clef. Dans les gares, il reste néanmoins du chemin à faire quand on sait que la part moyenne d'accès à vélo est de 2%, avec des plafonds à 10% dans certaines d'entre elles et à comparer aux 30% atteints aux Pays-Bas. Sonia Lavadinho, chercheuse et géographe, préconise de ne pas tout miser sur ces simples arceaux de stationnement pour quatre ou cinq vélos et d'expérimenter des espaces de taille plus conséquente, d'une cinquantaine de vélos, "afin d'atteindre une masse critique permettant d'y greffer des services car, plus que de mobilité, le citadin est surtout en quête d'univers serviciel et d'activité".
A Paris, où un plan Vélo attendu début décembre est en cours, on semble pourtant bien parti pour privilégier cette stratégie de déploiement d'un petit nombre d'arceaux à chaque carrefour et près des lieux fréquentés, musées et bibliothèques. Comme à Chartres, l'effort y porte aussi sur l'intégration urbaine de ces équipements, car les architectes des Bâtiments de France ont leur mot à dire... Enfin, notons que l'enquête de MTI Conseil apporte de bonnes nouvelles : voiries de mieux en mieux équipées pour le vélo du fait notamment de la généralisation des zones 30, développement des double-sens cyclables (+34 % depuis l'enquête de 2011) et de chargés de mission vélo dédiés qui, s'"ils deviennent la norme dans les grandes collectivités, le sont moins dans les moyennes et petites, où la marge de progrès reste importante". 


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