Social - L'OCDE demande à la France de réorienter ses aides vers les jeunes et les familles pauvres


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L'OCDE publie son "Panorama de la société 2014". Celui-ci offre une très riche compilation des indicateurs sociaux suivis par l'organisation internationale et permet des comparaisons entre pays, entre deux Etats membres, et de se confronter à la moyenne de l'OCDE. La mise en ligne d'un comparateur facilite d'autant plus toutes ces possibilités.  L'édition 2014 du Panorama est plus particulièrement consacrée au thème de la crise et de ses retombées.

Le rôle amortisseur de la protection sociale

A ce document s'ajoutent les traditionnelles "fiches pays". Celle consacrée à la France relève que notre pays "consacre environ un tiers de son PIB à la protection sociale publique, soit une proportion plus élevée que dans tout autre pays de la zone OCDE, où la moyenne est de 22% du PIB". Elle relève aussi que sur dix euros de dépenses de l'Etat, sept servent à financer des programmes de santé, d'éducation et de transferts sociaux, comme les pensions, les allocations familiales et les indemnités de chômage.
De ce fait, "les politiques sociales ont joué un rôle clé dans la protection des revenus des ménages dans le sillage de la crise économique". C'est également "l'engagement politique à long terme en faveur des mesures permettant de concilier vie familiale et vie professionnelle [qui] a contribué à maintenir les taux de fécondité à deux enfants par femme, alors que la plupart des autres pays de l'OCDE ont connu une baisse de ces taux depuis le début de la crise". Le problème est que cet effet amortisseur est tout autant contracyclique dans une phase de reprise - même légère - de l'activité.

Un pays jeune qui consacre plus d'argent que les autres aux personnes âgées

En outre, l'OCDE observe qu'"une très grande partie des dépenses sociales globales sont toujours consacrées aux personnes âgées". Alors que la population française est plus jeune que celle des autres pays d'Europe (âge médian de 40 ans, contre 41,2 ans pour l'ensemble de l'Union européenne), la part des dépenses publiques affectée aux personnes d'âge actif et à leurs familles est inférieure à la moyenne de l'OCDE (12% contre 14%). L'organisation internationale estime donc que "les pouvoirs publics étant déterminés à poursuivre le rétablissement des comptes publics, un arbitrage entre le maintien de systèmes généreux de retraite et la mise en place de mesures efficaces d'aide aux personnes les plus touchées par les difficultés du marché du travail s'impose avec d'autant plus d'urgence".
Pour illustrer son propos, l'OCDE rappelle aussi que, depuis 2008, le nombre de chômeurs s'est accru de 3.700 personnes par semaine et que 15,4% des actifs français vivent dans des ménages dont aucun membre ne travaille, soit davantage que la moyenne de l'UE (13,8%) et nettement plus qu'aux Etats-Unis (12,8%). La pauvreté chez les enfants et les jeunes a également progressé depuis le début de la crise. A l'inverse, la France connaît un très faible taux de pauvreté chez les personnes âgées (5,4% contre 12,8% pour la moyenne européenne), ce qui constitue "l'une des grandes réussites de la politique sociale en France".
Sans remettre en cause la politique en faveur des personnes âgées, l'OCDE préconise donc un rééquilibrage des dépenses en direction des jeunes et des familles d'âge actif à faibles revenus. Ceci passe notamment par un "soutien actif aux demandeurs d'emploi et aux bas salaires [...], par exemple en remédiant au faible nombre de bénéficiaires du RSA parmi les familles d'actifs et en rationalisant et en simplifiant la fusion entre RSA et prime pour l'emploi". L'incitation à la reprise d'un emploi doit également être renforcée, quitte à raccourcir la durée de l'indemnisation du chômage, "en particulier chez les seniors, pour qui le chômage peut conduire de facto à la préretraite".


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