Emploi - Les grandes villes recrutent de plus en plus d'emplois d'avenir

Le dispositif des emplois d'avenir progresse rapidement dans les villes et intercommunalités membres de l'Association des maires de grandes villes de France. D'après l'enquête de l'AMGVF menée en novembre 2013, après trois premières vagues, le nombre d'emplois d'avenir recrutés dans les zones urbaines sensibles de ces villes dépasse largement l'objectif du gouvernement.

"La montée en charge du dispositif dans les grandes villes et intercommunalités de l'Association des maires de grandes villes de France se confirme." D'après l'étude de l'AMGVF, diffusée le 27 février 2014 et réalisée en novembre 2013, après trois premières enquêtes (mars 2012, mars 2013 et septembre 2013) le nombre total d'emplois d'avenir recrutés au sein des collectivités interrogées a augmenté de 67% entre septembre et décembre 2013. Leur nombre est ainsi passé de 757 à 1.265 durant cette période. L'enquête a été menée auprès des grandes villes et intercommunalités membres de l'association, avec l'objectif d'approfondir les données relatives aux zones urbaines sensibles (ZUS) et d'aborder de nouveaux points, comme les taux de rupture.
S'agissant des ZUS, il s'avère que les taux sont beaucoup plus élevés que les objectifs fixés par le gouvernement. Ainsi, sur l'ensemble des collectivités interrogées, 40% des jeunes recrutés en emplois d'avenir, cette fois non seulement au sein des services des collectivités mais également dans le milieu associatif, habitent en ZUS. L'objectif fixé par le gouvernement correspondait à 20% en 2013 et 25% en 2014. "Un tiers des collectivités ayant répondu à l'enquête est même au-delà de 50% de recrutements effectués en ZUS", détaille l'étude : 72% pour Dijon, 86% pour Roubaix, 91% pour Rouen et Limoges, et 100% à la Communauté d'agglomération de Saint-Quentin en Yvelines. Autre information donnée par l'étude : 23% des jeunes de ZUS recrutés sont bacheliers.
Le taux de rupture moyen des contrats est très faible. Il correspond à 4,3%, voire même à 2% dans les cinq collectivités ayant recruté le plus grand nombre d'emplois d'avenir au sein de leurs services (entre 100 et 125 jeunes par collectivité).

600 euros par mois en moyenne

L'enquête estime aussi le coût d'un emploi d'avenir : 600 euros mensuels par jeune, hors formation. Mais d'autres charges sont à ajouter à ce montant comme le coût lié au temps de travail des équipes projets (temps du pilotage, de l'ingénierie du dispositif, réunions d'information…) et les coûts induits liés à la formation (coût des supports, mise à disposition de matériels, cours de remise à niveau en français et en mathématiques). Le coût de prise en charge par les collectivités de formations ne figurant pas au catalogue du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) est également à prendre en compte. "Ce coût est d'autant moins négligeable qu'il apparaît, en décembre 2013, comme le premier frein au déploiement du dispositif", précise l'enquête. Au-delà de cet item, les autres freins évoqués concernent la situation financière difficile des associations et la concurrence des emplois d'avenir avec le contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE).
Les secteurs dans lesquels on retrouve le plus d'emplois d'avenir sont la maintenance des bâtiments et la conduite de véhicules (60%), la sécurité et prévention (45%), l'entretien, les déchets et espaces verts (40%) et la restauration (30%). Certaines collectivités, comme Aubervilliers, Angers, Besançon et Grenoble, ont recruté des jeunes dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Dans ce cas, les jeunes sont chargés de l'encadrement direct des activités périscolaires et de l'organisation et de la coordination de ces activités. "En revanche, aucun emploi d'avenir n'a été recruté à ce jour pour l'encadrement ou la coordination d'activités extrascolaires (centres de loisirs le mercredi après-midi et/ou pendant les vacances scolaires)," détaille l'AMGVF.

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