Lutte contre l'exclusion - Une personne pauvre sur deux a moins de 30 ans


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L'Observatoire des inégalités publie le premier numéro de sa lettre d'information, intitulée tout simplement "Notes de l'Observatoire". Cette première livraison est consacrée à "L'état de la pauvreté en France". Si elle n'apporte pas d'éléments nouveaux sur un sujet déjà bien balayé (voir nos articles ci-contre), elle constitue en revanche une bonne synthèse.

"Un changement historique"

Elle est aussi l'occasion pour Louis Maurin, le fondateur de l'Observatoire, de revenir sur une question qui lui tient à cœur : "La capacité est grande dans notre pays à forcer le trait, à exagérer les chiffres pour mobiliser l'attention. On n'assiste pas à une explosion de la pauvreté et de la misère. Partant de bons sentiments, le catastrophisme finit par décrédibiliser l'information et alimente la critique du modèle social français alors que notre pays est parmi ceux qui s'en sortent le mieux au monde sur ce plan" (voir notre article ci-contre du 2 septembre 2011).
Ce préalable sur l'approche de la pauvreté - qui recouvre le débat sur les différentes modalités de mesure du phénomène - n'empêche pas l'Observatoire de dresser un constat plutôt pessimiste. Evoquant "un changement historique" après plusieurs décennies de recul, la note constate en effet que, depuis le milieu des années 2000, "la pauvreté augmente quel que soit le seuil considéré". En 2011, la France comptait ainsi 4,9 millions de pauvres pour un seuil de pauvreté à 50% du revenu médian (soit 814 euros par mois pour une personne seule) et 8,8 millions pour un seuil à 60% (soit 977 euros par mois).

La pauvreté, apanage des grandes villes ?

L'Observatoire insiste sur le fait que la moitié des personnes pauvres ont moins de trente ans : enfants, adolescents et jeunes adultes (dont un sur dix est pauvre). Le contraste est saisissant avec les plus de 60 ans, qui comptent seulement 4% de pauvres. Mais la note souligne à raison que cela "ne signifie pas pour autant que leur situation soit moins grave : une partie de ces personnes, notamment en milieu rural, survivent avec de très bas revenus. Sans compter qu'il est très peu probable que leur situation évolue, alors que les plus jeunes peuvent toujours espérer un avenir meilleur".
Autre caractéristique : la population pauvre est un peu plus souvent féminine (53% du total) et vit fréquemment au sein d'une famille monoparentale. Les autres caractéristiques de la pauvreté sont plus "traditionnelles", à l'image du lien avec l'absence d'emploi et/ou la faiblesse des diplômes, de l'existence de travailleurs pauvres (un à deux millions selon les définitions) ou encore de la situation des étrangers et des immigrés, qui comptent 28,5% de personnes pauvres.
La note s'intéresse également à la localisation géographique des pauvres. Elle relève que "contrairement à une thèse répandue selon laquelle la France paupérisée se situerait dans le périurbain lointain ou dans les campagnes, elle est surtout présente en ville". Ainsi, 57% des personnes pauvres vivent dans les grandes villes (plus de 50.000 habitants). L'agglomération parisienne affiche toutefois un taux de pauvreté (13,3%) légèrement inférieur à la moyenne nationale.


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