Revitalisation rurale - Révision des ZRR : "un coup très dur contre la ruralité"

La révision du classement des communes en zone de revitalisation rurale (ZRR) par un arrêté du 10 juillet était censée mettre fin à un blocage de plus de deux ans. La ministre de l'Egalité des territoires et du Logement avait même pris soin, au préalable, dans une réponse au sénateur du Gers Aymeri de Montesquiou, de préciser que l'élargissement des critères démographiques (par un décret du 26 juin) allait permettre de classer 12.399 communes au lieu de 11.031. Mais la sortie de nombreuses communes du classement, alors qu'elles ne s'y attendaient pas, fait grincer des dents. C'est "un coup très dur porté par le gouvernement à la ruralité", s'insurge Bertrand Pancher, membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée, dans un communiqué du 23 juillet. Entreprises, artisans, commerçants qui "avaient cru en la parole de l'Etat, ont procédé ces dernières années à des embauches de salariés qu'ils vont devoir licencier", prévient le député UDI de la Meuse. Mais il n'est pas le seul. L'Ariège, département bien représenté dans les institutions et associations d'élus, a eu la mauvaise surprise de constater que 100 communes sur 260 sortaient de zonage, perdant ainsi les exonérations auxquelles elles avaient droit jusque-là. Un "décret scélérat", pris "sans concertation", a dénoncé le président ariégeois du Sénat, Jean-Pierre Bel, vendredi 19 juillet, devant l'assemblée générale du pays des Pyrénées cathares, comme le rapporte le quotidien La Dépêche du Midi. Mais le président du Sénat dit avoir l'oreille du Premier ministre et obtenu que les communes sorties du dispositif soient réintégrées...
Bertrand Pancher, lui, ne décolère pas. Selon lui, le réseau des maisons familiales rurales (qui a pour objectif la formation des jeunes) "va être particulièrement touché", de même que les missions locales.
 

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