Emploi des jeunes - L'ESS pour réduire le chômage des jeunes peu ou pas qualifiés


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L'économie sociale et solidaire pourrait offrir 114.000 postes par an à des jeunes non ou peu qualifiés, selon une étude du Crédoc, présentée le 29 janvier. Le gouvernement compte sur les emplois d'avenir pour accroître la part des jeunes qui restent encore sous-représentés dans ce secteur. Mais des freins, comme le tutorat et la formation, persistent.

Pour inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013, comme s'y est engagé François Hollande, le gouvernement compte notamment sur le développement de l'économie sociale et solidaire (ESS). Cet engagement, Benoît Hamon, ministre délégué en charge de l'économie sociale et solidaire, l'a rappelé à l'occasion d'un colloque organisé le 29 janvier 2013 à Bercy sur les métiers et les emplois d'avenir dans l'ESS, en insistant sur le rôle des emplois d'avenir dans ce domaine, pour les jeunes peu ou pas qualifiés.
A l'heure actuelle, la barre des 4.000 emplois a été franchie sur les 150.000 prévus d'ici 2014. Au total, la moitié doit être créée dans le secteur de l'ESS. "Il faut du temps, a signalé le ministre. Ce n'est pas un programme facile car il pose des exigences pour les jeunes et pour les employeurs et cible les jeunes peu ou pas qualifiés." Mais avec la mobilisation accrue des acteurs locaux, qui signent au fur et à mesure des conventions d'engagement, à l'image de celle signée le 28 janvier par le conseil général de l'Aude pour plus de 80 emplois d'avenir, "on peut s'attendre à une montée en puissance du dispositif", a assuré Benoît Hamon.
Afin de mieux connaître les opportunités du secteur de l'ESS pour les jeunes, le ministre a commandé une étude au Crédoc sur les besoins en main-d'oeuvre. Le Crédoc a rappelé les données jusque-là établies : l'ESS représente 10% de l'emploi salarié, avec plus de 2 millions d'employés, dont les trois quarts dans les associations. Mais il a également souligné la faible proportion de jeunes dans ce secteur. 28.000 jeunes non qualifiés et 56.000 jeunes peu qualifiés y travaillent, soit respectivement 1,2% et 2,4% des emplois de l'ESS. "Les jeunes sont sous-représentés dans l'ESS par rapport à leur place dans le reste de l'économie, a précisé Léopold Gilles, directeur du département Evaluation des politiques sociales du Crédoc. Ils occupent plutôt des emplois plus précaires que les autres." Ces jeunes sont particulièrement présents dans les associations (85% des jeunes peu qualifiés et 88% des jeunes non qualifiés) et notamment dans l'action sociale, qui représente 49% des jeunes peu qualifiés et 53% des jeunes non qualifiés. Mais même dans l'action sociale, le poids des jeunes reste modeste à 3,4%.

Des pôles tutoriaux

D'après l'étude du Crédoc, environ 114.000 projets de recrutements accessibles aux jeunes peu qualifiés sont à prévoir annuellement. Mais le Crédoc met un bémol à cet horizon encourageant, car "c'est du déclaratif et ces postes ne seront pas forcément occupés par des jeunes au final", a détaillé Léopold Gilles. De plus, les conditions à réunir pour que ces emplois se concrétisent sont nombreuses. Au premier rang : le tutorat et l'accompagnement. Dans ce cadre, les entreprises de l'ESS ont l'air d'avoir pris de l'avance. Certaines d'entre elles ont en effet mis en place une fonction de tuteur pour chaque métier, au sein de "pôles tutoriaux", composés de "référents métiers", formés au tutorat. Ces fonctions permettent aussi d'évaluer les qualités et les compétences des nouvelles recrues. Autre exigence : la formation. Mais comme le signale le Crédoc, celle-ci est le "parent pauvre de la politique de ressources humaines dans le secteur de l'ESS". Les explications sont nombreuses : des budgets formation considérés comme relativement faibles et rapidement épuisés, et la difficulté d'envoyer des salariés en formation à l'extérieur, alors que les emplois sont difficiles à financer et que chaque heure est comptée. L'Usgeres (Union des syndicats et groupements d'employeurs représentatifs dans l'économie sociale) vient justement de signer avec l'Etat une convention par laquelle elle s'engage à assurer une formation qualifiante aux jeunes recrutés en emplois d'avenir... 
La validation des acquis de l'expérience (VAE) semble aussi une piste intéressante pour ce secteur, notamment pour les emplois d'avenir, qui durent entre un et trois ans, mais elle est encore peu mobilisée par les entreprises de l'ESS.
Le potentiel du secteur en matière d'emploi est en tout cas avéré. D'après les données du Centre d'analyse stratégique (CAS), la dynamique de créations d'emplois dans l'ESS, ou en tout cas dans les vingt métiers principaux de l'ESS, devrait être supérieure dans les prochaines années à venir à la progression de l'emploi global en France. Le secteur a déjà fait la preuve de sa résistance en temps de crise, augmentant ses emplois de 23% contre 7% pour le reste de l'économie depuis dix ans. Cette tendance devrait se poursuivre, comme l'a souligné Tristan Klein, chef de projet au CAS, grâce aux facteurs suivants : "le vieillissement de la population et la poursuite de la croissance de la population, le développement des services qui se poursuit, le maintien de la demande pour des activités récréatives, liées au bien-être, et la préoccupation croissante pour l'environnement et la responsabilité sociale".

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