Aménagement numérique - Wifi : les villes étendent leurs réseaux publics


Envoyer à un contact

Vos coordonnées

Coordonnées de votre/vos contact(s)

*Champs obligatoires.

Le wifi se porte très bien en France, atteste le 14e baromètre CSA-Orange. Les jeunes, les cadres et les Franciliens sont les premiers utilisateurs des réseaux wifi publics. Une centaine de villes ont déployé leur propre réseau, outils d'accès, entre autres, aux services publics. Outdoor, indoor, téléphonie sur IP via l'infrastructure déployée en wifi, les collectivités se mettent à la page pour séduire les utilisateurs. L'invisible qui rend visible. Exemples à Orléans, Chelles, Lézardrieux...

Près de la moitié des Français ont déjà utilisé un réseau wifi public et leur nombre croît régulièrement, informe le 14e baromètre CSA-Orange portant sur les pratiques des Français en matière d'internet. Celui-ci confirme le rôle de plus en plus complémentaire de ces réseaux sans fil par rapport aux réseaux mobiles cellulaires et souligne la nécessité de relever régulièrement leurs performances afin de répondre à la demande. Une évolution largement prise en compte par les mairies qui déploient leurs propres réseaux.
Les offres d'accès déployées par les opérateurs, les mairies ou les commerçants sont largement plébiscitées, d'autant qu'elles sont gratuites dans la grande majorité des cas et qu'elles offrent progressivement des accès plus performants aux utilisateurs de téléphones mobiles et de tablettes numériques. Les hôtels demeurent les lieux publics les plus couramment utilisés (45%), suivis par les commerces et les cafés (38%) puis par les espaces publics ouverts comme les squares, les jardins et les gares (34%). Les bâtiments publics municipaux connaissent également une fréquentation élevée : 27% de Français disent faire un usage du wifi en mairie, dans les bibliothèques et les musées. Ce taux d'usage est largement porté par les possesseurs de smartphones et de tablettes numériques dont le niveau d'usage des réseaux wifi est bien plus élevé. Le taux de 64% d'usagers utilisateurs préfigure déjà l'explosion annoncée de la demande de bande passante pour les années à venir.
Les utilisateurs de ces réseaux sont plutôt des jeunes de 18 à 24 ans (62%), des cadres (56%) et des habitants de la région parisienne (43%). Leurs usages sont variés mais les plus courants sont liés aux déplacements et à l'information : "Savoir où se situer dans la ville ou rechercher un itinéraire" reste l'usage le plus courant des mobinautes (53%) avec l'accès aux renseignements pratiques tels que les horaires d'ouverture d'un commerce ou d'un équipement public (52%).
Les Français interrogés attendent, demain, une utilisation "plus libre" pour téléphoner et recharger leur terminal (63%), pour signaler de leur téléphone des incidents sur l'espace public (61%), mieux s'informer (58%) et utiliser leur smartphone comme outil d'accès aux services comme la disponibilité en temps réel des places des parking (57%), l'achat et le compostage des titres de transports (50%) ou encore l'accès à des centres de télétravail.

Centres historiques et bâtiments publics en priorité

Les villes accompagnent de plus en plus souvent cette évolution des usages en déployant leurs propres réseaux en milieu urbain. Plus d'une centaine proposent aujourd'hui des accès wifi publics dans le but d'offrir une meilleure souplesse d'utilisation. Les cibles sont notamment les touristes étrangers, pour éviter un usage coûteux de la 3G localement, les résidents pour ouvrir l'accès à l'information et à une gamme de nouveaux services, sans oublier les agents municipaux qui accédent à leurs outils de travail à distance grâce au réseau.
Les expériences identifiées confirment la diversité des approches. On peut toutefois les réduire à deux axes principaux, parfois même combinés.
Les réseaux wifi "outdoor" installés dans les lieux publics, les places, les parcs et jardins constituent une première option retenue par plusieurs grandes villes comme Nantes, Grenoble, Orléans, Clermont-Ferrand, Bordeaux. Il s'agit d'offrir des accès extérieurs à usage des touristes, des riverains en situation de mobilité "fixe" (à l'arrêt) car les connexions couvrent généralement des zones limitées en surface. A Orléans, les utilisateurs disposent ainsi de 18 sites de connexion. Ils accèdent au réseau soit par l'intermédiaire d'un portail, soit via une application mobile téléchargeable gratuitement. Conformément à la législation, l'identification est nécessaire pour recevoir un code donnant droit à une connexion gratuite de six heures sur l'ensemble des zones couvertes. La formule connaît un certain succès puisque la mairie indique enregistrer 13.000 à 15.000 connexions par mois.
D'autres villes ont opéré des choix de déploiement plus ciblés en décidant d'équiper en priorité leurs bâtiments municipaux (Indoor). Les raisons de ce choix sont diversifiées : non concurrence avec les grands opérateurs, apport de valeur ajoutée aux usagers des services municipaux existants, économies en matière d'abonnement ADSL et diversification des modes de connexion en interne afin de rendre possible la plupart des usages y compris ceux qui sont liés à la mobilité.
Nîmes, Chelles, Saintes, Chatelaillon ont plutôt choisi cette voie aujourd'hui. C'est ainsi que les 95 bâtiments de la mairie de Chelles et de la communauté d'agglomération Marne et Chantereine reçoivent depuis quelques semaines leur nouvel équipement. L'objectif étant de supporter l'afflux potentiel de terminaux connectés des agents comme des usagers et faire face à la croissance rapide des usages. Le nouveau réseau est capable de supporter plusieurs dizaines de connexions simultanées sur la même borne. Sa supervision centralisée simplifie la gestion et les éventuels incidents sur le réseau. Dans le domaine des usages, l'équipement révèle un potentiel considérable. En interne, les services municipaux voient leurs possibilités d'usage démultipliées comme l'utilisation de PC en réunion ou l'accès à l'information à partir d'un smartphone. Dans les écoles, le réseau facilite l'usage des classes mobiles (2), avec une qualité de service qui n'existait pas auparavant. Le public en profite également : dans les espaces publics numériques (25 sur l'agglomération), les médiathèques et la maison de l'emploi, les usagers viennent avec leur propre équipement. La médiathèque, en cours d'achèvement, disposera également de 45 postes dont une bonne part mobiles. Les mobinautes pourront aussi se connecter au site de Pôle emploi, soit à partir des équipements fixes mis à leur disposition soit via leur propre terminal.

Spécialisation et multi-usages

Des initiatives plus spécialisées encore voient le jour. La mairie de Lézardrieux (Côtes-d'Armor) propose un accès internet sans fil aux plaisanciers couvrant l'ensemble des pontons de son port de plaisance. De son côté, Nantes a équipé son centre de congrès d'un outil flexible permettant d'augmenter la bande passante en fonction des manifestations et du nombre potentiel d'utilisateurs.
Autre tendance stratégique, plus orientée cette fois sur le concept de "ville intelligente", certains intégrateurs s'appuient désormais sur le réseau wifi local existant pour proposer le déploiement de nouvelles familles de capteurs. L'installation de caméras de vidéo-surveillance est le premier maillon d'une chaîne qui pourrait couvrir de nouveaux domaines comme l'environnement ou le trafic urbain. En interne, certaines villes envisagent également de déployer des solutions de téléphonie sur IP s'appuyant sur l'infrastructure déployée en wifi. De quoi renforcer la valeur ajoutée des réseaux existants tout en confirmant l'intérêt d'une démarche répondant de mieux en mieux aux besoins de connexion des usagers.

(1) 1.000 personnes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées en ligne du 29 au 31 octobre 2012. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle après stratification géographique par région de résidence.

(2) Classe mobile : chariot supportant une douzaine de micro-ordinateurs ou de tablettes numériques, facilement transportable dans les salles de classes pour permettre une utilisation des outils informatiques et l'accès à internet pendant les cours.

Pour aller plus loin

Lire aussi