Environnement - Paris renforce sa politique en faveur des circulations douces


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Le 12 novembre, le maire de Paris a annoncé plusieurs mesures visant à réduire la pollution de l'air. Le tout dans un contexte de révision du plan de protection de l'atmosphère (PPA).

A sujet complexe, débat tendu. "Le sujet de la pollution automobile est compliqué, il soulève forcément des réactions conservatrices", expliquait Bertrand Delanoë à l’issue de la présentation en conseil de Paris, le 12 novembre, d’une série de mesures visant à améliorer la qualité de l’air et de vie dans la capitale. Six délibérations rattachées à sa communication ont été votées. "Le premier levier pour agir consiste à mieux étudier et mieux mesurer cette qualité de l’air", a indiqué Sandrine Charnoz, conseillère de Paris dans la majorité. En ce sens, deux études qui seront menées par l’organisme AirParif - l’une sur l’évolution de la qualité de l’air ces dix dernières années (soit le second volet d’une étude entamée en 2002), l’autre sur la pollution aux particules fines - vont être financées et réalisées au plus vite. Le débat a surtout porté sur la pollution due aux véhicules diesel. "C’est 60% du parc automobile français, un héritage lourd à porter", a avancé l'équipe de Bertrand Delanoë. La municipalité entend donner l’exemple en agissant sur son propre parc. "Seuls les gros utilitaires et les bennes à déchets roulent au diesel. Nous maintenons nos efforts pour faire mieux", a précisé Julien Bargeton, adjoint chargé des transports. Sur son parc, l’objectif est de réduire la consommation de carburant de 15%. "C’est encore trop timide", a tonné Sylvain Garel, conseiller de Paris. Vice-président du groupe Europe Ecologie-Les Verts (EELV), il a proposé d’inciter la RATP à réduire la diesélisation de son parc de bus et d’élaborer une charte à passer avec les loueurs de voitures et les sociétés de taxis pour qu’ils fassent de même. Dans l’opposition, Thierry Coudert, conseiller de Paris, a demandé à ce que, au delà des effets d’annonce, des partenariats efficaces soient tissés avec les codécisionnaires des actions proposées. "Avec la préfecture de police, c’est déjà le cas, nous travaillons main dans la main. Depuis le début de mon mandat, jamais l’Etat ne s’était engagé aux côtés de la ville de cette façon", a souligné Bertrand Delanoë.

Moins de vitesse, plus de contrôle

Mesure la plus emblématique de l'équipe municipale : réduire la vitesse de circulation sur le périphérique de 80 km/h à 70 km/h. Son entrée en vigueur, prévue début 2013, nécessite l’aval de l’Etat. Pour l’heure, l’idée semble en bonne voie. "Selon les études que nous avons réalisées, cela n’impactera pas le trafic", a assuré Bernard Boucault, préfet de police de Paris. Il est aussi prévu de multiplier les "zones 30" dans Paris. La ville propose également de diminuer la circulation des véhicules polluants en instaurant en septembre 2014 - ce qui reste à soumettre au débat – "la première interdiction de circulation s’appliquant aux véhicules particuliers et utilitaires de plus de 17 ans, conformément à la norme Euro 2 de 1997". Le plafond passerait à 18 ans pour les poids lourds et à 10 ans pour les bus et deux-roues motorisés. Ce dispositif remplacerait donc le projet de Zapa (zone d’action prioritaire pour l’air), dont la municipalité conteste l’aspect expérimental et temporaire. A l’expérimentation, elle préfère un dispositif pérenne de "contrôle des interdictions avec la préfecture". Il pourrait être finalisé à la mi-2013, à la suite du comité interministériel sur les Zapa prévu au début 2013. Consciente que pour favoriser les véhicules les plus propres, il faudra des aides à l’achat à la hauteur de l’enjeu, la municipalité affûte par ailleurs le volet social de son plan. "La difficulté consiste à concilier le droit à la mobilité et le droit à respirer un air sain", résume René Dutrey, adjoint à l’environnement du maire. Les critiques ont néanmoins fusé. Des associations ont réagi : "Au lieu d’un empilement d’interdictions dont le rapport coût-avantages n’est pas démontré, les efforts devraient porter sur des systèmes de gestion du trafic en temps réel, la généralisation de programmes d’écoconduite, qui entraînent de clairs gains environnementaux, et la gestion de la mobilité locale et régionale : centre de mobilité, portail de mobilité, etc.", suggère l’Automobile club association.

Plan de protection de l’atmosphère : peut mieux faire

A travers un avis adopté sur le projet de plan de protection de l’atmosphère (PPA), qui est en cours de révision au niveau régional, la municipalité a fait passer d’autres messages. "Ce projet comporte 27 mesures, dont 10 mesures réglementaires de la compétence des préfets mais aussi des actions incitatives qui sont plutôt du ressort des collectivités. C’est un document riche en propositions et qui va dans le bon sens", a détaillé Sandrine Charnoz. La municipalité a émis certaines réserves. Elle souhaite entre autres que l’objectif de réduction du trafic automobile y soit raffermi. Et se dit favorable, "au delà des politiques régionales de mobilité", à l’évolution des dispositions législatives et réglementaires "afin de donner une latitude plus large aux collectivités pour que les politiques de stationnement constituent un levier de réduction de l’usage de l’automobile", ainsi qu’à l’étude de "la suppression des avantages fiscaux alloués à l’achat de véhicules diesel". Elle propose aussi d’améliorer la communication sur la qualité de l’air et de ne pas se contenter de sensibiliser les écoles mais aussi le grand public, "en améliorant la diffusion de l’indice Citeair" et en créant un "guichet unique d’accueil et d’information" pour orienter le public en cas de plainte relative à la qualité de l’air.


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