Données publiques - Open Data en Aquitaine : le mouvement prend de l'ampleur


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En Aquitaine, les portails de données ouvertes ont l'ambition de constituer la maille d'un ensemble structurant, comme le révèle le récent rapport d'étape "Deux ans d'action publique en Aquitaine" publié l'agence régionale du numérique (AEC).
Lancé officiellement en décembre 2010, lors des premières "Assises des données publiques", le mouvement régional de l'Open Data va prendre rapidement son envol et donner lieu en deux années à la création de quatre portails d'envergure : celui de la Commuauté urbaine de Bordeaux en juin 2011 (Data.lacub.fr), suivi par le portail communautaire du département de la Gironde et de la région Aquitaine (Datalocale). Il sera complété par l'infrastructure de données spatiales Pigma, initiée conjointement par l'Etat et la région puis, au début du mois d'octobre 2012, par le site de la ville de Bordeaux (Opendata.bordeaux.fr).
Ces initiatives ont créé une émulation sur le territoire régional et donnent lieu à de nouvelles adhésions. La montée au créneau de petites communes comme Brocas (800 habitants) ou Bourg-sur-Gironde (en projet), de services déconcentrés de l'Etat - comme "Carte et données" lancé par la direction régionale de l'environnnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) - ou encore d'associations comme Airaq, chargée de la surveillance de la qualité de l'air sur la région (Airaq.asso.fr), témoignent de ce dynamisme naissant.
Au total, 270 jeux de données réutilisables de collectivités locales ont ainsi été mis à la disposition de tous, sur un éventail de thématiques portant notamment sur l'environnement, l'équipement, les services publics, l'urbanisme, la voirie, les transports, la culture, le tourisme social ou l'économie.

La cible des professionnels et des usagers

Les quatre principaux portails ont choisi des stratégies de contenus et de services assez différenciés. La CUB entend favoriser l'émergence d'innovations sur la vie des habitants et le développement économique à partir de 80 jeux de données alphanumériques et géographiques et de 5 jeux de données temps réel (disponibilité des places de parking dans l'agglomération, transports collectifs). Côté services, les données sont visualisables à partir de l'API (1) cartographique "CUB" élaborée en interne. Elle est également utilisable pour diffuser les données sur le web ou sur les smartphones (iOS et Android) via des applications.
La vocation du portail communautaire Datalocale est plutôt de mettre à disposition les données géographiques et alphanumériques des collectivités locales d'Aquitaine. Une nouvelle version doit être lancée dans les prochains jours afin de renforcer le dialogue avec les partenaires qui pourront déposer leurs propres jeux de données. La qualité des données est privilégiée, notamment à travers l'élaboration d'un référentiel de 72 critères de bonnes pratiques.
La vocation du portail Aquitain Pigma est plus orientée sur les données géographiques. Sa vocation est double : mettre à disposition des données ouvertes à tous les usagers et doter le territoire régional "d'un outil d'éclairage et d'aide à la décision" via un catalogue mutualisé réunissant 1.750 couches de données, et auquel 400 organismes (collectivités services de l'Etat organismes privés d'utilité publique) contribuent. Le catalogue, ouvert à la consultation, permet la réutilisation libre de 200 jeux de données sous licence libre.
Le portail de la ville de Bordeaux, plus récent, s'adresse aux éditeurs professionnels mais s'oriente aussi résolument vers le grand public en proposant des contenus éditoriaux, une soixantaine de flux d'information, des outils de visualisation et des outils collaboratifs favorisant les échanges et les usages de données. Une page du portail se charge de référencer les applications mobiles et informatiques déjà réalisées.

L'open data n'a pas encore de modèle économique durable

En Aquitaine, la réutilisation des données pour favoriser l'émergence de services novateurs donne lieu à une animation des communautés de producteurs de données au travers d'un groupe de travail régional et du dispositif OpenData Lab. Celui-ci réunit les acteurs régionaux dans le but d'échanger sur leurs pratiques, mettre en œuvre des actions communes et mutualiser leurs outils. Des ateliers d'information et de création ont réuni régulièrement pendant plusieurs mois collectivités, startups, grandes entreprises, laboratoires et associations dans le but d'imaginer, créer inventer de nouveaux services.
Les premières évaluations confirment l'intérêt d'une politique pro-active. L'activité de l'OpenData Lab a donné lieu au repérage ou à la création d'une cinquantaine d'applications sur le web, pour smartphones et tablettes numériques. L'intérêt des développeurs s'est principalement porté sur l'exploitation des données événementielles ou relatives à l'environnement et sur la thématique transports qui demeure de loin la plus courue avec la mise en circulation de 34 applications.
Tout en reconnaissant l'intérêt du service rendu aux habitants/usagers ainsi que l'impact économique "indirect" de ces initiatives, l'AEC relativise : "L'open data n'a pas encore prouvé sa capacité à asseoir des modèles économiques durables. Les données ouvertes ne sont pas à ce jour des données à forte valeur et la vente d'applications ne rembourse pas le temps passé à les développer". Il faudra sans doute "inventer" de nouvelles modalités de coopération techniques entre sites allant bien au delà du référencement croisé que les partenaires régionaux souhaitent pour l'instant réaliser en commun et élargir aussi la production de ces données pour atteindre un nouveau stade de maturité.

Un vecteur de décloisonnement des services

Toutefois, le rapport souligne aussi l'impact bénéfique de l'open data sur l'organisation interne des institutions porteuses de projets. "La démarche permet de structurer le système d'information de la collectivité", constate l'AEC. La volonté de publier et de rendre l'information accessible stimulerait la bonne gestion des données, favoriserait la mise en œuvre d'outils de mesure et de pilotage et constituerait "un allié de poids dans la quête d'économies de coûts de fonctionnement", indiquent encore les auteurs du rapport. Autant d'encouragements à poursuivre l'effort et à envisager les étapes suivantes comme celle du "big data", c'est à dire celle du traitement massif et distribué de données publiques et moins publiques "qui permettrait de gérer encore plus efficacement les réseaux de fluides, les flottes de véhicules intelligents, un éclairage public réactif au contexte…." Ou encore d'envisager la création d'écosystèmes ouverts à la circulation de données "où la valeur de ces dernières croît d'autant plus qu'elles se combinent entre elles".


(1) API est l'acronyme de "application programming interface". Il désigne une interface permettant à un autre programme ou à une application informatique d'accéder à un jeu de données. Elle va par exemple permettre à un site web d'afficher une carte centrée sur un territoire donné.
 


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