Open data - Grand Lyon : un portail "hybride" dédié à l'open data et au partage de données communales


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La communauté urbaine du Grand Lyon vient d'amorcer un processus d'ouverture des données publiques en lançant, début septembre, une plateforme en bêta test. Les choix retenus sont inédits. Le socle initial du dispositif repose en effet sur l'information géographique et non, comme dans la plupart des cas, sur un socle de données textuelles. En outre, le portail s'adresse autant à ses membres - en l'occurrence aux services des communes de l'agglomération, réunies au sein du Grand Lyon - qu'aux particuliers, aux associations et aux entreprises, sur le versant open data.
"En préparant le déploiement d'une plateforme de partage de données géographiques pour nos communes, nous avons pensé que les outils 'open source' utilisés, en particulier le logiciel Géosource (1), disposaient de toutes les fonctions nécessaires pour diffuser de la donnée ouverte en libre service", explique Isabelle Mallet, architecte Systèmes d'information géographiques du Grand Lyon. Partant de ce constat, il devenait possible d'intégrer les deux fonctions sur une seule plateforme et d'améliorer ainsi la mutualisation et les conditions de partage.
Provisoirement, le serveur accueille uniquement des données géographiques. Au total, une centaine de jeux de données, représentant l'ensemble des fonds de plan utilisés par le Grand Lyon pour ses propres services : orthophotographie de l'agglomération, découpage administratif des communes, base de données adresse, linéaire des voies, cadastre, patrimoine de voirie, modèle numérique de terrain... Mais sa vocation est plus étendue et il proposera bientôt aussi des jeux de données non géographiques. Tous les fichiers consultables sont sous licence libre (Open database License - ODBL) et, début 2013, la plateforme devrait s'étoffer avec l'arrivée des communes qui pourront, à leur tour, verser leurs données métiers.

Une plateforme conçue pour la gestion des flux de données

"Amorcer une démarche open data sur un socle technique dédié à l'information géographique offre des avantages sur le plan réglementaire, technique, et sur l'évolutivité de la plateforme", observe Jean-Marie Fournillier, directeur du Service d'information géographique, qui poursuit : "N'oublions pas que 80% des données utilisées en milieu urbain sont géolocalisables. Ensuite, l'utilisation dès l'origine d'outils standardisés de gestion du catalogue de données géographiques, permet d'emblée de passer à des formes d'exploitation dynamiques". La maturité des normes d'interopérabilité établies par l'OGC (Open geospatial consortium) permet d'accéder à un large éventail de fonctionnalités. Grâce aux webservices existants, la plateforme autorise la prise en charge distante de données, pour l'affichage d'une carte, le stockage ou du traitement en flux, ce qui évite de devoir tout rapatrier sur ses propres serveurs.
Les promoteurs du projet ont introduit des adaptations sur la plate-forme pour l'accès et l'exploitation des données non géographiques. Ils se sont inspirés pour cela de la culture et du modèle porté par la directive Inspire (2). Résultat, les standards retenus (Dublin-Core) autorisent également la gestion dynamique des données.
Ainsi, moyennant des adaptations limitées et un investissement inférieur à 60.000 euros, le Grand Lyon dispose d'une plateforme de distribution de données mutualisée, ouverte et évolutive.
Dans l'agenda de développement du projet, l'étape actuelle est une phase de test ouverte aux commentaires du public. Début 2013, le site devrait s'ouvrir au contenu des communes. "L'étape suivante devrait nous conduire au déploiement de fonctions Open service, en livrant des données quasi temps réel rafraichies toutes les 10 minutes, pour des applications de gestion de disponibilité de places de parkings ou de disponibilité des cycles dans les stations Vélo'v, le service de vélos en libre-service de la communauté urbaine", précise Isabelle Mallet. A terme, les données resteront dans chaque commune, le catalogue servant de noyau connecteur pour accéder de manière transparente aux données libérées.
Ainsi, l'open data au Grand Lyon apparaît moins comme une démarche volontariste que comme une opportunité saisie. Sa portée n'en est pas pour autant diminuée. La stratégie adoptée semble même en mesure d'offrir des fonctionnalités enrichies, une souplesse et une pérennité supérieure au modèle dominant. A confirmer toutefois dans l'évaluation d'un fonctionnement en vraie grandeur.

(1) Logiciel de gestion du catalogue des données géographiques aux normes internationales, conformément aux règles de mise en oeuvre de la directive Inspire
(2) Elle vise à établir une infrastructure d'information géographique en Europe pour favoriser la protection de l'environnement.


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