Energies renouvelables - Parcs éoliens : les collectivités de plus en plus impliquées

Les collectivités montrent un intérêt croissant pour le montage de projets d'énergies renouvelables, et notamment de parcs éoliens "citoyens", en partenariat avec des associations et des entreprises.

Au coeur du parc naturel régional du Pilat (Loire), la communauté de communes des Monts du Pilat, des adhérents de l'association Energies communes renouvelables et la société Aérowatt viennent de s'unir pour construire un parc éolien. "Les énergies renouvelables font partie du projet de territoire que nous portons depuis plusieurs années", déclare Patricia Sala, directrice de la communauté de communes. En 2003, une première étude des potentialités en matière d'éolien a été réalisée par l'association Helios sur la moitié des communes de la communauté, puis sur l'ensemble en 2004. Une étude de deux ans a ensuite été lancée sur une zone de développement de l'éolien (ZDE) de 206 ha en 2008. Mené en concertation avec les habitants associés à un comité de pilotage, le dossier a reçu l'accord préfectoral en octobre dernier. "Nous avons la volonté de monter le projet en toute indépendance et dans la concertation. Nous avons donc choisi de travailler sur le cahier des charges avec les citoyens et l'association Energies communes renouvelables, et ce indépendamment des industriels. Nous avons sélectionné Aérowatt en janvier dernier", poursuit Patricia Sala. Une société de projet va être créée fin 2012. Elle sera détenue pour moitié par Aérowatt et pour une autre moitié par la collectivité, l'association et les citoyens. Le parc aura une puissance maximale de 20 MW, soit dix éoliennes de 2 MW, et sera exploité par Aérowatt à l'horizon 2016.

Un modèle en développement

D'autres communes françaises suivent cette voie : Montdidier, dans la Somme, avec sa régie communale d'électricité, le parc du Cezallier (20,8 MW) de la communauté Ardès communauté (Puy-de-Dôme), Chamole dans le Jura ou Béganne dans le Morbihan. Ce dernier parc sera constitué de quatre éoliennes de 2 MW chacune. Porté par l'association Eoliennes en pays de Vilaine, il doit être mis en service cette année. La société Bégawatt est détentrice du permis de construire et assurera l'exploitation. Avec le soutien de la région Bretagne, la nouvelle SAS Eilan apportera 300.000 euros à ce projet d'un investissement global de 11 millions d'euros. L'investissement des citoyens se fera à hauteur de 1,4 million d'euros, via les clubs d'investissement Cigales et le fonds d'investissement pour les énergies renouvelables Energie partagée. Enfin, une société d'économie mixte est en cours de constitution par la communauté de communes du pays de Redon. La SARL Site à Watts soutient également le projet, ainsi que le conseil général de Loire-Atlantique, via la Sem Enée 44, dédiée aux énergies renouvelables.

La création de Sem dédiées

De même pour le parc éolien de Clamecy-Oisy, dans l'Yonne, une Sem d'exploitation regroupant les deux communes citées, la communauté de communes des Vaux d'Yonne et le syndicat intercommunal d'énergies, d'équipement et d'environnement de la Nièvre (Sieeen) est en cours de création. "Le parc d'une puissance de 12,3 MW sera exploité directement par la collectivité et les particuliers", affirme Alain Chasseuil, président de l'association Varne (Valorisation des actions de recherche nivernaise pour l'environnement), à l'origine du projet. L'installateur allemand Abo Wind a été choisi pour son éthique et son implication dans les projets d'éolien "citoyens". D'un budget de près de 18 millions d'euros, sa mise en service est prévue pour fin 2013.
"Les collectivités locales ne peuvent pas investir directement dans une SAS, c'est pourquoi elles créent des Sem spécialement pour ces projets", explique Laurianne Fleury, coordinatrice du réseau Taranis. Créé sur la région Bretagne depuis octobre dernier, ce réseau rassemble à ce jour une vingtaine de porteurs de projets (collectivités, associations et particuliers) qui souhaitent développer les énergies renouvelables. "Les projets se multiplient et les collectivités y apportent un intérêt croissant", conclut Laurianne Fleury.

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