Insertion - Le CNEI signe un pacte pour embaucher chaque année 150.000 personnes exclues du marché du travail

Le Comité national des entreprises d'insertion a signé le 28 mars 2012 un pacte destiné à permettre l'embauche, chaque année, de 150.000 personnes exclues du monde du travail.

Le Comité national des entreprises d'insertion (CNEI) a signé le 28 mars 2012 un pacte pour l'insertion et l'emploi. Un document en sept points destiné à mettre en œuvre un plan de développement de l'insertion par l'activité économique, qui devrait aboutir à l'embauche chaque année de 150.000 personnes exclues du marché du travail à l'horizon 2017. Les entreprises d'insertion sont très mobilisées et ont des résultats importants. Elles sont actuellement en France au nombre de 1.200, dont 600 adhérentes au CNEI qui emploient 38.000 personnes. En 2010, les adhérentes au CNEI ont réalisé un chiffre d'affaires de 503 millions d'euros. Leurs résultats en matière d'insertion sont aussi bons avec un taux de sorties des salariés en parcours d'insertion de 58% (24% de sorties positives vers l'emploi durable, 18% vers des formations ou autres structures d'insertion, et 16% vers l'emploi de transition). Malgré ces résultats encourageants, ces entreprises sont à la recherche de ressources financières. Elles perçoivent une aide de la part de l'Etat d'un montant de 9.681 euros par an et par poste équivalent temps plein. Ce montant n'a pas été réévalué depuis dix ans. Le CNEI demande à ce qu'il soit porté, d'ici 2017, à un montant compris entre 14.000 et 15.000 euros. "Sur cinq ans, il va falloir trouver 700 millions d'euros, mais 14.000 euros par poste, c'est beaucoup moins que les 34.000 euros que coûte un chômeur, explique Laurent Laïk, président du CNEI. L'idée du pacte est de montrer où on va pouvoir trouver cet argent. Au final, cela ne coûtera guère plus à l'Etat."

Epargne solidaire

Le pacte, qui sert à interpeller les candidats à l'élection présidentielle, propose en effet d'organiser une meilleure répartition des ressources des OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés), du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) et de Pôle emploi.
Autre source de financement envisagée : l'épargne solidaire. Le pacte préconise ainsi d'orienter la finance solidaire, et plus particulièrement l'épargne salariale, vers les entreprises d'insertion "pour que chaque citoyen contribue, à son échelle, au développement d'une économie plus juste". Enfin, le CNEI envisage aussi de porter à 10% le quota d'achats socialement responsables dans les secteurs publics et privés. Outre les propositions sur l'aspect financier, le pacte préconise aussi de favoriser les liens entre les entreprises classiques, comme Vinci, qui est signataire, et les entreprises d'insertion, et de s'investir dans le pilotage d'une politique volontariste au service de l'emploi et de l'insertion dans un organisme associant l'Europe, l'Etat, les collectivités territoriales, les partenaires sociaux et les entreprises classiques. 400 personnalités ont déjà signé le pacte, parmi lesquelles Claude Alphandéry, président d'honneur du Conseil national de l'insertion par l'activité économique (CNIAE), et Xavier Huillard, président directeur général de Vinci. 

Pour aller plus loin

Lire aussi