Ressources humaines - Comment développer le télétravail ?


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En déplacement à Mende ce 28 juillet, le ministre de la Fonction publique a annoncé l'ouverture à la rentrée 2011 d'une concertation avec les syndicats de fonctionnaires afin de développer le télétravail. "Une modalité de travail transitoire" préconisée par de hauts fonctionnaires dans un rapport remis au ministre à cette occasion. Elus, agents intéressés et DRH parfois réticents y trouveront de nombreux conseils pratiques.

Le ministre de la Fonction publique, François Sauvadet, a annoncé le 28 juillet, à Mende en Lozère, qu'il allait lancer après le 15 septembre une concertation avec les organisations syndicales de fonctionnaires sur le développement du télétravail. Cette concertation pourrait porter en particulier sur l’élaboration d’un accord-cadre pour "offrir des garanties" aussi bien aux employeurs qu’aux agents. Le ministre a annoncé, par ailleurs, qu’il allait charger le député de la Lozère, Pierre Morel A l'Huissier, d’étudier l’opportunité de mesures législatives visant à permettre le développement du télétravail dans la fonction publique.
Ces annonces reprennent directement quelques-unes des recommandations du rapport du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies qui a été remis au ministre, ce même 28 juillet. Cette étude, commandée au début de l'année, fournit de nombreux éléments de méthode pour le développement du télétravail dans les administrations publiques.
Ainsi, affirment les hauts fonctionnaires qui en sont les auteurs, le télétravail doit être considéré comme une "modalité de travail (...) transitoire dans une vie professionnelle". Il ne doit pas constituer  "un régime de travail permanent et de droit". La convention conclue entre l’employeur et l’agent doit  donc être d'une durée limitée. Il doit par ailleurs s’exercer "à raison de un ou deux jours par semaine, trois pour les personnels les plus expérimentés". Cette modalité de travail "offre le plus grand potentiel, permet de répondre à plus d’agents et présente peu de risques de coupure avec le service". Ces risques de relâchement des liens entre l’agent et son service sont pris très au sérieux par les organisations syndicales et motivent parfois leur réticence vis-à-vis du télétravail. Le soutien des syndicats n’est donc pas acquis d’avance.

"Des objectifs clairs et mesurables"

Pour que la greffe prenne bien, il faut surtout travailler la communication interne. Fondamentale, celle-ci pourra, par exemple, s’appuyer sur des témoignages de télétravailleurs et manageurs pour clarifier dans l’esprit des agents "ce que c'est concrètement que d’être en télétravail". Dans le même souci de communication, l’employeur doit afficher ses motivations et ses objectifs (qui, pour des collectivités locales, peuvent être le développement durable et l’aménagement du territoire). Enfin, retenons parmi les conditions indispensables à la mise en place du télétravail, l’importance de l’autonomie de l’agent en situation de télétravail et la capacité de la hiérarchie à fixer des objectifs "clairs et mesurables".
Le rapport recommande à l’employeur de fournir le matériel informatique - c’est systématiquement le cas aujourd’hui -  et d’indemniser l’agent travaillant à domicile pour l’occupation de la pièce qu’il consacre à son activité. Mais, de ne pas prendre en charge les coûts de connexion à internet (sauf s’il impose un accès internet spécifique). Pour le téléphone, il est recommandé de recourir à une solution de voix sur IP intégrée au poste de travail, comme l’a fait la ville de Paris pour ses télétravailleurs. Au total, le télétravail représenterait un surcoût annuel de 3.000 à 4.000 euros.

Amélioration des conditions de travail

Selon le rapport, 50.000 agents de l’Etat, 8.000 agents des hôpitaux (auxquels il faut ajouter 20.000 médecins) et 12.000 agents des grandes collectivités pourraient  télétravailler si "une action de développement structurée" était impulsée. Dans un premier temps, des "initiatives pilotes" pourraient être lancées. Dans certaines agglomérations urbaines, comme en région parisienne, les collectivités locales pourraient créer des télécentres administratifs, où certains de leurs agents travailleraient à distance.
Ces actions permettraient de développer modestement le télétravail, qui est aujourd’hui marginal dans la fonction publique. Le contexte semble être favorable. En effet, les agents manifestent un intérêt croissant à l’égard du télétravail, voyant dans ce mode d’organisation le moyen de ne pas perdre de temps dans les transports, d’être moins stressés, ou encore de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. Cependant, les DRH sont souvent réticents, ne voyant pas bien quels sont les gains pour l’employeur. Des études ont pourtant évalué les gains de productivité à 10 ou 20 % et constaté une réduction de l’absentéisme.

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