Habitat - Pour Emmanuelle Cosse, "le cap est tenu" sur la création de logements


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La ministre du Logement a profité de la cérémonie des vœux à la presse pour dresser - approche des échéances électorales oblige - un bilan de son action à la tête de son département, mais aussi des réalisations de l'ensemble du quinquennat en la matière. Emmanuelle Cosse a cependant pris soin de rappeler qu'"il n'est pas question non plus de considérer que tout s'arrête et qu'il n'y a plus rien à faire", affirmant : "Je suis entrée au gouvernement pour agir, et je compte bien le faire jusqu'aux derniers jours du quinquennat."

Le verre à moitié plein

La ministre était notamment attendue sur l'objectif phare en la matière, annoncé par François Hollande dès sa prise de fonction en 2012 : la création de 500.000 logements par an, dont 150.000 logements sociaux. Grâce au redémarrage de la construction en 2016, Emmanuelle Cosse peut voir aujourd'hui le verre à moitié plein (voir nos articles ci-contre du 19 mai et du 30 novembre 2016). Tout en reconnaissant que le problème du logement en France est encore loin d'être réglé, elle estime en effet que "nous sommes sur les bons rails : cinq à dix ans à ce régime et nous pourrons considérer que la France aura rattrapé l'essentiel de son retard". La ministre en veut pour preuve que "nous sommes aujourd'hui à plus de 440.000 [logements, ndlr] sur le premier objectif, et plus de 130.000 sur le second, et en nette accélération sur les deux tableaux. Autant dire que le cap est tenu". 
A ceux qui lui rappelleraient qu'on est très loin du compte par rapport à l'objectif chiffré annuel de François Hollande, elle rétorque que "faire du chiffre" n'est pas le sujet. Si ce type de déclaration a pu servir à marquer une ambition politique, il faudrait désormais affiner les slogans. "Faire du chiffre là où il y a des besoins" serait davantage d'actualité, alors que, souligne Emmanuelle Cosse, "aujourd'hui des territoires nous saisissent pour des problèmes de surendettement" liés à une surabondance de construction de logements via les dispositifs fiscaux d'investissement locatif, alors qu'il n'y avait pas de besoin en logements. "Dans notre pays, depuis 20 ans, les acteurs de la construction et du logement ont du mal à concevoir une relance sans un produit d'investissement locatif", regrette-t-elle.

Encadrement des loyers et transparence du marché

A l'actif du quinquennat, la ministre a également évoqué la mise en œuvre des principales lois intéressant le secteur du logement : la loi Alur (pour l'accès au logement et un urbanisme rénové) - pour laquelle "il ne reste que cinq décrets à prendre" -, la loi de transition énergétique - "qui attend encore la parution de certains décrets" - et la loi Egalité et Citoyenneté, qui sera promulguée à la fin du mois de janvier et pour laquelle la ministre attend que la majorité des décrets soit publiée "d'ici au mois de mai".
Emmanuelle Cosse s'est attardée plus particulièrement sur les chantiers qu'elle a elle-même lancés, après avoir succédé à Cécile Duflot et Sylvia Pinel. Au nombre de ces derniers figure notamment l'encadrement des loyers, qui semblait un temps remis en cause (au-delà de Paris) après le départ de Cécile Duflot, et qui va finalement s'étendre à l'ensemble de la banlieue parisienne en 2018 et à l'agglomération de Lille dès le 1er février 2017.
Autre chantier revendiqué par la ministre : celui de la transparence du marché du logement, avec en particulier la récente mise en ligne du portail dédié www.transparence.logement.gouv.fr (voir notre article ci-contre du 13 décembre 2016). Emmanuelle Cosse a confirmé au passage qu'elle reproduirait l'exercice pour les données sur les places d'hébergement d'urgence disponibles en France, région par région. Pour la ministre, "c'est une première, et cela permettra à tous, citoyens comme acteurs engagés et professionnels, de mieux s'approprier cet enjeu essentiel".

Hébergement et HLM

L'hébergement est en effet un autre grand chantier, dont Emmanuelle Cosse vient tout juste de présenter le bilan devant le congrès de la Fédération des acteurs de la solidarité (ex-Fnars) à Dijon (voir notre article ci-contre du 17 janvier 2017). La ministre met notamment en avant la création d'environ 10.000 places supplémentaires chaque année "sans opposer les publics en difficulté" - la capacité totale étant ainsi passée de 80.000 à 120.000 places -, mais aussi le démantèlement de Calais, "un des pires bidonvilles que notre pays ait connu".
Enfin, Emmanuelle Cosse s'est bien gardée d'oublier le logement social. Elle a notamment affirmé que "pendant cinq ans, de la mobilisation du foncier public jusqu'au projet de loi Egalité et Citoyenneté, la majorité actuelle n'a eu de cesse de réhabiliter le logement social, notamment en réformant et en sécurisant son financement". Il reste néanmoins que les relations entre l'USH (Union sociale pour le logement) et le gouvernement ont souvent été tendues au cours du quinquennat, tout particulièrement autour de la mise en place du fonds national des aides à la pierre. 


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