Développement local - Le Coopek, une nouvelle monnaie complémentaire numérique de portée nationale


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La nouvelle monnaie complémentaire numérique Coopek vise une dimension nationale pour mieux irriguer l'économie. Lancée début octobre 2016, elle se développe en favorisant les échanges locaux et les investissements en faveur des transitions énergétique, carbone, alimentaire et sociale.

Lancé le 3 octobre 2016 dans le Tarn, le Coopek, monnaie complémentaire numérique, cherche à se développer rapidement dans toutes les régions. La nouvelle monnaie, gérée par la société coopérative d'intérêt collectif Scic SA Coopek, est destinée aux particuliers, aux entreprises, aux associations et aux collectivités. Les sociétaires de la Scic sont ainsi répartis en quatre collèges : les fondateurs et financeurs, les aKtivateurs, chargés de la promotion de la monnaie sur le territoire, les usagers (salariés de la Scic, entreprises, associations, particuliers) et les collectivités.
A l'heure actuelle, elle compte déjà plus de 120 participants. Des partenariats sont signés avec des structures nationales et régionales, comme Biocoop SA, La Nef, l'Association française de l'agroforesterie, pour assurer son déploiement. La Scic a mis au point un découpage de la France en 308 secteurs principaux de 200.000 habitants pour déployer la monnaie. Elle a commencé par une dizaine de secteurs (Paris, la région Occitanie avec Castres, Albi, Lourdes, Carcassonne, la Dordogne avec Sarlat,  le Centre avec Bourges, Blois, la région Rhone-Alpes avec Bourgeoins-Jallieu, Aix Les Bains...). D'autres viendront vite s'ajouter à la liste d'ici deux à trois mois pour couvrir toute la France d'ici deux ans.
Pour les porteurs du projet la couverture nationale est importante. Car "les particuliers achètent localement, mais les entreprises très peu", a expliqué Gérard Poujade, cofondateur de la monnaie Coopek, directeur de la Scic SA Coopek, et maire du Séquestre (Tarn), lors d'une présentation à la presse le 26 octobre 2016.  Le Coopek a donc été conçu dès le départ avec cette dimension nationale alors que les autres monnaies complémentaires, comme l'Eusko ou le Bou'sol restent quant à elles locales et ont peut-être moins d'ambition quant à l'impact économique.
S'agissant des échanges avec les collectivités, ils restent assez limités : si certains services, comme la cantine, offerts par les collectivités, peuvent être réglés en Coopek, sauf les impôts, "la plupart des collectivités reconvertissent en euros tout de suite après", a souligné le Gérard Poujade. Une limite encore difficile à franchir pour la totalité des monnaies complémentaires...

Le modèle du WIR suisse

La nouvelle monnaie a trois objectifs majeurs : développer une activité économique, "sans spéculation" (l'échange se fait sur la base d'un Coopek pour un euro), sans placement à terme, sans défiscalisation, lutter contre la pauvreté, en créant une activité ayant vocation à créer de l'emploi, et financer des actions en faveur de la transition énergétique, carbone, alimentaire et sociale. Plus de 40.000 euros sont actuellement en circulation.
Le Coopek a été construit sur le modèle de la monnaie complémentaire suisse le Wir, soit sur l'idée d'une monnaie de consommation mais aussi d'un outil d'investissement. Des crédits mutuels inter-entreprises, à 0%, sont ainsi accordés aux entreprises qui utilisent le Coopek : "elles bénéficient d'une autorisation de découvert avec une somme qu'elles ne peuvent dépenser que dans le réseau des utilisateurs de Coopek", détaille Gérard Poujade. Plusieurs projets sont ainsi en cours de financement, comme l'installation de maraîchers en Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), la création de plateformes ou regroupements pour la vente de produits, ou des logements sociaux.

Pour les particuliers, l'avantage est simple : pour un Coopek acheté, ils gagnent une bonification de 10% : 5% en pouvoir d'achat et 5% en Coopek solidaires, grâce auxquels les particuliers peuvent financer des associations investies dans l'une des quatre transitions soutenues (transitions énergétique, carbone, alimentaire et sociale). Côté coût, il faut devenir sociétaire de la Scic SA Coopek (50 euros pour un particulier, 100 euros pour une entreprise ou une association) et s'acquitter d'un abonnement annuel (20 euros pour un particulier, 50 euros HT pour un compte professionnel). Les règlements se font à partir d'un compte en ligne, d'une carte de paiement sans contact et d'une application mobile. "Il sera possible de payer par sms dès 2017", assure Gérard Poujade.

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